Notre justice contre le citoyen critique : se rappeler de Monsieur X…

Publié le 10 avril 2018 - par - 6 commentaires - 1 559 vues
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C’est l’histoire de Monsieur X, statisticien, centralien, ingénieur-expert de métier, qui avait osé défié le P.M.U. (et donc l’Etat) dès les premières années de la création du tiercé par André Carrus en 1954, lui, ingénieur, polytechnicien. Les deux hommes se sont opposés courtoisement et instructivement jusqu’à ce qu’une raison d’Etat qui ne dit pas son nom a détruit l’X identifié, Patrice des Moutis, en utilisant des rouages judiciaires qui ne sont pas sans parallèle avec ceux déployés contre tous ceux censés offenser la démocratie. Aux premiers rangs desquels Pierre Cassen et Christine Tasin dans leur combat contre les dangers de l’islamisation de la France.

En 1954, les hautes autorités des Finances et de l’Agriculture ont demandé au polytechnicien André Carrus de créer un jeu très populaire capable d’attirer une vaste clientèle. Le but était alors louable, il l’est moins aujourd’hui, n’ayant pas, lui aussi, échappé aux dérives de toutes les grands causes depuis un siècle. Il s’agissait pour la masse, et particulièrement celle la moins fortunée, de contribuer à relancer l’élevage français et les courses de chevaux, laminés par les guerres.

En odeur de sainteté républicaine pour diverses réalisations, l’ingénieur des Ponts et Chaussés polytechnicien invente alors un complexe système de jeu-prélèvement encore en vigueur aujourd’hui. On notera pour la suite, qu’après avoir inventé le couplé précédemment au tiercé, André Carrus avait rencontré Pierre Pflimlin, futur président du Conseil, muni d’un volumineux dossier des Renseignements Généraux sur le comportement des parieurs et les énormes masses d’argent jouées et prélevées. De là de quoi exploiter plus précisément les sous-cotes et les sur-cotes démesurées.

Patrice des Moutis devient Monsieur X

Fort de toutes ces analyses et de son expérience ancienne de bookmaking légal au Maroc, Patrice des Moutis  se dit qu’en éliminant du tableau des partants des chevaux improbables selon ses propres critères, il peut aboutir à des combinaisons de chevaux capables de figurer dans les trois premiers. Il ne s’agit pas de les additionner dans une « longue » non rentable, mais de combiner des bases avec des chances qu’il repère. Sa méthode est redoutablement affinée car elle repose essentiellement sur trois suppositions : trouver une arrivée « possible », la jouer dans tous les ordres, mais en appliquant un coefficient à chaque pari, en respectant les règles alors établies par le P.M.U.

La série des victoires commence, en alternance avec d’inévitables pertes admises et prévues, mais qui confirme le côté hautement spéculatif de ses pronostics.

En 1958, il encaisse un tiercé 35 fois dans l’ordre et 35 fois dans le désordre. 5 millions de Francs pour une mise de 294 000 F.

Il joue de plus en plus gros et gagne de plus en plus gros. Les dirigeants du P.M.U. s’affolent et demandent à le rencontrer :

« – Monsieur des Moutis, commença André Carrus, vous êtes notre plus gros gagnant…

– je suis aussi votre meilleur client, enchaîna des Moutis, faisant allusion aux prélèvements sur les enjeux du tiercé.

– soit, mais un client qui nous pose un sérieux problème. Vous ne le savez sans doute pas, les cyclistes que nous appointons pour rapatrier les tickets et les fonds ne sont assurés qu’à concurrence de 2 millions de Francs… nous vous proposons, à titre exceptionnel, de venir déposer désormais vos enjeux à notre siège, rue de Penthièvre… »

Ce sera le début de plusieurs échanges de vues sur les défauts de l’invention de Carrus. Les deux hommes sont de force quasi égale en matière de chiffres, mais évidemment André Carrus est sous la férule d’un Etat toujours avide de rentrées d’argent. Si le système des prélèvements d’office avant que les gagnants touchent leurs gains, lui garantit des mannes d’argent, il a peur que Monsieur X tue la poule aux d’or. Entendez par là la multitude de petits parieurs du dimanche qui rêvent d’améliorer leur ordinaire.

