Nouvelle-Calédonie : pour les indépendantistes kanaks, le destin commun se fera sans la France

Le jeudi 19 juillet 2012, à 20 heures, dans l’émission-débat « Faut qu’on se parle », Thierry Rigoureau, journaliste politique de Calédonie 1ère, devait aborder avec ses invités, l’avenir de la Nouvelle-Calédonie à l’issue de l’Accord de Nouméa, en 2014. Tous les partis représentés au Congrès du Territoire étaient conviés.

Les indépendantistes de l’Union Calédonienne (U.C.), principal parti du FLNKS (Front de Libération Kanake Socialiste), le matin de la programmation, refusaient de venir. M. Wamytan, président du Congrès et membre de l’UC, faisait faux bond quelques minutes avant le commencement de l’émission. Calédonie 1ère prenait aussitôt la décision d’annuler le débat.

M.Wamytan et le FLNKS se sont dégonflés pour ne pas dévoiler leur projet d’après 2014. La peur qu’ils manifestent à l’égard du débat ne fait que mettre en évidence ce que les Calédoniens savent depuis longtemps : les indépendantistes sont des faux-monnayeurs et des poltrons.

Après leur déculottée électorale aux dernières législatives, les indépendantistes ont vociféré, menacé les anti-indépendantistes, annonçant l’indépendance sans qu’il n’y ait rien à négocier.

Mais la nouvelle donne politique, l’élection de deux députés appartenant à Calédonie Ensemble, vainqueurs des représentants de la coalition UMP-FLNKS, laissait pressentir deux bouleversements : la perte de la présidence du Congrès pour M. Wamytan et le remplacement du drapeau de Kanaky par un drapeau plus consensuel.

Au retour du voyage rituel à Paris où il a été reçu par les socialistes au pouvoir, M.Wamytan a repris son visage patelin, essayant à nouveau de faire croire — comme durant la campagne législative — que Kanaky serait un monde sympathique dans lequel régneraient la paix, la tranquillité, la richesse.

Mais les actions du FLNKS de ces derniers jours n’ont guère corroboré ses propos.

Un défilé-provocation a été organisé le 14 juillet pour faire pendant à celui de la fête nationale et signifier à la France n’avait plus à rien à faire en Nouvelle-Calédonie.,

La pression a commencé dès le 13 juillet au soir, le long des plages de Nouméa, à l’Anse Vata et à la Baie des Citrons, où se trouvent les restaurants, les boutiques pour touristes et les boîtes de nuit.

[youtube H_PDE2paNtg] 

http://www.youtube.com/watch?v=H_PDE2paNtg&feature=youtu.be

Un convoi de voitures hérissé du chiffon kannabisé a bloqué la circulation à plusieurs reprises et un type à la voix particulièrement agaçante a vitupéré contre la France, les Européens et leur a promis Kanaky pour 2014. Les villes de Nouméa, Mont-Dore, Dumbéa, Païta ont été clairement revendiquées. Ce sont elles qui ont voté massivement contre l’indépendance aux dernières législatives.

Plus loin, la caravane s’est arrêtée devant un restaurant où M.Gomès, un des deux députés de la Nouvelle-Calédonie, tient souvent des réunions, et les insultes ont fusé à l’encontre des Blancs et des Wallisiens qui déambulaient dans ce lieu prisé des Nouméens.

Le lendemain, 14 juillet, les indépendantistes ont défilé dans Nouméa.

[youtube Se3w_QgHyoo] 

http://www.youtube.com/watch?v=Se3w_QgHyoo

Aussitôt l’U.C. par la voix de son secrétaire général, l’idiot utile Gérard Reignier – époux d’une pétroleuse notoire du FLNKS, Caroline Machoro – a clamé avoir compté 2000 manifestants. La police, plus modeste, en a vu seulement 600.

http://www.facebook.com/notes/mouvement-uc/interview-du-secrétaire-général-de-luc-portant-sur-la-mobilisation-du-14-juillet/203164319811352

Rien que de très normal que cette bataille sur les chiffres. Les politiciens et les syndicalistes nous y ont habitués. Sauf qu’il est possible de compter les quelques personnes qui battent le bitume sur le film du défilé-provocation.

On dénombre une trentaine de rangées de dix individus chacune, soit à peu près trois cents personnes agitant mollement le drapeau séparatiste.

Kanaky n’a pas mobilisé.

Plus grave, sur le site de l’U.C., la photographie illustrant le défilé est un cliché de 2009 pris lors d’une manifestation où 26 000 personnes ont marché pour la paix, pour le respect entre les communautés, sous un slogan d’une rare indigence : « Si y’a pas toi, y’a pas moi ». Une illusion qui n’a pas duré.

Les défilés des 13 et 14 juillet, la lâcheté du FLNKS devant le débat mettent en évidence que le discours lénifiant des indépendantistes sonne creux.

Ils ont autre chose en tête que le « destin commun », expression bidon que M. Wamytan et ses acolytes psalmodient comme un mantra quand cela les arrange. Autrement dit quand ils sont en difficultés politiques.

L’Union Calédonienne fait semblant d’être d’une bigoterie inébranlable sur cet avenir commun. Mais l’affaire du drapeau met à mal cette attitude. Elle est devenue le symbole du mensonge kanakyste.

Depuis leur retour de Paris, les indépendantistes répètent à l’envi que, respectant à la lettre l’Accord de Nouméa, ils sont donc pour un drapeau représentant toutes les ethnies du Territoire à condition… qu’il ait des bandes bleue-rouge-verte avec un cercle jaune et une flèche faîtière en son centre. C’est-à-dire le leur.

M.Wamytan et ses amis lancent cela avec un cynisme et un mépris souverain pour les Calédoniens qui ne veulent pas de leur indépendance kanake socialiste .

Le destin commun n’est qu’une arme de propagande pour les indépendantistes.

Ils savent qu’un tel saut dans l’avenir n’est possible qu’avec des cultures proches, une unité historique et sociale et surtout la volonté de vivre ensemble. Ce que manifestement, ils ne veulent surtout pas.

Pour eux, ce sera Kanaky et seulement Kanaky. Rien d’autre.

La nouvelle campagne de M. Wamytan sur l’indépendance que nul ne doit craindre s’est écroulée avec les deux défilés racistes du 13 et du 14 juillet et la couardise de l’U.C. face à un débat sur l’avenir de l’archipel.

Kanaky ne sera pas un pays  de paix, de tranquillité, de richesse, mais synonyme de violence, de peur, de pauvreté.

Aux Calédoniens de ne plus rien céder aux indépendantistes.

Marcus Graven

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