Odieux article, dans Oumma.com, contre Sihem Habchi

Sihem Habchi, est l’actuelle présidente du mouvement « Ni putes ni soumises ». A ce titre, et alors que la lutte féministe a perdu de son lustre des années 1970, elle est une des trop peu nombreuses voix de femmes qui parvient à se faire entendre dans les médias. Parmi ses interventions, on peut évoquer son soutien aux femmes victimes de l’obscurantisme dans le monde et sa lettre au président de la République, en 2008, pour lui demander de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes la grande cause nationale.
Son intervention devant la commission parlementaire sur le voile intégral (1), en septembre dernier, fut magistrale ; l’émotion qu’elle ressentit lors de son audition fut poignante et communicative ; elle sut trouver les formules justes pour dénoncer le piège du relativisme culturel, le laxisme ou l’hésitation des pouvoirs publics, l’assignation des quartiers populaires à la loi du silence, et le fait que «les institutions ne nous ont pas tendu la main, elles nous ont tendu le voile». De façon lyrique, je dirai que si le mythe d’une Jeanne d’Arc républicaine (2) s’incarnait aujourd’hui, ce serait à travers les traits et les pensées de cette femme remarquable d’intelligence et de courage.
Toutes ces qualités républicaines et citoyennes ne lui sont toujours pas pardonnées par les haineux adeptes de l’emprisonnement mental de la femme. Le dernier exemple en est l’odieux article paru dans le journal en ligne oumma.com, le 24 avril (6).
Oumma.com se présente (3) comme « le premier site de l’Islam francophone sur internet par son taux de visite/jour et sa qualité rédactionnelle. Il bénéficie d’un immense prestige auprès de la communauté musulmane francophone dans le monde ». Cette qualité rédactionnelle que ses rédacteurs invoquent se veut accréditée par une « équipe [qui] est composée de personnalités dont la situation professionnelle est diverse (professeurs d’université, cadres supérieurs, chercheurs, ingénieurs, journalistes…) ». Y collaborent (ou ont collaboré) aussi des sociologues, journalistes islamophiles comme Vincent Geisser, Raphaël Liogier de l’IEP d’Aix, Xavier Ternisien du Monde ou des altermondialistes comme José Bové. Au vu du torchon évoquant notre chère Sihem, l’invocation d’une soi-disant qualité rédactionnelle est pourtant burlesque. De toute façon, cette prétention-ci a déjà été remise en cause par des accusations de racisme, énoncées dans Wikipedia (4).
On comprend mieux ainsi pourquoi ce texte odieux exhale les pires relents de la pensée d’extrême-droite des années 30 et de la période de l’occupation, cette odeur d’immondices des journaux « Je suis partout », du « Franciste », de « La Gerbe », cette logorrhée graphique irréfléchie des Rebatet, Alphonse de Châteaubriant, Pierre-Antoine Cousteau. Ces sinistres individus avaient tout au moins le courage de signer leur article, ce qui n’est pas le cas du plumitif (terme affectionné des fascistes) d’oumma.com, qui finalement ne fait que se singulariser par sa lâcheté et sa bêtise.
Bêtise ou provocation bêtifiante. Bêtise s’il pense sincèrement ce qu’il affirme ; provocation bêtifiante, si ses dires relèvent d’une stratégie. Celle-ci consistant à rejeter les accusations dont on est l’objet sur l’accusateur. Sur le mode de ces enfants qui récitent « c’est celui qui le dit qui l’est, na na na ! » Qu’on en juge. Ce défenseur de la conception d’une femme musulmane soumise à son mari et aux injonctions du coran ose qualifier Sihem de potiche façon beurette émancipée, qui jouerait un rôle de figuration. Nous lui conseillerons donc d’observer ces réelles potiches qui marchent plusieurs pas derrière leurs maris, et qui pour toute réponse à des questions qu’on leur pose, se contentent soit de laisser répondre leur mari, soit, dénuées de tout esprit critique, répondent la leçon bien apprise depuis l’enfance à l’école coranique.

