Obama, le Président d’un des pays les plus endettés au monde, vient donner des leçons aux Grecs !

Le ballet des élites mondiales, depuis une semaine, non seulement nous étourdit, non seulement nous fait rire par les coups de théâtre et les réactions des uns et des autres, mais pousse à son paroxysme notre désir de nous révolter. En effet, la cerise sur le gâteau, c’est le dernier épisode, Obama-Zorro venu secourir les duettistes Merkel-Sarkozy devant l’impudence de Papandreou, osant, le bougre, affirmer vouloir consulter – certes tardivement – ceux qui l’ont élu sur le traitement qui va leur être réservé.
Quelle pièce à mourir de rire (on préfère ça aux larmes, même si le cœur n’y est pas) se joue à Cannes !
Nous voyons déambuler, les uns après les autres, les acteurs d’une pièce que personne n’aurait jamais pu inventer.
Il faut voir passer, avec son sourire de fausse naïve contente d’elle, la Présidente du FMI, son sac à main serré contre elle, de peur, sans doute, que Papandreou ne lui arrache sa cagnotte, afin d’obtenir les 8 milliards promis sans avoir à grimper, sous les huées, tout en haut du  mât de cocagne que lui imposent ses  chers collègues. Elle traverse la scène, tranquillement, le temps d’être sûre que tout le monde l’a vue et elle prend l’air grave de celle qui doit calmer un galopin pour imposer le veto du FMI à la Grèce et aux Grecs. Madame a décidé. Les Grecs n’auraient pas le droit au referendum sur le plan d’aide que les autres ont décidé, ils auraient juste le droit de décider de rester dans la zone euro et donc de dire oui, le pistolet sur la tempe, aux décisions d’autrui. Madame n’en finit pas de savourer son bonheur d’être le nouvel empereur du monde nouveau, envoyant partout ses satrapes, en Grèce, bien sûr, c’est entériné, aujourd’hui en Italie, comme cela vient d’être décidé, demain en Espagne et après-demain en France. Satrapes tous prêts à couper les têtes, bien entendu, de ceux qui n’accepteraient pas de travailler plus et de gagner moins pour que les marchés se portent bien !
Il faut voir Merkel, Sarkozy courant sur ses talons, jouer les Rottweiler et foncer, prête à mordre, dans la salle où le sort du monde doit se décider et en sortir la truffe au vent pour affirmer, elle aussi, que les Grecs ont tous les droits, naturellement, sauf celui de ne pas exécuter ses diktats.
Il faut voir Sarkozy omniprésent, s’agitant, trouvant tous les prétextes pour traverser la scène et serrer les mains des grands de ce monde, la tête désespérément tournée vers les journalistes.
Il faut voir les autres chefs d’État, rangés en rang d’oignon au fond de la scène, sourire plaqué sur leur visage grave,  attendre l’arrivée du cancre Papandreou.
Il faut voir Papandreou, galopin convoqué en Conseil de discipline, avancer à reculons, tête basse, s’attendant à se faire lyncher par ses collègues hostiles, et donnant l’impression d’utiliser son référendum comme une arme stratégique, internationale et nationale.
Enfin, il faut voir Obama, tel Superman, planer en sortant de sa limousine, et, gonflé d’importance,  tancer ces Grecs qui osent désobéir au nouvel ordre mondial dont il s’est proclamé l’arbitre sous les applaudissements de tous les pantins présents. Curieusement, ce dernier ne suscite plus aucune réaction de la part de la gauche bobo. Le fait que le président de la première puissance au monde soit métis changerait-il la nature des États-Unis pour autant ?
Il a quand même un sacré culot, Obama ! Le Président d’un des pays les plus endettés du monde – sa dette se monte à 92,9% du PIB  en 2010 – se permet de faire la leçon aux Grecs. Le Président du pays qui a tout fait pour que, en Europe, au nom de la mondialisation, on renonce à la souveraineté monétaire, aggravant l’endettement de nombre d’ États contraints d’emprunter sur les marchés internationaux et de vivre à crédit comme lui, qui vient sommer la Grèce de ne pas perturber le jeu pervers instauré ! Quel culot ! Quel culot ont ces Obama, Lagarde, Merkel et Sarkozy, représentants de la civilisation occidentale, d’oser dire aux Grecs « non à la démocratie », démocratie pourtant née en Grèce, qui pourrait y mourir définitivement ?
Il est vrai que le même s’était permis de tancer la France laïque, qui, comble de la dictature, osait légiférer contre le voile intégral, et sommait même l’Union européenne d’accepter au plus vite la Turquie islamisée dans ses rangs. De quoi se mêlait-il ?
Margaret Thatcher, imposant la libéralisation sauvage de toute l’économie britannique, avait cette formule devenue célèbre : « There is no alternative ».
C’est ce que Sarkozy nous a raconté il y a une semaine, en nous expliquant que l’accord sauvait l’euro, et le monde. C’est ce qu’ils essaient tous de nous vendre, relayés par nombre de journalistes aux ordres : « Mondialisation libérale, euro, libre échange, there is no alternative »
Ils se trompent. Il y a toujours une autre solution. Et quand les urnes ne permettent pas de la trouver, il reste la révolution…
Christine Tasin
Résistance républicaine

image_pdf
0
0