N’y a-t-il aucun rapport entre le meurtre des deux gendarmes et la suppression des peines plancher ?

« 15h30: INFO VAR-MATIN: le suspect de Collobrières a échappé à la prison la semaine dernière

Le suspect interpellé ce dimanche soir pour le meurtre des deux gendarmes de Collobrières serait Abdallah Boumezaar. Comme évoqué plus tôt ce lundi, cet homme né en 1982, décrit comme un colosse rasé de 1,80 mètre et pesant 90 kg, est « connu des services de police ». Il est même passé ce mercredi 13 juin devant le tribunal correctionnel de Toulon pour « violences commis sur un ascendant ». Il s’en était pris violemment à sa mère.

Les faits se seraient déroulés le 11 mai dernier à La Seyne-sur-mer. Cette dernière avait expliqué à la barre: « Mon fils devient fou dès qu’il boit de l’alcool. » Déjà connu pour des faits de violences, il était sous le coup de l’application de la peine plancher : deux ans ferme.

Le tribunal avait finalement écarté cette disposition et avait prononcé un peine mixte: six mois avec sursis, une mise à l’épreuve et une obligation de soins. Il avait ensuite été remis en liberté avec une interdiction de se présenter au domicile de sa mère.

Il ne s’agit pas du seul passé judiciaire d’ Abdallah Boumezaar. Orginaire de la cité Berthe, il avait aussi été condamné en 2002 à trente mois de prison ferme pour trafic de drogue. Il faisait parti d’une équipe d’une douzaine de jeunes gens de La Seyne, habitués de la revente de résine et de pollen de cannabis. »

Var-Matin.Com, publié le 18 juin 2012 15h16

Le 13 juin donc, le meurtrier des deux gendarmes, aurait dû être condamné à 2 ans de prison ferme au titre de l’application de la peine plancher pour les récidivistes.

Si cette disposition de loi avait été appliquée, nos deux gendarmes seraient en vie.

Le juge a décidé de déroger à l’application de la loi. Il en a le pouvoir : »le juge peut décider de déroger au système des peines plancher en se fondant sur les circonstances de l’infraction, la personnalité de l’auteur ou ses garanties d’insertion ou de réinsertion (articles 132-18-1 et 132-19-1 du Code pénal)« . Mais il doit dans ce cas justifier sa décision. Il serait intéressant de connaître les raisons de son refus d’application de la peine plancher et donc du choix qui a été le sien de laisser libre dans la nature ce récidiviste particulièrement violent, de le laisser libre de commettre d’autres forfaits.

« C’est avec une très grande émotion que j’ai appris le meurtre de deux femmes gendarmes, cette nuit à Colobrières », a déclaré le président de la République dans un communiqué, ajoutant : « A travers ce drame, c’est la République qui est atteinte« .

C’est vrai, la République est atteinte, mais tous les citoyens, et au premier chef les magistrats, les policiers et gendarmes savent que  Monsieur François Hollande, en janvier 2012, dans le cadre des « 60 propositions »de sa plateforme présidentielle s’est engagé à supprimer « les peines plancher ».

Les faits n’ont pas tardé, hélas, à mettre en évidence la stupidité criminelle d’une telle décision.

Jean Théron

image_pdfimage_print