Fort de chaque faille exploitée et révélée de fait par le gros gagnant Monsieur X, le PMU change son règlement à plusieurs reprises et court sans cesse après l’ingénieux statisticien. Il faut dire que l’homme connaît bien le domaine des probabilités, c’est son métier, car Patrice des Moutis vit d’abord de son travail d’employé. En réalité, les courses sont surtout pour lui un passe-temps, l’occasion de défier la glorieuse incertitude du Turf, le PMU, les Sociétés de courses et le ministre de l’Agriculture, Edgar Pisani*. Il aime aussi faire plaisir à ses nombreux amis et aime à être entouré. D’ailleurs, en 1962, avec une quarantaine de ces amis, il gagne près d’un demi milliard ancien.

Le PMU s’étouffe, et Monsieur X continue à faire des heureux. Mais, cette fois-ci, il devient l’ennemi public numéro 1 de l’Etat, via le PMU qui bloque ses gains à répétition et l’accuse de tentatives d’escroquerie en ayant utilisé des « hommes de paille », puis de complicité de tentative d’escroquerie. Le procès durera douze ans.

Pourtant, concernant le Prix de Bordeaux, les experts ont demandé à examiner les pièces comptables. On leur a répondu qu’elles avaient été détruites. Leurs conclusions : « on peut s’étonner que dans une course où il a été invoqué certaines irrégularités pour retenir des paiements, le P.M.U. ait dans le même temps détruit des pièces comptables nécessaires à l’analyse ». Mais le juge d’instruction tranche : « aucun règlement ne précise le délai de conservation des pièces ».

Patrice des Moutis dira alors : « Voilà qui m’a donné le sentiment d’être un pot de terre face au pot de fer que sont le P.M.U, les Sociétés de courses, le ministère des Finances, de l’Agriculture et bien d’autres… ».

La presse hippique s’empare de l’affaire. Certains chroniqueurs vilipendent Monsieur X, d’autres pas. Les parieurs eux, dans l’ensemble, lui sont favorables. Il faut dire que Monsieur X donne ses pronostics au journal Spécial dernière ou à Le Meilleur. Ce qui n’est pas la moindre des contradictions des accusations portées contre lui : il peut faire profiter de ses pronostics à des inconnus, mais pas à sa femme, ni à sa fille,  ni à sa mère, à son tailleur et encore moins à cet ami (qui voulait défier en duel un président de Société de courses !).

Toutes les mises des parieurs n’étaient pas comptabilisées

Monsieur X, Patrice des Moutis est d’autant plus devenu l’homme à abattre qu’il a découvert un très complexe mécanisme qui permettait au PMU de ne pas comptabiliser certains enjeux avant paiement des gagnants. Témoin l’entretien qu’il avait accepté de la part d’une professeur-assistant à la faculté de droit, une certaine Véronique M. qui voulait faire sa thèse sur le tiercé : « Mademoiselle, je vais vous démontrer que les courses de chevaux françaises sont organisées depuis une vingtaine d’années sur des bases qui me semblent illégales… » Les révélations de Patrice des Moutis figurent dans les pages 186 à 207 de La Mafia du tiercé (1).

De son côté, le secrétaire général du PMU, Crespin, ne cessera de clamer : « nous comptabilisons toutes les mises du tiercé depuis sa création, nous sommes une maison de verre ».

Pour la bonne compréhension du problème, il faut savoir qu’il existe une différence de taille qui régit les jeux de hasard et d’argent : dans les jeux traditionnels d’un casino, les joueurs jouent contre la banque du casino. Dans le cas du Pari Mutuel Urbain (Urbain par opposition au PMH, pari mutuel hippodrome), les parieurs jouent les uns contre les autres. Et l’Etat, lui, joue sur du velours puisque via le PMU, il prélève d’abord sa part (toujours plus élevée), les mises perdantes ainsi étrillées étant redistribuées aux gagnants.

Lesquels gagnants, hormis les très gros parieurs et les chanceux des numéros fétiches, s’y retrouvent aujourd’hui de moins en moins dans des rapports dérisoires. C’est le résultat de la multiplication des réunions (lieux des courses) et des événements (courses « phares »).

Rappelons qu’à une époque pas si lointaine, le tiercé était dominical, puis est venu le quarté, quarté +, quinté, quinté + les jeudis, puis supports de courses pléthoriques avec des bonus minables. Je n’évoque pas ici l’histoire des jeux simples, reports et couplés et encore moins la panoplie actuelle des paris combinés où les parieurs du dimanche perdent leur latin. C’est fait pour. Et pour plumer les pigeons.

