Offensive contre l’halalisation dissimulée : bravo pour toutes vos initiatives !

Je suis agréablement surpris par l’ensemble de vos réactions concernant mes articles sur la « halalisation » (1). Piètre organisateur, je ne pensais que vous reprendriez le flambeau avec autant de vigueur, non seulement verbale, mais opérationnelle par de nombreuses initiatives sur le terrain.

Il me suffit donc de reprendre ici vos actions et de les commenter. J’ai tâché de répondre personnellement à chacun et chacune, et je vous prie de m’excuser si j’ai oublié quelqu’un. Mais chacun retrouvera son message ici.

Nota bene : depuis la rédaction du présent texte (dimanche 15 avril), j’ai reçu de nouvelles réactions. Je les traiterai dans un prochain article pour ne pas trop alourdir celui-ci et vous laisser le temps de le digérer.

Je passe sur les compliments contenus dans les messages. Non seulement par modestie, mais surtout parce que j’ai souvent fait moins de travail de terrain que mes correspondants.

Mac-Do

Fabienne nous fait part de ses difficultés à obtenir des informations de la part de Mac Donald : « Avons déjeuné dans un Mac Do a Libourne avant hier, j’ai demandé les no d’abattoirs, il a fallu que je redemande avant notre départ puisque malgré ma demande et l’engagement de me donner l’info rien de m’avait été transmis. Au final puisque j’ai insisté, il m’a été répondu que je devais faire ma demande a Mac do France qui seul avait la réponse. Ce qui sous entendrait que la viande arrive en carton neutre sans aucun code, ou ce qui sous entend que ce genre de demande les déstabilisent ? Ce week end je fais un mail a Mac do France. »

C’est un problème récurrent avec les grandes chaînes de restauration, rapide ou non. Donc persévérez, Fabienne, écrivez à « Mac do France » ! Vous nous signalez par ailleurs que vous avez plus de succès avec « un Lycée agricole et une petite cantine scolaire » dont vous avez « les codes » des abattoirs. Nous attendons que vous vérifiez, que vous nous teniez au courant, et comme vous le dites, « si il y a le moindre doute il me sera facile d’alerter les parents ».

Charal et plats préparés

Aziliz nous écrit :

« J’ai envoyé un email à la société CHARAL, tout comme vous avec CARNIVOR, pas de réponse.
J’en ai envoyé un autre aux fermiers landais, attendons.
Là-dessus, une autre question est venue me titiller les méninges: Quid des produits préparés ? Genre Hachis Parmentier, Lasagnes bolognaises etc.
Alors, j’ai repris le chemin de deux magasins et j’ai ausculté soigneusement plusieurs produits.
Aucune indication de quelque sorte concernant la provenance ou l’abattoir dont ces produits sont issus. Donc, dans le doute … abstiens-toi. Donc quand je manque de temps, je ne prends que des produits préparés poisson ou porc.
Toutefois, il me parait que nous devons être précautionneux. En effet, il serait fort triste et dommageable pour nos éleveurs de bovins, ovins, volailles etc qui souffrent déjà beaucoup de la malhonnêteté de la filière des abattoirs et de la grande distribution, qu’un boycott massif les pénalisent encore plus. Je sais qu’ils n’ont pas la maîtrise des abattoirs pour des raisons de coût de transport, de matériel et autres.
Ne serait-il pas utile que nous tentions, tous ensemble, de trouver des moyens de sanctionner les industriels fraudeurs sans « faire payer » les éleveurs. »

Le cas des produits préparés est effectivement problématique, puisque les étiquettes ne signalent même pas les code abattoirs des animaux qui ont servi aux préparations. Il faut donc écrire aux fournisseurs pour exiger cet étiquetage minimal.

