Nouvelle-Calédonie : la supercherie de l’Etat fédéral

DRAPEAU FRANCAISL’Accord de Nouméa qui régit la vie politique néo-calédonienne est né en 98 sous un président prétendument de droite, Jacques Chirac, sous un gouvernement de gauche, Jospin, mais surtout des manœuvres d’Alain Christnacht, un énarque membre de Terra Nova, ouvreur d’un séminaire sur l’islam, dont la fille, Virginie, est à la tête du service de presse de l’Elysée (sans doute sans l’aide des réseaux très fournis de papa).

L’ADN de l’indépendance à venir

Cet Accord de Nouméa est un exemple parfait de ce que produit la politique française : un méli-mélo pour la recette duquel gauche et droite se sont parfaitement entendues dans leur désir de débarrasser la France de ce qu’elles imaginent être une tache « coloniale ».

Du point de vue des supposées élites françaises, la tache coloniale est constituée en Nouvelle-Calédonie par tout ce qui n’est pas strictement kanak. Principalement les « Blancs », (ravalés au rang de « Caldoches » méprisables – par les ethnologues idéologues pro-indépendantistes – et donc méprisés), mais aussi les Vietnamiens, les Tahitiens, les Wallisiens, les Indonésiens… habitant ce territoire français du bout du monde.

Faute d’avoir la possibilité d’éliminer physiquement les Blancs, les Asiatiques et les Polynésiens, l’alliance gauche-droite française a décidé de les éliminer politiquement et symboliquement.

Elle a donc inventé à travers l’Accord de Nouméa un « peuple » kanak et rabaissé les autres populations au stade de « communautés ».

En politique (nationale et internationale), en droit (international), un « peuple » pèse beaucoup plus lourd que des « communautés ». Celles-ci prennent seulement un peu de poids lorsque le « peuple » au pouvoir commence à les massacrer. Alors l’ONU pond des résolutions dont tout le monde se fout.

Quant aux garanties françaises, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles n’inspirent guère confiance quand on sait la capacité, au fil de l’Histoire effectivement coloniale, de ce pays à trahir ses nationaux aux quatre coins de la planète : Indochine, Algérie, Nouvelles Hébrides (devenues Vanuatu).

La préparation du largage

En ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie, Jacques Chirac a interprété l’Accord de Nouméa dans le sens indépendantiste en gelant le corps électoral pour augmenter les chances du kanakisme au référendum d’autodétermination. Pour ce vote référendaire, dans la situation actuelle, il n’y a plus un rapport 70%-30% pour le maintien de la Nouvelle Calédonie dans la République française (ce qui serait le cas si plus de 20 000 citoyens calédoniens n’étaient pas interdits de vote), mais quelque chose dans les 55%-45%.

Rappelons que Sarkozy (soi-disant présentant d’une droite plus radicale que l’inconsistant Chirac) a interprété le même Accord en applaudissant le lever du drapeau kanak sur les édifices publics de l’archipel.

Dans le contexte de délabrement politique de la France, d’abandon de ses valeurs essentielles au profit d’un salmigondis sociétal (mariage pour tous, théorie du genre à l’école…), face à une immigration incontrôlable, de scandales politico-financiers à répétition, la clique socialiste tente d’accélérer le largage de la Nouvelle-Calédonie grâce à un nouvel accord soumis à référendum qui ne soit pas couperet. Une façon de montrer qu’elle est toujours à gauche.

C’est ce à quoi Alain Christnacht a pour mission de s’atteler.

Comment réaliser au mieux ce largage ?

L’idée d’un Etat fédéral, l’ultime entourloupe

Il faut d’abord n’effectuer aucun retour en arrière sur les « acquis » indépendantistes : corps électoral restreint, drapeau kanak flottant à hauteur du drapeau tricolore, découpage qui permet d’avoir un élu indépendantiste avec quelques centaines de voix alors qu’il en faut deux ou trois fois plus pour avoir un élu « loyaliste », répartition inique de l’argent des impôts par provinces…

Ensuite, être suffisamment malin pour aller plus loin vers l’indépendance sans pour autant créer de réflexes négatifs dans la population « loyaliste ».

Pour cela, Alain Christnacht  est en train de bâtir l’ultime entourloupe, un nouvel accord qui obtiendra, espère-t-il, l’assentiment des indépendantistes les plus radicaux et celui des « loyalistes » : la constitution d’un Etat fédéral. Chaque Etat fédéré  (France et Nouvelle-Calédonie) le constituant aura des compétences régaliennes : police, justice, immigration, signature de traités…

L’Etat fédéré du Pacifique a déjà son drapeau, sa monnaie avec de nouveaux billets de banque, presque son nom : Kanaky-Nouvelle-Calédonie.

Sauf que la France n’est ni les Etats-Unis, ni l’Australie. La Nouvelle-Calédonie ni Hawaï ni le Queensland. Paris ni Washington D.C. ni Canberra A.C.T.

Il n’y a aucune chance pour que la France devienne un Etat fédéral. Le bricolage ne tiendra pas.

Primo parce que cela, si j’ose dire, n’est pas dans l’ADN de la Métropole. Secundo parce que la situation comparée des deux Etats fédérés montrera évidemment une distorsion énorme des moyens et des intentions en matière de politique régionale ou internationale. Tertio parce qu’on ne maintient pas fédérés deux Etats distants de 20 000 km.

Alors, comme d’habitude, face aux critiques d’ingérence, de néo-colonialisme, la Métropole ne fera rien quand le principe de l’Etat fédéral tombera, faisant de Kanaky (Nouvelle-Calédonie disparaissant du paysage) un Etat entièrement aux mains des indépendantistes kanaks. Un Etat indépendant. Un Etat admis à l’ONU en quatrième vitesse.

Marcus Graven

 

 

image_pdf
0
0