Après une détention provisoire en prison durant 145 jours, écourtée par une perte de 25 kg et un transport à l’infirmerie pour insuffisance cardiaque, Patrice des Moutis, Monsieur X, se suicidera en 1975.

Patrice des Moutis, sous le nom de plume « Monsieur X », interviewé au J.T. en 1969

https://youtu.be/neuDoLvaIz8

Son épouse a continué son combat jusqu’au bout

Le témoignage de Madame Patrice des Moutis. Emission Droit de Réponse en 1985 à une époque où il était encore possible d’avoir une liberté d’expression en France

https://youtu.be/aIlW_zM2vZM

Madame Patrice des Moutis : « déjà la machination est en route… et c’est vous qui l’avez acculé au suicide,  je le dis ouvertement et j’ajoute que non contents d’avoir abattu mon mari, pour vous blanchir de cette affaire tragique, après avoir perdu mon fils… »

https://youtu.be/PJec5hVr4AE

Un jockey confirme que les courses sont arrangées… que les parieurs sont bien volés

https://youtu.be/Lw7asAbDCDE

L’Élysée donne son feu vert à la réforme du PMU et des assurances aux sociétés de courses

Publié le jeudi 22 février 2018

Bernard Glass  https://onrefaitlescourses.rtl.fr/bruits-ecuries/editos/7792384142/l-elysee-donne-son-feu-vert-a-la-reforme-du-pmu-et-des-assurances-aux-societes-de-courses

La Justice est-t-elle encore un service public ?

A en croire le fossé qu’elle continue de creuser avec les victimes, on peut légitimement en douter. Témoin l’affiche placardée à l’entrée de la Maison des Avocats de Saint-Etienne : « A l’attention des justiciables. Le gouvernement considérant que la justice doit se faire sans les avocats, l’ordre des avocats de Saint-Etienne vous invite à vous rendre, pour toute demande de renseignements, au Palais de Justice de Saint-Etienne ou à la chancellerie. Le Bâtonnier de l’Ordre ».

Pourtant le ministère bénéficie d’une augmentation de 260 millions d’euros par rapport au budget précédent :

«  budget 2018. Pour la première fois, 7 milliards d’€ soit + « 3,9 %. En monnaie sonnante et trébuchante, il s’agit d’une hausse de 260 millions d’euros par rapport au budget précédent. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, l’a déjà annoncé : cela « permettra d’accroître de 158 millions d’euros les moyens matériels de la justice et de créer 1 millier d’emplois supplémentaires ». Parmi eux, 732 sont déjà fléchés vers l’administration pénitentiaire, dont 470 devraient permettre d’ouvrir les nouveaux établissements pénitentiaires prévus notamment à Aix-en-Provence, Draguignan ou encore Paris la Santé ».

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/09/27/01016-20170927ARTFIG00199-la-justice-enfant-gate-du-buget-2018.php

La ministre Belloubet n’a cependant pas précisé si les nouveaux établissements accueilleront les victimes d’agressions et les patriotes qui se seront défendus contre les racailles, ou bien les racailles elles-mêmes dont la justice prend d’ordinaire le plus grand soin au grand dam des policiers et gendarmes qui les arrêtent avant d’être souvent remis en liberté aussitôt. Avec une attention toute particulière pour des mineurs ultra violents et autres multi-récidivistes. Mineurs de plus en plus violents comme le relate ce jour le quotidien Le Progrès.

https://ripostelaique.com/racaille-a-vos-portes-noubliez-taubira.html

https://ripostelaique.com/aubervilliers-le-voleur-a-la-portiere-accuse-sa-victime-detre-un-meurtrier.html

https://ripostelaique.com/voleur-tue-12-ans-de-prison-la-legitime-defense-est-a-redefinir-de-toute-urgence.html

https://ripostelaique.com/est-il-vraiment-scandaleux-de-tirer-sur-un-cambrioleur-qui-sintroduit-chez-vous.html

https://ripostelaique.com/le-prefet-de-saint-etienne-interpeller-les-casseurs-cest-dangereux.html