« Comme à la boucherie »

Chantal a interrogé les établissements « Comme à la boucherie » de Rungis, n’arrivant pas à trouver de leur part une garantie « non casher et non halal ». Voici leur réponse in extenso :

« Bonjour Madame,
Merci pour l’intérêt que vous portez à notre service.
Nous sommes une société familiale, installée dans les Halles de Paris (puis dans celles de Rungis) depuis 1956, soit trois générations successives. À ce titre, nous souhaitons par-dessus tout promouvoir les traditions bouchères et gastronomiques Françaises, nous n’avons donc aucunement vocation à vendre de la viande Halal sur notre site et dans notre boutique.
Cependant, comme vous le savez peut-être, il n’y a aujourd’hui aucune obligation légale pour les abattoirs d’étiqueter une viande halal en tant que telle. Par conséquent, même si la grande majorité des viandes halal sont exclusivement distribuées dans le circuit des boucheries et industriels commercialisant des produits certifiés halal, il peut arriver que des reliquats soient écoulés dans les circuits traditionnels. Cela ne représente bien entendu qu’une infime partie des produits distribués par notre groupe. Le problème est malheureusement le même pour la très grande majorité des bouchers, qu’ils soient bouchers traditionnels ou qu’ils fassent partie de la grande distribution. Notre branche professionnelle souhaite donc voir devenir obligatoire l’étiquetage halal des viandes.
Pour résumer, en commandant sur notre site, je peux vous garantir que vous recevrez des morceaux de qualité, sélectionnés et découpés avec soin dans le respect des traditions françaises. Pour autant, je ne peux malheureusement pas vous garantir que tous nos produits sont garantis non casher et non halal. Quoi qu’il en soit, les produits « premium » que nous vendons (boeuf Salers, Agneau fermier, volailles Label Rouge …) ne sont pas halal ni casher
En vous remerciant de m’avoir lu, je vous souhaite une excellente fin de semaine et reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
Bien cordialement,
Olivier Hameau
Comme-a-la-boucherie.com
17, Rue du Poitou .Bâtiment D8 . PLA 397
F-94619 RUNGIS CEDEX
Tel : 01 56 30 35 35 »

Voilà qui a le mérite de la franchise, et de la confirmation du recyclage de viande halal comme non-halal. On attend donc que « Comme à la boucherie » nous aide dans un étiquetage plus clair et pas seulement sur leurs produits « premium ».

Chantal nous signale par ailleurs : « Au Raincy (en Seine st denis) un boucher affiche sur son comptoir les références des abattoirs cela prouve que les gens posent des questions. La marque Carrefour a téléphoné pour répondre à la même question sur les produits « grand jury », (réponse très vague…) mais au moins ils ont donné suite. Je vais réessayer Charal, ils ont peut-être effacé mon mail par erreur ! »

Mousquetaires et Jean Roze

Une autre Chantal a obtenu les réponses suivantes de la Sélection des Mousquetaires :

« Madame,
Vous avez appelé le service consommateurs des produits de la Sélection des Mousquetaires concernant les steaks Le Tendre JEAN ROZE.
La réglementation n’impose pas de spécifier sur les produits le mode d’abattage des animaux. Les différents modes d’abattage n’ayant pas d’incidence sur la qualité sanitaire et organoleptique des produits, aucune exigence n’est demandée à nos fournisseurs de matière première. Concernant les matières premières utilisées pour les steaks hachés surgelés JEAN ROZE, nous ne pouvons confirmer si oui ou non les produits contiennent de la viande issus d’animaux abattus selon le rituel halal ou casher.
Espérant avoir répondu à votre demande,
Cordialement
Catherine BERNHARDT
Service Consommateurs »

Autrement dit, cette réponse se moque totalement de nos arguments de consommateurs « non-halal ». La viande a le même goût, donc exit laïcité, e-coli, vente forcée et autres arguments. Arguments rappelés par Chantal, qui attend toujours des explications valables et respectueuses :

