Nous n’avons plus confiance en vous, les « progressistes » !

Publié le 8 septembre 2019 - par - 1 068 vues
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Ann Coulter est une éditorialiste conservatrice de grand talent et un auteur de best-sellers politiques classés en tête dans le New York Times.

À l’origine elle est juriste, diplômée de l’université du Michigan. Elle fut avocate et assistante du sénateur du Michigan à Washington. Son œil aigu et sa langue pointue la font disséquer la politique américaine depuis plus d’un quart de siècle avec férocité et humour.
Je l’ai lue pour la première fois en 2002 et n’ai plus cesser depuis de suivre ses éditoriaux.
Ses derniers livres ont pour titre : « Resistance is futile » «  In Trump we trust » «  Adios America » etc.
Le lien ci-dessous permet d’accéder à son site et à l’article dont je donne une traduction ci-après.

Bonne lecture et voyez comme les situations politiques sont semblables dans l’ensemble du monde occidental.

Nous n’avons plus confiance en vous !
Par Ann Coulter – traduit par Georges Clément.

Comme tous les Américains, je fus profondément émue et horrifiée par la récente série de meurtres de masse. Assurément, je pensai « Il doit exister quelques règlementations de bon sens pour mettre un terme à ce carnage. Des lois de prévention individuelles d’acquisition des armes (Red Flag), de plus longues périodes d’attente, un âge limite, bref quelque chose. »

Mis à part les habituels suspects qui se ruèrent sur les micros pour exiger la confiscation immédiate de toutes les armes, des gens de gauche nous appelèrent pour qu’ensemble, et en toute bonne foi, nous formulions un plan pour éviter que des armes ne tombent entre les mains de ces monstres, et ceci en usant d’honnêteté dans la méthode et de bon sens.

Le problème est que personne, de leur côté, ne croit en la « bonne foi », à un honnête processus ou au « bon sens ».

Là est la vérité : nous ne faisons plus confiance à l’autre partie et ne le devons pas.

Les Américains avaient l’habitude de recourir à deux remparts pour se protéger de la stupidité :

1. Le processus légal

Le génie de nos fondateurs fut de limiter le pouvoirs des gouvernants, capricieux et souvent armés, et de créer un mode de gouvernement basé sur des lois qui rend tout changement difficile mais non impossible.

Vous voulez ajouter un nouvel amendement à la Constitution ? Obtenez que 38 États le ratifient, que les 2/3 du Sénat votent pour lui et que le Président le signe. Comme cela vous avez changé la Constitution. Vous vous opposez à une loi ? Portez-vous candidat pour un mandat électif, mettez votre proposition aux voix, apportez votre concours financier pour une campagne électorale d’un candidat qui soutient votre projet, persuadez vos concitoyens d’y participez et de voter… ou déménagez dans un autre État.

2. Le bon sens

Nous étions aussi supposés croire qu’une base raisonnable fondait notre société, partagée par toutes les générations, l’ensemble des partis politiques, les diverses races et sur laquelle les conflits politiques se basaient pour se résoudre. Jusqu’en 1970 par exemple, les tribunaux fédéraux, la plupart du temps, soutenaient les droits constitutionnels et légaux du corpus juridique. Les autres branches du gouvernement s’efforçaient de remplir leur rôle en toute bonne foi, ou au moins sans une évidente « mauvaise foi ».

Que vous fussiez Républicain, ou Démocrate du temps de JFK, vous pensiez que nous avons des frontières, que les gens illégalement présents sur notre sol devaient être traités selon la loi en cours, qu’il y avait deux sexes, que la liberté d’expression était une caractéristique de notre nation, et qu’un enfant pouvait s’habiller en cow-boy ou en indien pour Halloween sans se faire traiter de « raciste ».

Et donc, bien entendu, ma première réaction était de supposer que notre respect partagé pour les procédures et la décence était toujours à l’ordre du jour. Mais, maintenant je réalise que c’est faux.

En 1994, prés de 60 % des Californiens votèrent pour refuser que les aides gouvernementales soient offertes aux étrangers en situation illégale. La « proposition 187 » fut approuvée par 59 % des votants contre 41 % avec des votes de 56 % chez les Afro-Américains, de 57 % chez les Asiatiques et même de 33 % chez les Latino-Américains. La proposition gagna dans tous les comtés de Californie sauf à San Francisco. Même dans le très hispanique comté de Los Angeles la proposition 187 passa avec 12 points de majorité.

