Nous vous appellerons à la barre, Monsieur Jacques Meric

Publié le 28 juillet 2015 - par - 10 commentaires - 3 166 vues
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Jacquesmeric

Monsieur Jacques Meric,

La rédaction de Riposte Laïque a pris acte de votre plainte déposée à son encontre pour ce qui vous a semblé être des menaces de mort proférées contre vous par un certain Geronimo.

Nous acceptons le procès que vous voulez nous intenter, Monsieur Meric, et déclarons haut et fort que ce procès, nous le voulons aussi. Nous y tenons, même.

Oui, nous voulons ce procès pour que tous ceux qui ont souffert de la disparition soudaine et traumatisante d’êtres chers qui servaient sous vos ordres puissent venir vous regarder en face.

Vous avez été bouleversé, choqué ou effrayé par des soi-disant menaces de mort, mais savez-vous, Monsieur Meric, combien d’agents de police se donnent la mort chaque année? Vous vous en fichez royalement. Vous n’avez pas le temps de consulter ces statistiques macabres qui tombent quotidiennement sur votre bureau. Vous les jetez immédiatement à la poubelle. Laissez-nous vous éclairer. Ils sont 40 à se donner la mort chaque année. Ils étaient 55 l’an dernier, Monsieur Meric. Cinquante-cinq hommes qui se sont donné la mort. Souvent avec leur arme de service. Ils étaient tous des Geronimo. Comme celui qui semble hanter votre paisible vie. Ils sont tous partis sans attenter à la vie de personne. Ils n’ont tué personne. Ils sont partis sans rien dire. Oui, ils auraient pu parler. Mais ils sentaient que les mots qu’ils voulaient prononcer les faisaient suffoquer. Les mots qu’ils voulaient transmettre les faisaient souffrir encore plus. Alors, ils se sont tus. A jamais.

Ils sont tous partis sans laisser de message. Sauf un. C’était le dernier de la liste. Le quatrième à Paris depuis le début de l’année. Un brigadier-chef de 40 ans. Il était en fonction à la Brigade Anti-Criminalité de nuit à Créteil. Il était sous vos ordres. Il s’est tiré une balle dans le cœur avec son arme de service, dans les locaux de l’Hôtel de Police. Il était père de deux enfants. Il a laissé ce mot pour vous, Monsieur Meric : « La police m’a tué ». Il s’est tué dans la nuit du 5 au 6 juillet 2015.

Cette date ne vous dit peut-être rien, Monsieur Meric. Vous n’êtes certainement toujours pas au courant de la mort de ce brave père de famille qui a laissé une veuve et deux orphelins. Ça ne vous intéresse pas. C’est le risque du métier. Vous devez vous dire qu’il ne faut pas s’apitoyer sur le sort des subordonnées. Mais vous avez bien retenu la date du 9 juillet. Quand un certain Geronimo a publié un article sur notre site. Un article dans lequel il disait toute la souffrance de ses collègues. Vous avez pris cela pour des menaces de mort. Vous avez porté plainte. Vous voulez condamner ceux qui ont proféré des menaces de mort. Mais qui jugera ceux qui ont provoqué la mort ? Qui jugera « la police (qui) a tué » le brigadier-chef ?

Qu’à cela ne tienne. Nous acceptons d’aller au tribunal. Mais nous ne serons pas seuls, Monsieur Meric. Nous ferons tout pour que les familles que vous avez décimées viennent voir l’homme sans cœur que vous êtes. Nous allons faire appel à témoignages. Pour permettre à ces agents que vous avez sous votre autorité de s’exprimer. De soulager leurs peines et leurs maux. Et peut-être éviter d’autres drames.

Nous vous appellerons à la barre, Monsieur Meric.

La barre de la justice.

La justice du peuple.

Le peuple que vous méprisez.

Nous vous attendons, Monsieur Meric.

Messin’Issa

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Notifiez de
Guy dupont

OUI, je suis avec vous. Je suis un ancien brigadier-chef, j’ai au cours de ma carrière fait une forte dépression nerveuse avec envie de le supprimer, mais grâce à mon entourage, je m’en suis sorti. Le plus difficile, c’est de reprendre votre activité après un an de maladie, vous êtes surveillé en permanence, on a pas du tout confiance en vous, en fait, on essaie de se débarrasser, on m’avais mis au placard, dans un bureau à ne rien faire, ça a duré plusieurs mois, jusque au jour où je me suis révolté, ensuite ça a bougé. Je leur ai prouvé que j’étais normal, puis, j’ai fait une demande de mutation. A l’époque, j’étais brigadier. Allez y foncez, je vous suis, je serais vengé 25 ans après de ce que l’on m’a fait subir.

RICCARDO

Mr MERIC a pourtant bien tué indirectement, certes, mais tué quand même ses propres policiers dont il se moque éperduement de leur vie….On devrait plutôt lui faire un procès pour non assistance en personne en danger ou mise en danger d’autrui….Ce n’est pas parce qu’il est censé représenter la loi et la faire respecter qu’il n’y est pas soumis…

Charlie

Ça me rappelle un prof de Coluche : « Il voulait nous vendre de l’intelligence il n’avait même pas un échantillon sur lui !

Celui là veut nous vendre de la probité, de la morale, du respect mais il n’a même pas même pas le catalogue !

Lucky-mage

Bravo à RL. Vous avez mon soutien également étant ancien de la gendarmerie. Il est grand temps que les puissants rendent compte à la justice de leurs faits et actes et sans omettre pour certains leur incompétence. Et que la véritable justice revienne très vite pour défendre l’opprimé victime et non l’oppresseur agresseur. Un vieux lecteur assidu.

petilus

bien dit et il serait temps que ces individus qui croient detenir la verité en meprisant ceux qui ne pensent pas comme eux soient appelés à la barre pour y etre jugés!

Pierre

Vous avez raison. Il faut retourner leur propre arme contre eux. Feu a volonté contre les destructeur de la France.

Charlie

Il fut un temps ou les chemises étaient repassées et les hommes plus dignes.

Jean-Marc

Je ne suis ni policier ni militaire cependant je vous soutiens à fond !

Jacques COUTELA

Vous avez mon soutiens.
Bien qu’à la retraite je suis solidaire avec mes collègues en activité, et je ne suis pas le seul…..

mari

Bravo! Il faut demander le soutien à tous les policiers et anciens policiers ainsi qu’aux militaires en activité ou retraités.