Nouvelle-Calédonie : la reculade que je redoutais n’a pas tardé

Samedi 12 décembre. Manif à Nouméa. Entre 23.000 et 30.000 personnes.

Comme dans les années 80.

À l’époque, nous en avons fait des manifestations comme celle-là. Pour quel résultat ?

Nada.

Les organisateurs de celle-là n’ont pas appelé à des rassemblements dans les centres de l’intérieur : La Foa, Bourail, Koumac… Cela aurait été une façon d’atténuer la coupure entre Nouméa et la brousse. Au contraire, cette manifestation avec quelques drapeaux tricolores et un peu de Marseillaise a accentué la rupture du lien entre la grande ville et le reste du territoire, a accru l’isolement de la capitale. Encore quelques assauts indépendantistes et nous aurons des images du Haussariat ressemblant à l’évacuation des Américains de Saïgon.

Les derniers barrages loyalistes ont été démantelés. Celui protégeant Mont-Dore l’a été suite à un bobard d’une dirigeante loyaliste assurant à ceux qui le tenaient que des renforts de gendarmerie dégageaient celui des Kanaks de Saint-Louis. C’était faux.

Des sous-dirigeants loyalistes ont adressé un communiqué aux indépendantistes, des pleurnicheries sur la liberté de circulation. Ceux-ci ont accepté de les examiner, mais sans garantie que la route serait ouverte.

Thierry Santa, le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, présidence dont le fil sera bientôt rompu, a tenu un discours de lâchage. Rien de nouveau sous le soleil de l’été austral.

Il a bien évidemment commencé par dire qu’il comprenait l’exaspération des Calédoniens – c’est le moins qu’il pouvait faire – puis demandé aux Loyalistes de ne plus s’opposer aux Indépendantistes sur le terrain. Désarmement moral habituel de la part des dirigeants loyalistes. La présence face aux meutes kanakes est pourtant indispensable pour éviter que leur haine raciste s’exprime sans retenue.

Puis, il affirmé comme Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, la « nécessité du dialogue », autrement dit de tout céder à Mapou, Tutugoro, Wamytan et compagnie.

Dans le même temps, l’indépendantiste Victor Tutugoro, annonçait qu’il avait bien voulu « accepter la proposition du ministre » pour une visioconférence, la semaine prochaine, en vue de renouer le dialogue.

En clair, on lui a promis de satisfaire les revendications indépendantistes.

Des intentions commencent à poindre. On parle de négociations où l’État, la Nouvelle-Calédonie et la Province Sud à travers la SLN (Société Le Nickel) et l’usine du Sud vendraient du minerai (ou plutôt de la saprolite : latérite à partir de laquelle on peut produire du nickel) à la Sofinor (société minière kanake du Nord) pour que celle-ci approvisionne l’usine coréenne, de faire entrer l’ICAN (Instance Coutumière Autochtone de Négociations) dans le consortium qui achète l’usine du Sud, que ce consortium accepterait le même racket que Raphaël Mapou et les siens – petite mafia appelée Pacte du Grand Sud – imposaient à l’ancien propriétaire Vale.

Le tout serait enrobé de papier toilette pour que les Calédoniens pensent qu’il n’y a ni vaincu ni vainqueur. Mais, à l’arrivée, comme de coutume (si j’ose dire), dans quelques mois, nous verrons qu’il s’agit d’une victoire de l’autre camp.

Les politiciens loyalistes persistent donc dans la reculade comme ils le font depuis 40 ans. Ils appellent cela un « compromis ».

J’ai autre mot pour décrire cette manière de donner toujours raison aux indépendantistes et ainsi leur ouvrir un succès au troisième référendum. Un mot « que rigoureusement, ma mère m’a défendu d’nommer ici ».

Marcus Graven

 

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11 Commentaires

    • Pas tant que ça ; puisque l’on supporte les conséquences de la lâcheté de Connard de Colombé et que nos descendants auront encore à la supporter

  1. L’Algérie se répète la France devient de plus en plus indigne avec l’approbation des français prisonniers de macron

  2. C’est clair : la NC va connaître le sort de l’algérie, et les Français de NC vont connaître le sort des Pieds-Noirs.

    Marcus, je l’ai écrit et je vous le répète : il n’y a qu’une solution.

    Liquidez les leaders loyalistes et les leaders canaques. De même que tous ceux qui se dresseront entre vous et eux. Vous ne pourrez sans doute pas tous les avoir mais il faut en liquider assez pour faire peur à tous les autres.

    Faites vite !

    Sinon, vous êtes FOUTUS !

    • Que ce soit en NC ou en France, n’admettons pas d’étrangers sur notre territoire national : virons les africains de France métropolitaine et les canaques de NC !

      Oui passons à autre chose !

  3. Faut-il le rappeler Tous les jours ? 3° fois….
    Dès le premier referendum, c’était prévu !
    Le rapport Blacks / Blancs évolue tous les jours…
    Le prochain coup sera le Bon !

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