Les gauchistes se dirent « pas de problème, nous allons porter l’affaire devant un juge fédéral de gauche nommé par Carter qui rejettera la volonté exprimée des électeurs ». Le juge de district Mariana Phaelzer décida que la loi constitutionnelle était « inconstitutionnelle » et, aujourd’hui, les contribuables californiens sont forcés de dépenser des milliards de dollars en nourriture, logements, enseignement, soins médicaux et cellules de prisons pour les immigrants illégaux.

En 2008, les Californiens votèrent contre le mariage homosexuel. De nouveau ce vote eut lieu dans toute la Californie – et pas seulement en Californie du sud – et les électeurs décidèrent par 52 % contre 48 % que le mariage n’était pas entre une boîte à lettres et un chimpanzé, un rhododendron et un réfrigérateur, mais seulement entre un homme et une femme.

Les gauchistes se dirent « Pas de problème. Nous allons trouver un juge fédéral dans une cour de district qui soit homosexuel pour qu’il annule le vote et ce sera réglé facilement. »

Mais ils annoncèrent aussi : « Non seulement nous allons renverser le vote, mais nous allons révéler les noms et faire honte à ceux qui nous sont opposés (à l’exception des Afro-Américains qui votèrent en majorité pour la proposition 8, au plus grand dam des progressistes). Les gens ainsi mis à nus pour avoir cotisé à « l’initiative mariage » allaient perdre leurs emplois, être licenciés des firmes de haute technologie qu’ils avaient fondées et chassés de restaurants mexicains.

Apparemment, quiconque né dans les 5 000 ans précédents et jusqu’au 26 juin 2015 était un traditionaliste haineux.

Depuis les années 80, presque toutes les fois où les Américains ont été autorisés à voter sur l’immigration illégale, ils s’y sont opposés, refusant que les aides sociales de l’État soient accordées au étrangers en situation illégale, leur refusant de bénéficier de la mise en liberté sous caution, imposant la langue anglaise dans les formalités, permettant à la police de requérir les papiers des illégaux suspects, et ainsi de suite.

Tous ces résultats démocratiquement obtenus furent accueillis avec force rage, insultes et violence, et souvent un juge annula le vote.

Ceci culmina en 2016, quand les Américains décidèrent de faire d’un improbable candidat, pas un maire ou un parlementaire, pas même un gouverneur, mais un président des États-Unis, en se fondant sur la promesse de renvoyer les illégaux et de construire un mur.

Nous savons ce qu’il en a résulté (ne pleurez pas sur les électeurs du Brexit, les Britanniques n’attendent que depuis trois ans qu’on respecte leurs votes, nous, nous attendons depuis des décennies).

Ceci n’est pas un débat secondaire, dans n’importe lequel de ces exemple c’est le vrai problème : le mépris du processus démocratique. Je ne suis pas en train de dire « Nous vous avons fait confiance, mais nous avons obtenu un mauvais résultat électoral » ; je suis entrain de dire « Nous vous avons fait confiance, mais vous avez bafoué la Constitution et la loi pour obtenir ce que vous ne pouviez pas gagner honnêtement. »

Au moins, avons-nous encore notre bon sens ? Certainement pouvons-nous compter sur la prochaine génération pour croire en la liberté d’expression jusqu’à la moelle de ses os. Ils comprennent parfaitement que les campus, quoi qu’ils soient par ailleurs, doivent demeurer les bastions de la critique et du débat approfondi. Ils reconnaissent, de toute évidence, la sagesse et la majesté du Collège électoral prévu par la Constitution.

Que nenni ! Rien de tout cela n’est vrai !

L’actrice Debra Messing récolte des noms de supporters de Trump pour une liste noire d’Hollywood. Des « chemises brunes » armées et masquées d’extrême-gauche patrouillent dans les rues de Portland (Oregon), battant les personnes suspectées de soutenir Trump. Je « tweet » « C’est un beau jour » et 2 000 me répondent qu’ils m’espèrent morte.

Nous sommes en discussion avec des gens qui ne sont pas d’honnêtes partenaires. Nous ne pouvons plus nourrir d’espoir de « bonne foi », de « processus sérieux » ou de « bon sens » dans cette relation.

Dans cet environnement, il est grotesque de croire que nous pourrons ajouter des « astérisques » au second amendement et espérer qu’il survivrait.

Nous ne pouvons pas confier nos libertés à vos sales mains !

Copyright 2019 Anne Coulter

http://www.anncoulter.com/columns/2019-09-04.html#read_more

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