Stone : conversations avec Monsieur Poutine, suite et fin

Publié le 30 juin 2017 - par - 6 commentaires - 915 vues
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Dans cette seconde et dernière partie des Conversations avec Monsieur Poutine, Oliver Stone aborde les sujets qui fâchent, mais avec une correction de ton dont devraient s’inspirer les chiens enragés de la meute médiatique française, entre autres.

D’abord, c’est la crise en Ukraine. Au-delà de l’hystérie occidentale, Vladimir Poutine la replace dans son contexte. Il parle des « privatisations encore plus sauvages qu’en Russie » après son indépendance, de la corruption et d’un enrichissement immoral, d’une paupérisation record, toutes choses qui, ensemble, ont été le « principal moteur des tous les événements récents ». Il évoque aussi la rupture brutale des accords commerciaux entre la Russie et l’Ukraine, cette dernière allant se jeter dans les bras de l’Europe, l’hydre qui se joue des peuples.
Le président russe affirme que les fameux snipers de la place Maïdan à Kiev, qui avaient tiré sur la foule en février 2014, n’étaient pas des pro Russes. Il déclare qu’ils auraient même été entraînés en Pologne, reprenant les propos de l’eurodéputé Janusz Korwin-Mikke : « Maïdan, c’est notre opération. Je siégeais au Parlement européen à côté du ministre estonien des Affaires étrangères, Urmas Paet. Dans un entretien avec la chef de la diplomatie européenne de l’époque, Catherine Ashton, ce dernier a reconnu que c’étaient nos gens qui en réalité avaient tiré sur la place Maïdan, et non ceux du président russe Vladimir Poutine ou de l’ancien chef de l’État ukrainien Viktor Ianoukovitch. »

Complotisme de Vladimir Poutine, diront certains. Parce que la vérité est toujours du côté du camp du Bien, comme pour les armes de destruction massive en Irak ! Plus vraisemblablement, ces groupes de combat visaient un but : briser les liens entre l’Ukraine et la Russie. « C’était un coup d’État armé et rien d’autre », explique Poutine, qui évoque aussi l’ingérence américaine, notamment avec la tournée de John McCain sur place ou le soutien de George Soros, lequel est de tous les mauvais coups.

Quant à la Crimée, le locataire du Kremlin rappelle que « ce sont les habitants qui ont décidé de rejoindre la Russie », ajoutant que 70% d’entre eux se considéraient comme Russes et que 90% d’entre eux ont participé au référendum. C’est mieux que les dernières législatives françaises !
Poutine se penche ensuite sur les milliers de Russes engagés avec Daech, ce qui balaie cette idée reçue selon laquelle son intervention en Syrie ne viserait que les « vertueux » opposants à Bachar el-Assad. Lui aussi est concerné par le terrorisme international, qui frappe cruellement son pays, et que les dirigeants occidentaux ont longtemps laissé prospérer.

Puis vient le gros morceau : les États-Unis. Le président russe les accuse de relancer la course aux armements, ce qui ne s’inversera sans doute pas avec l’administration Trump. À la question : « Qu’est-ce qui va changer [avec Trump] ? », la réponse est immédiate : « Presque rien. »

Il parle du manque de discernement concernant l’Irak ou la Libye, ajoutant : « Nous sommes clairement opposés à ce que le scénario se produise en Syrie. » Cela dit sans illusions sur le pouvoir syrien. Mais de deux maux, il faut choisir le moindre. Il prévient aussi : « Nous défendrons toujours notre territoire. »

Au sujet des accusations de piratage et d’interférence pendant la campagne présidentielle américaine, Poutine est formel : les hackers n’ont pas eu un impact déterminant et surtout, ils n’ont pas été téléguidés par le pouvoir russe. L’élection de Trump, précise-t-il avec raison, il faut la voir du côté d’une politique américaine qui ne s’est pas souciée des laissés-pour-compte – lesquels représentent des millions chez l’Oncle Sam. On pourrait aussi supposer que le pays de Microsoft, IBM, Google, Facebook, etc., est peut-être en mesure de se défendre contre des cyberattaques ! Ou bien sont-ils trop occupés à travailler pour la NSA, qui espionne le monde pour son bien, paraît-il ?!

Fort à propos, Oliver Stone parle de l’ingérence américaine lors de la campagne électorale russe de 2012.
Ce sont là deux systèmes résolument antagoniques : d’un côté l’Amérique et ses suiveurs ultralibéraux et de l’autre, une patrie qui revendique son histoire et ses traditions. Comme le suggère leur président, les russes méritent pourtant mieux que du mépris ou de la haine. « La Russie est un pays millénaire. »

Quand on lui parle de Staline, Poutine n’omet rien, tout en rappelant que Cromwell et Napoléon n’étaient pas non plus des saints. Pour autant, il semble que ce soit devenu un sport de noircir la Russie.
Pour conclure, il insiste sur le fait que sa « tâche était de séparer l’argent et le pouvoir » et « de réduire l’écart entre les plus riches et les personnes à petits revenus », ce qui est aux antipodes de l’Europe et des États-Unis.
Sachant combien les oligarques occidentaux le détestent, Poutine, avant de partir vers ses obligations, remercie le réalisateur pour sa « persévérance », prophétisant : « On vous fera souffrir pour ce que vous avez fait. »
Oliver Stone n’est pas journaliste, mais il a fait le travail qu’ils ne font plus, ce qui est, pour la mafia mondialiste, impardonnable.

Charles Demassieux

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Notifiez de
Romanin

J’ai suivi, j’ai aimé, même la poignée de main finale. Merci à Rance 3 d’avoir osé faire son travail. Merci monsieur Demassieux pour ce compte-rendu

Oeil de Lynx

Poutine à l’Elysée!

pauledesbaux

oh OUIIIII

Chantal

La légende du football mondial, Diego Maradona, estime que Vladimir Poutine est un «homme de paix»

Véritable icone sportive, Diego Maradona, n’a pas hésité à louer les qualités du président russe, Vladimir Poutine. Il a également estimé que l’Amérique latine subissait une pression croissante de la part de la droite et des Etats-Unis.

https://francais.rt.com/international/40423-star-football-mondial-diego-maradona-estime-vladimir-poutine-homme-paix

Chantal

Merci pour cette conversation, M. Poutine

Bruno Guigue·vendredi 30 juin 2017
 
C’est un événement. Pendant quatre heures, les Français ont pu regarder sur France 3 les “Conversations avec M. Poutine” du cinéaste Oliver Stone. suite :

http://by-jipp.blogspot.fr/2017/06/merci-pour-cette-conversation-m-poutine.html

Chantal

I-Média : Macron Poutine : guerre des propagandes TV. LIBERTES
Conversation avec Poutine, le documentaire d’Oliver Stone diffusé sur France 3 fait scandale dans la presse. Les médias ont dénoncé un “film de propagande” montrant un président à l’aise, souriant et blagueur. Pour les inquisiteurs de la pensée unique, ce documentaire « sert la soupe à Poutine » : Oliver Stone ne pose aucune question qui fâche, il apparait comme un fan inconditionnel du président russe.
Hasard du calendrier ? Dans la même semaine, France info a diffusé une vidéo de propagande pro Macron exemplaire : voix off mielleuse, musique doucerette… pour France Info, à Bruxelles la macromania est en Marche. Un parfait « deux poids deux mesures ». https://fr.novopress.info/206731/i-media-macron-poutine-guerre-des-pro