« Madame Bernhard
Un grand merci pour votre réponse claire. Il me semble que nos élus doivent, en collaboration avec les sociétés grossistes en viandes réfléchir à la traçabilité sur le mode d’abattage ceci pour 2 raisons.
– il n’est pas normal que des gens financent des cultes à leur insu en consommant de la viande dans une République laïque.
– il n’est pas normal que l’abattage rituel, correspondant à des fondamentalismes religieux, devienne, une norme qui peut ne pas convenir à l’éthique personnelle d’autres personnes. Plusieurs pays en Europe ont déjà interdit cette forme d’abattage.
Quant à l’aspect sanitaire, les vétérinaires ont attiré l’attention des ministres sur les risques de pénétration des E Coli si l’animal n’est pas étourdi… (Bol alimentaire revenant sur la viande, par retour du bol alimentaire ou par sectionnement de l’œsophage) ) La société Soviba a du régler une affaire de cet ordre il y a quelques années en 2005 ou 2006
il faudrait donc à minima indiquer clairement le mode d’abattage pratiqué de manière à ce que chacun puisse acheter en pleine connaissance, la viande qui lui convient. Je souhaite que votre maison s’inscrive dans cette démarche , et en attendant je vais orienter mes achats de viande d’une autre manière. Merci encore pour votre réponse. »

Courtepaille


Chantal a aussi interpellé les grills Courtepaille, bien connus dans nos centres commerciaux et sur les aires d’autoroutes. Voici leur réponse :

« Evry, le 29 février 2012
Chère Madame,
Votre message nous est bien parvenu et nous vous remercions pour votre fidélité à Courtepaille.
Pour répondre à votre question, nous vous informons que Courtepaille s’approvisionne auprès de bouchers référencés situés en Province. Leurs approvisionnements proviennent, exclusivement, d’abattoirs classés niveau II qui pratiquent très majoritairement l’abattage traditionnel et, pour certains et à certaines périodes, l’abattage rituel.
En l’absence de législation stricte sur la traçabilité du processus employé, nos bouchers ne peuvent exclure que certains morceaux puissent provenir de bovins abattus selon un rituel.
Depuis toujours, notre priorité est de servir des viandes avec la meilleure qualité et, selon les professionnels interrogés, la méthode d’abattage n’a pas d’incidence sur la qualité de la viande. D’autre part, Courtepaille serait favorable à une traçabilité sur le mode d’abattage.
Dans le cadre de la traçabilité des viandes bovines, l’affichage à disposition dans chaque restaurant indique les pays de naissance, d’élevage et d’abattage.
Votre fidélité à Courtepaille nous laisse espérer conserver votre confiance et dans l’attente de vous accueillir et de vous satisfaire, nous vous prions d’agréer, Chère Madame, l’expression de nos sentiments distingués.
Josiane CUGNART
Service Clients
01 69 47 66 24
client@courtepaille.com »

Donc « la méthode d’abattage n’a pas d’incidence sur la qualité de la viande », et exit sur tous nos autres arguments ! Mais « Courtepaille serait favorable à une traçabilité sur le mode d’abattage », donc nous attendons qu’ils le fassent, et ils pourraient le faire immédiatement grâce aux listes de l’OABA !

Chaîne de restaurants « La Boucherie »

La même lectrice a reçu la réponse suivante d’une autre chaîne de restaurants :

« Je reviens vers vous suite à votre demande du 27 Février 2012.
La chaîne des restaurants « La Boucherie » s’approvisionne exclusivement auprès d’une unité industrielle du groupe qui achète les carcasses d’animaux auprès des plus grands abattoirs français et européens. Tous ces abattoirs pratiquent à la demande expresse de leurs clients les divers abattages rituels.
Pour notre part, l’ensemble de nos fournitures ne fait l’objet d’aucune demande en la matière et nous n’envisageons pas de modifications dans l’avenir.
Nous partageons avec vous, la plus extrême préoccupation sur le bien être des animaux, y compris dans le cadre de l’abattage et sommes très attentifs aux conditions de celui-ci.
Chacune de nos viandes fait l’objet d’une procédure de traçabilité permettant de suivre nos matières premières depuis votre assiette jusqu’au DAB (Document d’Accompagnement Bovin), sorte de carte grise industrielle attribuée à chaque bovin adulte, permettant ainsi de s’assurer du parcours de chaque animal. Ce document accompagne chaque bon de livraison et est soumis aux contrôles des autorités de tutelle (ministère de la santé et ministère de l’agriculture). Il n’est naturellement pas destiné au grand public. Néanmoins, conformément à la législation, nous affichons l’origine de nos viandes sur un tableau dédié à l’entrée de chacun de nos établissements.
En espérant avoir répondu à vos attentes,
Veuillez recevoir, Madame, nos sincères salutations.
Sophie SOUHARD
Service Client
P°/ Mr Jean Jacques LABRUNIE
Directeur Général délégué Distribouch »

