Nous avions besoin de ce 18 décembre, notre Histoire recommence

Publié le 21 décembre 2010 - par
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Les Assises Internationales sur l’islamisation ? Je n’ai pas pu en être, et je le regrette, profondément. Car ce jour est à garder précieusement dans notre mémoire commune de patriotes et de résistants. Le 18 décembre 2010, des Français de toutes opinions et de tous bords politiques et intellectuels ont trouvé une unité véritablement miraculeuse. La communion s’est faite autour de la seule chose qui compte en ces temps troublés: la France.

Le 18 décembre 2010, un homme et une femme, par leur seul courage, leur intransigeance, leur honnêteté, leur amour de la France, ont accouché, sans moyens financiers, sans subventions, sans carnet d’adresses germanopratin, et dans la douleur du mépris médiatique et politique, d’un évènement de grande envergure morale et symbolique. Pierre Cassen et Christine Tasin, animés par une audace et une foi admirables, ont donné au peuple la possibilité, durant quelques heures, de voir et d’entendre des intervenants de grande qualité, de voir et d’entendre le discours de la vérité, de l’exigence et de l’héroïsme. Ils y sont arrivés. Malgré les hurlements de la meute gauchiste. Malgré les cris de haine des soit – disant Cavaliers de la Fierté qui, métro Charenton, brandissaient le drapeau de l’Islam en annonçant qu’il flotterait bientôt sur l’Elysée. Malgré les menaces et les indignations réglementaires des responsables politiques qui comptent leurs voix quand leurs électeurs crèvent de solitude et de désespoir. Malgré les imprécations des antiracistes qui parlaient de racisme quand il était question de justice, de culture, et de démocratie.

Ils y sont arrivés. Des dizaines d’année après les mises en garde d’un Enoch Powell terrifié pour l’avenir de son peuple, ils ont réussi ce tour de force de montrer qu’ils ne failliraient pas, dans un monde où les colonnes de la destruction nationale broient chaque jour plus de Français abêtis et fatigués, incapables de lutter, incapables de savoir pourquoi il faudrait lutter encore, et même, et surtout, quand la bataille semble être perdue d’avance.

Nous avions besoin de ce 18 décembre. Nous en avions besoin, comme des soldats fatigués par la marche, la faim, la soif. Nous avions besoin de nous rappeler, même si nous ne l’avions pas oublié, ce que la France est en droit d’attendre de nous, les sacrifices que son devenir exige. Nous avions besoin de sentir, sur place, ou par caméra interposée, cette merveilleuse chaleur humaine, cette espérance partagées par tant de Française. Nous avons fait halte, pendant une journée, reprenant des forces, conscient que tout nous restait encore à faire, mais que la graine était définitivement plantée.

L’héroïsme et la vérité naissent rarement sous les applaudissements de la foule, dans une abondance dorée et un acquiescement général. La grandeur part souvent de dessous le boisseau, petite, discrète, apparemment vulnérable. Elle n’a pour elle que sa légitimité.

L’histoire de notre pays, la littérature de notre pays, l’âme de notre pays nous en offrent mille exemples. Une gamine de Lorraine va se jeter aux pieds d’un roi qui ne se croit pas roi, et c’est la France soudain qui se redresse, Orléans qui se libère… Plus tard, bien plus tard, alors que la France est occupée, des catholiques, des communistes, des juifs roumains, hongrois, arméniens, des gosses de douze ans, des retraités, d’anciens militaires, des intellectuels, des étudiants, des paysans, des Français, enfin, travaillent dans l’ombre, condamnés à l’opprobre des politiques et des media en place, sabotant des lignes de chemin de fer, passant la ligne de démarcation, ridiculement peu nombreux, ridiculement peu armés, particulièrement recherchés et traqués… Du mépris des journaux ils passent à la violence des arrestations. Torturés, exécutés, envoyés à Birkenau ou Dachau, ils n’ont qu’un mot : résistance. Mais à l’époque, on ne dit pas cela : et lorsque Missak Manoukian, poète français d’origine arménienne, est exécuté avec vingt-et-un autre résistants, au Mont-Valérien, refusant d’avoir les yeux bandés, l’armée allemande a préalablement noyé Paris de 15 000 exemplaires de la désormais fameuse Affiche rouge : les résistants y sont représentés en médaillons, sous-titrés du nombre de morts que leurs sabotages ont provoqués, et présentés comme « l’Armée du Crime ».

Notre histoire recommence. Une poignée d’hommes et de femmes, réunis dans un lieu modeste, vilipendés par ceux qui ont le pouvoir ou l’antenne, ont décidé, le 18 décembre, de s’unir pour que leur pays demeure. Au risque de leur vie. Au risque de leur réputation. Au service de ce qui s’appelle l’honneur.

Antigone

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