Inculte, aliénée, clownesque, personnalité inconsistante, vitupératrice sont les expressions mensongères employées à l’encontre de Sihem. Traiter d’aliénée quelqu’un qui s’emploie à briser les chaînes de la tyrannie totalitaire dans laquelle sont embrigadées nombre de jeunes filles musulmanes est du plus haut comique ; et il lui faut indéniablement de la personnalité pour prendre tous ces risques, en s’exposant comme elle le fait face au flot d’injures dont elle est victime, à l’image de ce texte d’oumma.com ; sans parler des risques physiques potentiels. Clownesque : j’emploierai plus volontiers ce terme à propos des adeptes quotidiennes du voile et de la burqa. Vitupératrice ? Il suffit à nos lecteurs de consulter la vidéo ci-jointe (1) pour constater l’inanité de cette accusation puisque Sihem s’oppose fermement mais sans violence aux tentatives d’avancées islamistes. Les vitupérations se situent en fait du côté des imprécateurs de notre mode de vie.
Sinon, par son attachement à nos valeurs républicaines, Sihem est « cantonnée dans le grotesque ». Il est vrai que dans son égarement, l’auteur estime que ceux qui sont aux côtés de Sihem, méprisent les valeurs républicaines ! Quelle logique ! Les républicains mépriseraient les valeurs républicaines. Bientôt, il nous dira que ce sont les gens de son genre qui sont les vrais défenseurs de la république. Bienvenue au petit théâtre du renversement lexical. Toujours dans le renversement du sens des mots, proclamer son attachement aux idéaux républicains s’apparente pour lui à un sermon. Cette personne a vraiment un magnifique sens de l’humour … involontaire.
Nous constaterons aussi la misogynie de notre embrouilleur puisqu’il assimile les femmes militantes de l’émancipation féminine à des commères ridicules et jacassantes. Enfin sa simagrée pseudo-discursive est complétée par l’inévitable complainte victimaire puisqu’on « [vitupère] sans ménagement contre les filles issues de l’immigration post-coloniale ».
Le site Oumma.com nous affirme « [travailler] également à la réduction des perceptions négatives du fait musulman en France car cette partie de la population […] a droit […] à une image valorisante » (3). Ce n’est pourtant pas la lecture de tels articles qui lui permettra d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Car nous pouvons espérer que l’appel nominatif à la haine d’autrui n’est pas une valeur des acteurs de oumma.com.
Est-ce pour cela que cet article a disparu de leur site ? Paru le samedi 24 avril, je l’ai lu sur leur site le lundi 26 ; choqué par son contenu, et décidé à faire en réaction le présent article, je suis retourné sur leur site le mercredi 28 au soir, et il n’apparaissait alors plus. Après des recherches assez rapides, j’ai pu le retrouver sur le site français d’aficionados du sympathique criminel de guerre palestinien cheikh Yassine (5). Inquiétant de savoir que ce texte puisse être livré à la vindicte de ces sectateurs.
Sinon, pourquoi cette disparition du site de oumma.com ? Crainte d’être attaqué en justice pour diffamation ? Crainte que leur désir de revendication de rigueur rédactionnelle soit pris en défaut ? Dissension au sein de l’équipe rédactionnelle entre une partie extrémiste, et l’autre plus prudente ? En tout cas, le mal est fait, et leur volonté de salir la méritante Sihem auprès de leurs lecteurs a été entreprise. Par cette infamie, c’est en fait oumma.com qui s’est sali auprès de tous les démocrates.
Sihem Habchi, je vous remercie encore vivement de votre dévouement en faveur de la cause laïque, et particulièrement de votre admirable communication auprès de la commission parlementaire. Je vous fait part de mon soutien et de celui de Riposte Laïque contre cette bêtise humaine qui vous a agressée.
Jean Pavée
(1) http://www.droitdesreligions.net/actualite/nouvelleactu/septembre_2009/020.htm (le texte de son intervention)
http://www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/voile-integral/voile-integral-20090909-1.asp (la vidéo)
(2) J’utilise ici Jeanne d’Arc, bien sûr, en tant que symbole d’une femme qui se révolte et réagit face aux lâchetés des hommes de son temps (Charles VII et son entourage), et qui par son énergie et son charisme, finit par les entraîner derrière elle. Elle n’est pas à considérer comme le symbole de la monarchie, de l’Eglise, de l’extrême-droite ou même de la III° République qui la récupère à des fins nationalistes.
(3) http://www.oumma.com/Identification-du-site-Oumma-com
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Oumma.com
(5) http://soutien-palestine.blogspot.com/2010/04/la-presidente-de-ni-putes-ni-soumises.html
(6) Lien de l’article: http://oumma.com/La-presidente-de-Ni-putes-Ni
Le texte intégral
La présidente « de Ni putes Ni soumises » cantonnée dans le grotesque
publié le 24 avril 2010 sur le site oumma.com
« Reléguée dans sa conciergerie, tel un automate attendant désespérément d’être actionnée, Sihem Habchi la présidente du groupuscule de commères ridicules de « Ni putes, Ni soumises », a eu de nouveau l’occasion de jouer les potiches façon « beurette émancipée » , un rôle de figuration dans lequel ses sponsors l’ont définitivement cloîtrée.
Ces derniers lui ont en effet intimé l’ordre de régurgiter, séance tenante, son boniment habituel sur la femme libérée version « libérale-libertaire », pour approuver sans réserve le projet de loi, cher à Sarkozy, visant une interdiction générale du port du voile intégral dans tout l’espace public.
Mais à la différence de ses précédentes jacasseries, l’inculte Sihem Habchi, plus aliénée qu’elle ne l’imagine, a dû satisfaire à une autre commande de ses parrains, toujours plus exigeants quand il s’agit de lui ordonner de vitupérer sans ménagement contre les filles issues de l’immigration post-coloniale, qui refusent de se soumettre au modèle féministe parachevé dans les salons parisiens.
En bonne exécutante de la stratégie de communication définie par ses tuteurs, Sihem Habchi s’est coiffée d’un « bonnet phrygien » pour compenser la vacuité de son sermon, au son d’un slogan répété en boucle sur tous les plateaux télés : « Je préfère ce bonnet à la burqa ».
Outre que le ridicule est une caractéristique majeure de sa personnalité inconsistante, les talents clownesques de Sihem Habchi, conjugués à un haut degré de soumission, ne semblent pas avoir encore atteint toutes leurs limites, et pourraient nous réserver d’autres mises en scène tout aussi grotesques et affligeantes.
Au rythme où ses mentors, qui méprisent les valeurs républicaines qu’ils prétendent défendre, élaborent les plans de désinformation de l’opinion, il n’est pas exclu que la présidente de « Ni putes, Ni soumises » s’invite au journal de 20 heures de TF1, pour nous expliquer qu’elle préfère la soumission à la pensée dominante, tellement plus porteuse socialement et médiatiquement, mais cette fois-ci chapeautée d’un très seyant « bonnet d’âne »! »

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