Comme toute la gauche, André Gerin n’a pas rompu avec le discours repentant compassionnel

Une amie de Riposte Laïque nous a fait parvenir une lettre ouverte d’André Gerin adressée à François Hollande et à Jean-Luc Mélenchon. Vous pouvez en prendre connaissance pour mieux comprendre la critique que j’en fais ici (1)

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Décidément, à la mécanique sociale, même notre ami Gerin ne comprend pas grand chose et répète son catéchisme dépassé par les évènements.

La misère africaine qui nous colle à la peau, n’est pas de la faute de la France : nous l’avons héritée de nos parents et de notre Afrique chérie. C’est la France qui a fait et qui fait toujours notre prospérité relative.

C’est bien cet état de fait qui fait que des milliers de personnes font des pieds et des mains pour arriver en France, dans ces mêmes banlieues où ils trouvent un loyer modéré et le réseau d’une communauté déjà installée, y compris des fois dans l’assistanat et dans la précarité. Et c’est aussi de cette façon que la précarité se perpétue.

Tous les plans, toutes les aides et toutes ces sommes englouties dans la politique de la ville avec ses ZUS, ZUP,  ZEP,  ZFU, entre autres zonages et “Zâneries”, M. Gerin  feint de les oublier pour battre sa coulpe et nous répéter des litanies bien chrétiennes :

« La société paie, en définitive, l’abandon dont elle s’est rendue coupable à l’égard des quartiers et de ses populations », écrit-il.

Don Camillo et André Gerin-Peppone

Toutes les sommes transférées aux pays d’origine au lieu de les investir pour les enfants d’ici et ici, M. Gerin fait semblant de ne pas en connaitre l’ampleur et les montants. Toutes ces vacances imposées aux enfants outre-Méditerranée, dans un ailleurs qui leur est étranger, M. Gerin feint de ne pas en avoir pris connaissance en tant que maire de Vénissieux. Une bonne partie des réalités est donc ici escamotée ou bien tue par notre sympathique Peppone de cette deuxième décennie du troisième millénaire.

Les politiques de la ville sont des erreurs tant de fois répétées que je m’étonne que notre ami Gerin n’ait pas encore compris que les aides font que ces banlieues redeviennent à chaque fois un peu attractives pour plus miséreux. Ceux qui s’en sortent un peu grâce à ce soutien ont vite fait de quitter les lieux. Et voilà que notre ami Gerin, comme bien des sociologues à la noix, feint de faire le constat d’un statu quo, pour ne pas considérer le déroulé de cette tragi-comédie et de ces sempiternelles lamentations, répétées à l’identique pour préconiser à chaque fois les mêmes façons d’agir. Notre pays serait-il aujourd’hui peuplé uniquement de politiciens qui ne comprennent et n’apprennent plus rien ?!

A l’instar de bien des publicistes et sociologues, notre ami Gerin ôte aux « pauvres » ouailles des banlieues, une bonne partie des responsabilités.  C’est comme si c’était lui, en tant que député du Rhône et ex-maire de Vénissieux,  qui décidait des différents modes de l’immigration clandestine et des alliances matrimoniales conclues à foison par la deuxième et même troisième génération avec des époux et des épouses d’Algérie, de Turquie, du Maroc, de Tunisie et d’Afrique subsaharienne. Ces alliances matrimoniales constituent aujourd’hui une filière majeure de l’immigration que nos maires, nos législateurs et nos décideurs ne décident d’aucune façon.

Au lieu de constater que la France subit, il ose toujours affirmer qu’elle fait subir !

Et il croit qu’il y a des responsables bien particuliers (les imams salafistes) et un certain âge pour inculquer aux enfants le rejet de la France. Il oublierait presque qu’en désignant la France comme responsable de la désespérance des quartiers, il contribue justement, comme il a contribué jusqu’ici, à ce rejet. La gauche aime ses ouailles, son pré carré d’électeurs potentiels, son ersatz de peuple,  y compris au détriment des intérêts nationaux et donc français.

Contrairement à ce que vous écrivez camarade, la France n’est pas coupable. Mais une bonne partie de sa classe politique (gauche comme droite) et une bonne partie de son élite et de ses journalistes est coupable de ces inepties qu’on nous débite et qu’on nous fait avaler.

En tant qu’immigré d’Afrique du Nord, je dois reconnaître que la France a fait ma prospérité relative et, aujourd’hui encore, il y a tant de personnes de l’autre côté de la Méditerranée qui aimeraient émigrer, même si tout le monde leur répète à longueur d’année que la France est raciste, qu’elle est islamophobe, patati et patata,  ils savent pertinemment quel est le sort réel de ceux qui viennent rendre visite à l’Afrique de leurs ancêtres.

Mais voilà que, comme un Tariq Ramadan, notre ami Gerin nous répète, c’est la faute à la France. Le discours démagogique de notre Gerin et de la gauche nourrit le discours fallacieux d’un Tariq Ramadan qui accuse la France de tous les maux et qui,  d’avance, sait qu’il y a des Don Camillo et des Peppone qui contribueront à valider et à jouer les idiots utiles de sa comédie.

Mais pour prendre les immigrés, les parents, les jeunes et moins jeunes pour responsables de leurs actes et de ce qui leur arrive, il n’y a plus de Gerin comme il n’y a plus de Hollande, de Mélenchon ou de Ramadan ?!

Allez camarades Gerin, Hollande et Melenchon, vous pouvez mieux faire si vous arrêtez d’abord de prendre les immigrés et leurs enfants pour irresponsables de ce qui leur arrive, non seulement en bien, mais aussi en mal !

Pascal Hilout

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(1) –  Adresse Gerin à Hollande et Mélenchon 28-03-2012.pdf.

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