Occident contre Etat Islamique : les stratégies d’un inévitable échec

Publié le 18 septembre 2014 - par - 2 391 vues
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FoleyLa future campagne de l’Occident contre la bête dite islamiste (en vérité musulmane rigoriste) est par avance un échec. La leçon de l’Afghanistan n’aura donc servi à rien, qui démontre de la manière la plus limpide l’inutilité des opérations lointaines quand tous les éléments se regroupent pour faire de nos propres pays les théâtres d’opération d’une phase prochaine de la guerre.

Il fallait être singulièrement optimiste pour penser qu’une coalition militaire, certes puissante, lancée entre les montagnes lunaires et les plaines infinies du pays pachtoun, se suffirait à elle-même pour annihiler la tête de l’hydre terroriste poussée là-bas sous les traits de Ben Laden. On frappa fort jusqu’à un certain point au-delà duquel il fut décidé que l’on n’irait pas. Ainsi les chefs d’Al Qaïda furent-ils considérés de fait comme libres de se mettre à l’abri, les forces d’invasion cantonnées peu à peu dans des réduits imprenables, et, fatale erreur, les tribus pourtant ralliées à la Cause retomber, mois après mois, année après année, sous l’influence des Talibans. Lesquels, au bout de cette démission annoncée, se préparent à reprendre plus ou moins brutalement leurs positions principales provisoirement abandonnées il y a plus de dix ans.

Compter réduire le « Califat » par la seule force des avions et des drones tient du même pari stupide. Comment penser cela possible sur une surface équivalente aux deux-tiers de la France, voire davantage ? Qui plus est, la rodomontade occidentale annonçant quasiment la date de déclenchement du feu, sa topographie, sa méthode bientôt, tient de la commedia dell’arte autant que de la stratégie militaire. Nous sommes là devant du grotesque à l’état pur rehaussé par l’agitation moléculaire de la Cour journalistique. Il n’est de jour qui ne voie des Clauzewitz de bastringue, des Bonaparte de comptoir, des Césars de Folies Bergères nous expliquer le pourquoi du comment de ce que nous aurons l’indicible privilège de connaître par leurs bouches exclusives, certifiées conformes et auto-proclamées expertes.

Tout ce petit monde centré sur lui-même au point d’avoir totalement oublié qu’il ne vit en vérité que par la volonté d’un peuple considéré comme simple accessoire, s’apprête donc à entrer en guerre. Ca va saigner, sûr ! Et d’aucuns de beaucoup s’amuser : ceux-là mêmes, prêcheurs du Vendredi, cadres de l’UOIF et autres officines du Prophète, recteurs et imams, agents « ramadanesques » de toutes provenances, courroies de transmissions et petits télégraphistes bien-de-chez-nous, qui vont compter les coups à l’heure de l’anisette. Ces coups donnés par des gens décidément bien aimables, assez en tout cas pour pallier la totale incapacité du monde musulman à faire la police à l’intérieur de son propre corps. Quand le feu brûle les viscères, on se fout bien que le médicament ne soit pas halal !

Nous en sommes là. Et pour boucler la boucle, nos sociétés charitables offrent à l’assisté du moment le nid douillet au creux duquel il va élever ses petits à sa manière, avec interdiction d’aller fouiller dans les textes de son enseignement. Comme en Orient : un pas en arrière, deux en avant, au bout de la route, l’État Islamique sous une forme ou sous une autre. En aura-t-on suffisamment prévenu nos compatriotes ! Et paradigme du ridicule : l’habillage sémantique du cancer, récité-par-coeur d’un donjon médiatique à l’autre, sur ordre de censeurs apparemment satisfaits de leur trouvaille. Qui parlait, il y a peu d’une « fin de l’Histoire » ? Couillon, va !

Paix, amour et tolérance ; il nous est fait obligation de nous enfoncer ça dans le crâne. Me souvenant des 90 Français tués en Afghanistan, je serais infiniment triste qu’un seul de plus paye de sa vie l’aventure qui se prépare aux frontières de la Turquie (futur limès de l’Europe ?), au nom de ce mensonge-là.

Alain Dubos

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