Donc voilà une entreprise qui montre « la plus extrême préoccupation sur le bien être des animaux » mais qui moque que ceux-ci soient abattus « rituellement » ou non.

Et le porc dans tout ça ?

Une réaction qui dénote est celle de Nicole, qui malgré de nombreux encouragement pour nos actions, nous dit que : « Mais je crois qu’il [Roger Heurtebise] se trompe quand il dit que le porc est à l’abri de ces horreurs halal. On me dit que dès qu’un abattoir s’est organisé techniquement pour une forme d’abattage, toutes les bêtes sont exécutées de la même manière, et c’est aussi vrai pour la volaille.
Je vais continuer mon enquête, bien que les langues se délient difficilement. Les bouchers ont peur de perdre leur clientèle et mentent. Les petits abattoirs sont probablement condamnés à être tout halal pour cause de rendement. Peut-être quelques grands peuvent se permettre deux départements distincts, mais ce doit être coûteux donc …rare. En attendant, mieux vaut savoir que le cochon n’est pas épargné. »

D’accord pour les volailles, quasiment toutes abattues « halal » selon les rapports du ministère de l’Agriculture. Mais pour les cochons ça m’étonne davantage, puisque les musulmans pieux tiennent absolument que leur viande « sacrée » ne soit pas mélangées avec la moindre cellule porcine, même celle qui pourrait traîner dans un abattoir « mixte ». Donc continuez votre enquête, Nicole, et je suis heureux que vous constatiez comme nous que « les langues se délient », même « difficilement ». Pour ma part j’ai discuté assez librement avec des bouchers et des employés de supermarchés, et s’ils reconnaissent qu’ils ont menti, ils promettent généralement de ne plus le faire.

En conclusion

Nos actions (et celles de bien d’autres sites et organisation) commencent à porter leurs fruits, malgré une nette réticence hypocrite des grandes entreprises du secteurs, comme le montre les réponses que vous avez obtenus. Il faudra donc insister pour que les promesses deviennent des actes. Et n’oubliez pas les trois outils essentiels :

1. La liste de l’OABA des abattoirs « ni halal ni casher » : http://www.oaba.fr/pdf/reglementations/liste_abattoirs_classiques7.pdf

2. La même liste réduite aux seuls codes des abattoirs : https://ripostelaique.com/wp-content/uploads/2012/04/codes_abattoirs_ni-halal-ni-casher-7.pdf

Rappelons que ces listes ne concernent ni les volailles ni les lapins !

3. L’application très facile à embarquer et à utiliser sur votre smartphone : http://www.verifiez-abattage.fr/

Pour terminer, on me signale enfin un « clip de campagne » de Marine Le Pen sur le halal, reprenant l’ensemble de nos arguments et avec de vraies solutions à l’appui. Et il faut bien reconnaître que c’est la seule candidate qui a osé aborder le problème, alors que même Nicolas Dupont-Aignan balaie allègrement cette question…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=MIR3bnNE7YQ[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=MIR3bnNE7YQ

Et plus nous agirons, et plus nous réagirons, et plus d’autres politiques devront prendre le taureau halal par les cornes pour lui faire le sort qu’il mérite. Halte à la halalisation, composante essentielle de l’islamisation et de la chariatisation !

Merci à tous et toutes, et que celles et ceux que nous avons oublié de citer ou de remercier nous pardonnent et se rappellent à nous !

Roger Heurtebise

(1) Articles déjà parus :

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