Nos racines gréco-latines assassinées, de Palmyre à Paris

TCHODjihadistesPalmyre
 
La situation de guerre totale en Syrie se corse d’un possible évènement dont la survenue serait pour de bon un fait majeur dans l’histoire des civilisations : la destruction de Palmyre. Pour tous ceux qui eurent la chance de visiter ce lieu, la ville encore debout dans le désert demeure un bouleversant trait d’union avec ce qui nous a précédé aux aubes de notre culture gréco-latine.
Après les berceaux de Mésopotamie et les niches où veillaient les Bouddhas de Bamiyan, Palmyre s’apprête donc, à ce qui se dit en ces jours de Mai, à subir le sort des cités conquises par les nettoyeurs d’Allah. Là comme dans tant d’autres endroits, l’Islam risque fort de faire nette une place alors rendue définitivement au néant. Comme ses soeurs récemment rayées des cartes.
Si près du désastre imminent, on pense très fort à la Grèce et à Rome. Elles sont les deux mamelles de ce que nous sommes, nous qui savons que la plupart des mots et des pensées de nos cultures d’Occident sont nourries au lait bu autrefois par Homère, Ciceron, Tacite, Esope, Sophocle, Tite-Live, et les dizaines, les centaines de leurs contemporains sans l’esprit de qui, conscients ou non de ce qu’ils furent, nous serions des objets humains non identifiables, des errants, des éponges synthétiques manipulables à merci. Comme le sont très exactement les soldats du Prophète en action aux abords de Palmyre.
Athènes et Rome. Que l’on prétend rayer, ici, d’un trait de plume vengeresse, de notre mémoire linguistique. Le rapprochement est naturel, évident, entre la menace contre les sites d’Orient et celle qui pèse sur l’enseignement, en France, des langues dites mortes. Élitistes, nous serine-t-on, et il est malheureusement des lettrés, des sachants, des enseignants, pour approuver ce meurtre.
C’est qu’il s’agit bien de cela. D’une exécution programmée par coup de dague à la carotide pour le rituel, après une trépanation juste faite pour supprimer le souvenir des origines et robotiser un peu plus l’animal privé de sa mémoire, ainsi prêt au sacrifice. J’exagère ? La violente et massive réaction des lucides de ce pays, toutes opinions confondues, contre le projet de nos maîtres du moment, me donne raison. La différence est que nous sommes nettement moins nombreux à établir le lien entre les Ministères de la Hollandie et les sites archéologiques pulvérisés. Je le fais donc aujourd’hui, et je maintiens que le péril approchant de Palmyre est frère de celui que nous ressentons, citoyens encore libres de démocraties vacillantes, chaque jour un peu plus.
Jean Sobieski
PS : assez satisfait d’avoir pas mal écrit en ce sens, et depuis fort longtemps. Encore un petit effort, amis de l’Académie, et nous nous rejoindrons, hélas dépossédés, sur les champs défunts de Palmyre, de Mosoul, de Bamyian, de Ninive, demain de Leptis Magna, de la Grande Syrte… http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Et-si-elle-arrachait-le-coeur-au-passe-de-la-France-reforme-education-nationale-761402
 

image_pdfimage_print