Nos journaleux sont malheureux, ils n’ont pas pu sauver le soldat Cahuzac

Aussitôt, en effet,  connue l’infâme avanie socialeuse (de la même  famille que scandaleuse, honteuse, tripatouilleuse etc.)  ils s’y sont servilement attaqués pour la plupart ,  de BFMTV à I Télé notamment, les deux chaînes que je regarde alternativement et assidûment, parfois résigné, faute de mieux,  à subir leurs parti-pris  !

Michael Darmon, comme écrasé par la stupéfaction voire la douleur était tout près, mais alors  tout près, de vanter le courage du pauvre ministre aux 600.000 €   » qui dévasté » par sa propre turpitude avait pris sur lui d’avouer après quatre mois de vertu prétendument offensée, entouré de sa garde socialo-prétorienne étiquetée « majorité ».

L’Affaire (qui mérite bien une majuscule) était un  véritable bâton de poulailler pour le Michael en question. Il avait alors tout essayé pour commenter et expliquer l ‘inexplicable chute de l’idole socialiste aux pieds de bronze transmuté en argile voire en bouillasse d’égout  et aux mains débordantes de tant d’euros si mal acquis et si savamment planqués en Suisse puis re-planqués encore et ailleurs. Nul doute que dès qu’il aura repris ses esprits Darmon nous servira un commentaire au terme duquel, sournoisement, il expliquera que bien que ce soit « impardonnable », « inexpiable » etc.. c’est la faute à « pas de chance » pour le maître du cheveu implanté  et surtout pas à Hollande ou à Ayrault. Il nous dira dédaigneusement, la bouche cul de poule,  que  cela va profiter à Marine Le Pen (à qui la faute ?)  qu’il a pendant si longtemps sournoisement espionnée et desservie par la même occasion.

Ailleurs sur les lieux du crime, je veux dire au Palais Bourbon, Myriam Encaoua qui se croit « journaliste », s’ empressa de nous parler,  bis repetita, dès la fin de sa première interview  du bénéfice potentiel qu’allait en tirer  » l’extrême droite »  et le « populisme » alors que nul n’avait encore bronché de ces côtés là. Peu importe les fameux mots  en isme, propriété des « partis de gouvernement »  étaient lâchés : c’était l’essentiel pour cette poétesse de la politique qui fait rimer Front National avec fascisme et, probablement gauche avec honnêteté. Gare non point au gorille mais à la fameuse « bête immonde », épouvantail électoraliste,  c’est là son cri de guerre hypocritement déguisé en piaillements d’ oiselle  innocente!

Et bien sûr, le soir, sur BFM TV il y eut Ruth El Krief  dont la gêne le disputait à une déception  qu’elle avait bien de la peine à cacher tandis que Thierry Arnault toujours aussi apparemment « objectif » se tenait légèrement en retrait jouant le rôle connu de l’avocat du diable ( …on ne sait jamais !). Et si, au lieu d’aller baguenauder chez Tapie à Marseille où il est né,  Mazerolle avait été là on aurait eu droit à une crise de coléreuse catharsis  qui aurait fait froncer le sourcil qu’elle a déjà fort épais de sa « chère » Ruth ( prononcer « Rout' » ) en même temps qu’elle aurait  pincé, en forme de lames de rasoir,  des lèvres déjà minces de naissance.

Il faut dire que Cahuzac, à coup de mensonges, de rodomontade, d’arrogance méprisante nous avaient, depuis dix mois,  tous roulé dans la farine. Je dis bien TOUS, médias adorateurs compris ! Il irritait prodigieusement mais il semblait si compétent et si maître de son sujet ! Et, pour certains, tellement partisan du fameux mariage pour tous pour lequel il avait allègrement voté, il y a peu, en compagnie de la garde des « seaux » désormais condamnée renier puis à faire punir celui qu’elle avait encensé.

Dès lors si, à l’évidence, il était devenu pour la gente radiophonique et télévisuelle, impossible de sauver le soldat Cahuzac en rupture brutale  de vérité, du moins fallait-il tenter d’étendre son opprobre au camp d’en face tout en condamnant l’éminence budgétaire d’hier jetée à terre comme la statue de Saddam à Bagdad. On disserta tard dans la soirée. Tous s’y collèrent : spécialistes, avocats, publicitaires, psychologues, artistes du show-biz, bobos à têtes d’intellectuels réduites par les Jivaros, que sais-je encore.. on vit même réapparaître, horreur ,  le fantôme Bayrou en robe de procureur de carnaval   et il parut au bout du compte presque incongru de célébrer le match nul du club qatari de Paris qui, comme la chèvre de monsieur Seguin, avait tenu tête, quatre vingt dix minutes durant, au loup barcelonais,  homo homini lupus est  ( l’homme est un loup pour l’homme… pas seulement en foot mais surtout en politique.

Et le lendemain du triste jour, au micro bienveillamment tendu par France Info, Bruno Le Roux le verbe plutôt nerveux, tortillant du popotin qu’il a large pour assurer la rectitude d’un caca devenu  nerveux tentait de  nous expliquer, comme en quête  d’absolution,   que la faute de son cher collègue avait ses  homologues à droite, ce qui est totalement vrai mais en oubliant que les mis en examen de chez Sarko, que je n’apprécie pas plus que leurs confrères de gauche,  bénéficiaient encore de la présomption d’innocence ce qui n’était plus le cas de Cahuzac qui poussé par la contingence ou par le remord était  passé à des aveux réputés presque conventionnellement, « dévastateurs » !

A 13 heures, sur I Télé, après que Marine Le Pen eut été interviewée, le téléspectateur a eu droit  à toutes les excommunications possibles des Torquemada de service convoqués sur le plateau, notamment de la part d’une « quidame » dont je n’ai pas retenu le nom imprononçable pour moi, manifestement orientée à senestre et  apparemment torturée par une bien-pensance de dame patronnesse de gôche.

Dans le même temps ou à peu près le  « journaliste  » Mikael Guedj, si je ne me trompe pas,  interviewant la même Marine se faisait ramasser à plusieurs reprises,  ignorant qu’il était des choses de la politiques et de celles du droit. Moralité : si Hollande reste encore au pouvoir il devrait également faire voter une loi pour ne confier les microphones informatifs qu’à de vrais journalistes équipés si l’on peut dire non seulement de leurs diplômes mais aussi d’une solide conscience et réfractaire à tout système de flagornerie qu’il soit intéressée ou non ! L’urgence s’impose avant même le mariage pour tous.

Et ça a continué, hier toute la journée, chacun y ajoutant sa couche de cynisme ou de sottise, attaque-défense comme au foot,  tandis que le Normal s’envolait pour le Maroc accompagné de plusieurs ministres et chefs d’entreprise pour respirer l’air pur du ciel maghrébin ouest. La concubine qui voulait goûter à la pastilla de pigeon et aux cornes de gazelle était également du voyage, lourdement discrète mais l’œil aux aguets de crainte de se faire chiper le François par une belle houri que le Sultan aurait fait descendre du paradis d’Allah pour l’occasion.

L’Affaire est loin d’être finie ce qui signifie que la lèche médiatique a encore beaucoup de coups de langue obséquieux à distribuer matin, midi et soir. On lui souhaite, si l’on peut dire, bon vomi. Attendons le moment où, pareils à elle-mêmes, elle tournera casaque, au gré des vents tournants venus de la politique.

Pour tous ceux qu’ils flagornent rappelons ce que disait, avec tant de pertinence, je ne sais plus qui :  « Plus le singe monte haut, plus on lui voit le trou du c…..! »  .

Grâce à Cahuzac qui lui a fait la courte échelle, l’Hollande a atteint ce haut là !

Vilain spectacle.

Armand Carel

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