Nouvelle-Calédonie : La chasse au faciès patronymique des indépendantistes kanaks

Publié le 14 avril 2013 - par - 1 802 vues

En Nouvelle-Calédonie, comme en Métropole, il y a des gens qui s’autoproclament « responsables »  et qui, comme tels, veulent discuter, négocier même avec leurs pires ennemis. En Nouvelle-Calédonie, ils se baptisent « progressistes » et palabrent avec les indépendantistes.

Cette mentalité proche de la lâcheté se justifie, selon le R-UMP (Rassemblement-UMP), par le souci d’éviter un référendum « couperet » qui ferait retourner l’archipel aux événements tragiques des années 84-88. Pour masquer un manque de courage quasi légendaire, son président, Pierre Frogier, a recours aux mânes de son grand-père (poilu de la Première Guerre mondiale) et de son père (combattant du Bataillon du Pacifique durant la Seconde).

Sauf que les indépendantistes réclament massivement ce référendum dès 2014. Mais il faut remonter au gel du corps électoral provincial de février 2007, relatif à l’élection des assemblées locales), pour comprendre la situation.

Le gel du corps électoral provincial

Dans un accès d’hystérie antidémocratique, les signataires de l’accord de Nouméa de 1998, comprenant l’Etat, les indépendantistes et les prétendus loyalistes du R-UMP, se sont acharnés à restreindre le droit de vote en Nouvelle-Calédonie. Après avoir gelé le corps électoral pour les trois consultations d’autodétermination prévues à partir de 2014, pour lesquelles le scrutin est limité aux personnes domiciliées dans cette collectivité depuis 20 ans et au plus tard le 31 décembre 1994, ils ont estimé devoir également restreindre le corps électoral pour les élections aux assemblées des trois  provinces et au Congrès, en le réservant aux personnes ayant dix ans de domicile en Nouvelle-calédonie.

Ce dernier corps électoral dont la vocation était limitée à désigner des élus chargés de la simple gestion  des collectivités concernées et qui ne pouvait porter atteinte aux conditions restrictives de la participation aux référendums d’autodétermination,  a donc été d’abord glissant, sur 10 ans, puis gelé, voire surgelé en 2007, à la demande des indépendantistes. Ce corps électoral, interdit à toute personne domiciliée en Nouvelle-Calédonie après le 8 novembre 1998, est devenu purement et simplement héréditaire au pays des Droits de l’homme. La capitulation républicaine veule et misérable du R-UMP lors de la signature de l’accord de Nouméa, s’est cristallisée en 2007 au nom d’une politique novatrice qui l’a amené à courber l’échine une nouvelle fois.  Les « progressistes », par la voix d’Harold Martin, prétendaient alors qu’à peine 700 personnes seraient évincées des listes électorales provinciales et se moquaient de l’Association de défense du droit de vote qui mettait en œuvre toute les procédures juridictionnelles contre la glaciation du corps électoral.

L’association a épuisé les recours disponibles devant toutes les juridictions nationales et internationales jusqu’à ce que, en 2005, la Cour européenne des droits de l’homme prétende que la paix primant sur le droit, la création d’un corps électoral provincial restreint se justifiait, et en 2009,  la même Cour, statuant sur le corps du même nom, mais cette fois gelé et héréditaire, déclare avec désinvolture que l’affaire est réglée depuis 2005.

Les pires craintes exprimées par les membres de l’Association se matérialisent aujourd’hui. Des milliers de personnes (entre 21 000 et 25 000) en âge de voter restent sur le carreau et les indépendantistes ont ouvert une chasse au faciès patronymique.

1300 personnes au tribunal

Gaël Yanno[1], un rumpiste qui a toujours accepté les concessions faites aux indépendantistes pleure parce que son fils doit justifier de sa naissance en Nouvelle-Calédonie devant le tribunal de Nouméa.

En effet, lundi 8 et mardi 9 avril 2013, ce sont près de 1300 Calédoniens qui ont été convoqués au tribunal pour justifier d’être nés sur le Territoire.

