Nucléaire iranien : la dénonciation de l’Accord de Vienne peut mener au pire

Publié le 3 octobre 2019 - par - 844 vues
Share

Une fois de plus l’arrogante Amérique, cochon qui s’en dédit, n’en fait qu’à sa tête, ne regardant que ses intérêts supposés à court et moyen termes, et déchire le jour ce qu’elle a solennellement signé la veille en jurant sur la Bible.

Rien que cela ! Le pire État-voyou qu’il y ait sur Terre, qui se permet tout, et le contraire de tout, grâce à son écrasante supériorité militaire, et à son dollar dominant le monde.

L’ « Accord de Vienne sur le nucléaire iranien », alias JCPoA, signé en 2015, était un bon accord, en dépit de ses défauts et insuffisances. Nous disons bien « était » car l’un de ses deux principaux signataires, les États-Unis, l’ayant dénoncé, ne laissant à l’autre que la possibilité d’en prendre acte ; de fait il n’existe plus.

Les autres signataires, si importants soient-ils à l’échelle mondiale par la caution morale qu’ils lui avaient apportée, n’en étaient que les témoins spectateurs pas vraiment partie
prenante. N’en déplaise à Macron qui croit, avec ses gesticulations, pouvoir encore « sauver le traité ».

Ce traité avait été obtenu en son temps avec difficulté par le président Obama, prix Nobel de la paix. Il avait le mérite d’exister. Il était parfaitement viable, même si les ayatollahs et mollahs iraniens peuvent se révéler être aussi fourbes que les Américains. Il suffisait que l’AIEA mette les moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission de contrôle et de vérification, ce qu’elle faisait efficacement.

La dénonciation de ce traité par le Président Trump est abusive car les Iraniens, jusqu’à cette dénonciation, le respectaient. C’est l’Amérique, et seulement l’Amérique, qui porte la responsabilité de la fin de l’« Accord de Vienne ».

Pour s’en défendre, les Américains disent qu’ils voudraient une « amélioration de cet accord ».

Mais on ne peut « améliorer » que ce qui existe encore, pas ce qui n’est plus qu’en ruines.

Il n’y a pas de plan B pour le traité JCPoA et il est probable qu’il n’y en aura pas.

Les « sanctions » illégales et méchantes pour le peuple iranien imposées par l’Amérique n’auront pas sur celui-ci, qui a sa fierté, l’effet qu’elle en attend. Elles ne feront que renforcer sa volonté de résister à la « puissance du mal ». N’importe quel autre peuple sur la Terre en ferait autant. Ces « sanctions », que l’Amérique n’a en aucun cas le droit de prendre, constituent une agression.

 


Conséquence inéluctable de cette agression, les Iraniens reprennent la fabrication de leur bombe atomique. Ils en ont les capacités scientifiques, technologiques et industrielles. Ils l’auront donc bientôt en dotation. Ce n’est qu’une question de temps, qui pourrait ne pas être très long.

La détention de l’arme nucléaire par l’Iran sera considérée comme inacceptable par Israël, qui pourtant la détient, lui.

À un an de l’élection présidentielle américaine, le Président Trump ne peut pas se permettre de déclarer la guerre à l’Iran, comme son prédécesseur l’a fait à l’Irak en 2003. Déclarer la guerre c’est envoyer des troupes au sol. C’est inenvisageable. Mais des frappes dures et élargies sont possibles.

Trump ne peut pas non plus se présenter aux élections sans l’aval du deep state américain qui, pour l’essentiel, finance ces élections, d’un bord comme de l’autre. Sans ce financement il serait balayé. Et aux commandes de ce deep state il y a l’État désigné comme cible par les ayatollahs et les mollahs d’Iran quand ils auront leur bombe. Perspective tout aussi inenvisageable.

Dès à présent sont réunies les conditions d’une attaque américaine brutale et massive contre l’Iran, et pas seulement, peut-être, avec uniquement des armes non-nucléaires. Jours sombres en perspective pour la terre entière.

Robert Guillemard

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.