Belloubet sera redevable des 57 djihadistes qu’elle va relâcher

https://ripostelaique.com/nicole-belloubet-sera-redevable-des-57-djihadistes-quelle-va-relacher.html

Nicole Belloubet sur le lieu de jugement des djihadistes français

https://youtu.be/VAwCullBzes

https://ripostelaique.com/securite-pour-un-citoyen-acteur-et-un-permis-de-port-darme-de-poing-dissimulee.html

https://ripostelaique.com/au-nom-de-la-liberte-de-defendre-sa-peau-celle-de-ses-proches-et-ses-biens.html

Une Justice française encore inféodée au pouvoir, malgré les discours sur l’indépendance de la magistrature

Plusieurs intervenants, qui ont eu le tort d’avoir raison trop tôt, viennent d’interpeller les tenants du droit devant leur fief : l’Ecole Nationale de la Magistrature.

Alain de Peretti (Président de Vigilance halal), le 03 avril 2018, devant l’école de la magistrature de Bordeaux sur le thème de la liberté d’expression et halte au harcèlement judiciaire  : « nous sommes systématiquement déboutés même lorsque nous avançons les preuves de ce que nous dénonçons. Les juges devront un jour être jugés par le tribunal du peuple car nous sommes devant une forfaiture fondamentale qui sert un système politique… »

https://youtu.be/K0fiXx4H37g

Renaud Camus (Président du Comité National de la Résistance Européenne) le 03 avril 2018, devant l’école de la magistrature de Bordeaux sur le thème de la liberté d’expression et halte au harcèlement judiciaire : « principaux bénéficiaires de la liberté d’expression : les journalistes, qui sont devenus les pires ennemis de la liberté d’expression des autres. La Presse devenue Média à tiré avec elles tous les rôles, indicateurs, commissaires de police, juges d’instruction, magistrats du siège, mouchards, enquêteurs, chefs de la propagande, procureurs… »

https://youtu.be/zjcZ58pU7Dg

Discours de Christine Tasin, le 03 avril 2018, devant l’école de la magistrature de Bordeaux sur le thème de la liberté d’expression et halte au harcèlement judiciaire

https://youtu.be/qKhsT7jqzjQ

Pierre Cassen, le 03 avril 2018, devant l’école de la magistrature de Bordeaux sur le thème de la liberté d’expression et halte au harcèlement judiciaire

https://youtu.be/w_djvvP6T7Q

Vidéos de tous les intervenants devant l’école de la magistrature de Bordeaux sur le thème de la liberté d’expression et halte au harcèlement judiciaire

https://ripostelaique.com/lintegrale-des-interventions-de-bordeaux-comme-si-vous-y-etiez.html

Sources : 

(1) La Maffia du tiercé. Richard de l’Esparda. Edition spéciale, collection dirigée par J Lanzmann. Ed publications premières 1970.

https://www.groupecarrus.com/#famille

http://www.andrecarrus.com

* Edgar Pisani devenu un croulant a  fait son mea culpa du remembrement des terres agricoles : 

https://www.youtube.com/watch?v=7dsN6rU3f4Y

Jacques CHASSAING

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Notifiez de
Fomalo

La modification prévue du statut de « La Française des jeux » par une privatisation partielle (à ce que j’ai compris) serait-elle une filouterie, et si oui, destinée à enrichir qui, au juste? Si vous avez une idée, merci de répondre.

dufaitrez

2 commentaires à cette heure (15h11)… contre 781 vues…Moi, le 3° …
Vous m’écriviez hier de passer mon chemin… Je m’obstine !

CHASSAING

à dufaitrez :

Et votre commentaire sur l’article, c’est quoi?

dufaitrez

20h36.. pas un de plus ! C’est dire que vos trop longs textes n’intéressent personne. Ecrire pour soi même peut être une thérapie… Mais…
Aucune animosité de ma part. Simplement un conseil.
Vos commentaires variés sur d’autres sujets, sont appréciés, mais là….
Bien à vous.

pierre wwwestrelka

« Monsieur le Maire, après cette décision du Tribunal, vous allez bien sûr faire appel ? »
Réponse de l’élu de la commune : « Certainement pas ; je n’ai aucune confiance dans la Justice de mon pays ».
Histoire déjà vieille d’une quinzaine d’années.

reuri

Excellent article Mr Chassaing.
Malheureusement en France c’est la raie publique des juges.