Les convocations ont été faites sur un critère purement racial puisque ce ne sont que des personnes portant un patronyme à consonance non-kanake qui comparaissaient.

Ce racisme n’en est pas un, ont aussitôt prétendu les organisatrices du délit de sale patronyme. La preuve, les premiers noms à sonorités occidentales appelés à la barre se révélèrent être portés par des Kanaks. Aussitôt Madeleine Ounou, Marie-France (bientôt Marie-Kanaky ?) Kapperi et Florenda Waina Nirikani se sont lancées dans un discours embarrassé où il est ressorti qu’elles s’étaient trompées, que ceux-là n’étaient pas concernés, que c’étaient des autres qu’il fallait s’occuper.

Le FLNKS (Front de Libération Kanake Socialiste) voyant la tournure très épuration ethnique que prenait l’affaire s’est désengagé dans les heures qui ont suivi et a choisi l’écrit-vaine Déwé Gorodé relayée par Harold Martin (de la koalition R-UMP, Avenir Ensemble, FLNKS, PT – Parti Travailliste du très Méchancon Kotra Ureguei) pour expliquer que les 1300 actions en radiation de la liste électorale spéciale, correspondant au corps électoral provincial gelé, étaient le fait de personnes qui étaient certes dans les commissions pour le compte du FLNKS, mais qu’elles avaient pris des positions allant au-delà de ce que demandait le Front de Libération.

Comme d’habitude, gros mensonge puisque cette tactique de l’apartheid anti-blanc remonte à plusieurs années et que samedi 6 avril 2013, une marche citoyenne a été organisée par les indépendantistes dans les rues de Nouméa.

Les vrais citoyens selon Kanaky

Cette marche sous la houlette du collectif Kanaky-2014 a connu un très relatif succès. A peine six cents marcheurs sous les étendards du FLNKS, du PT et de l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et Exploités).

Ses organisateurs réclament que la vraie citoyenneté soit réservée aux personnes installées en Nouvelle-Calédonie avant 1988, et non 1998. En grattant un peu sous le discours de ses dirigeants, on comprend qu’un vrai citoyen ne peut-être qu’un Mélanésien indépendantiste. Ils réclament pour celui-ci l’exclusivité du droit au logement, à l’éducation, au travail, aux soins.

Mais visiblement, les participants dont quelques Européens fraîchement débarqués n’avaient pas tous compris pourquoi ils défilaient sous le soleil de l’automne austral. « Ce qui se passe en ce moment ne correspond pas à ma définition de la citoyenneté. Etre citoyen c’est faire partie intégrante du pays. Chacun doit avoir accès aux mêmes droits. Je veux une citoyenneté égale pour tous », a affirmé, sans rire, l’un d’eux aux Nouvelles Calédoniennes.

Le R-UMP de Pierre Frogier qui a sans cesse fait des concessions aux indépendantistes sans leur demander la réciprocité ne peut que constater que les Calédoniens deviennent minoritaires dans l’archipel. Les vieux Européens installés depuis plusieurs générations disparaissent, ceux arrivés après 1994 ainsi que leurs enfants n’auront jamais le droit de vote tandis que indépendantistes réclament toujours plus.

A la fin du mois d’avril, aura lieu un nouveau toilettage de la liste électorale des « citoyens calédoniens ». Nous saurons alors combien d’Européens sont exclus de leur avenir.

Marcus Graven


[1] Ejecté du R-UMP après sa défaite aux dernières législatives, il vient de foncer le MPC (Mouvement Populaire Calédonien) ce qui fractionne un peu plus le camp anti-indépendantiste calédonien où l’on trouve le Rassemblement-UMP (R-UMP), Avenir Ensemble (A-E), Calédonie Ensemble (CE), le Rassemblement pour la Calédonie (RPC), le Mouvement de la Diversité (MLD), l’Union pour un Destin Calédonien (UDC), le Mouvement Républicain Calédonien (MRC), le Front National (FN).

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi