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On a encore eu peur de stigmatiser les musulmans

« Nous avions espéré une montagne, mais elle a accouché d’une souris », c’est de cette loi que l’on nous avait annoncée « contre le séparatisme » dont il s’agit.  

En deux mots : on a, une fois de plus, eu peur de « blesser » les islamistes, d’avoir l’air de stigmatiser les musulmans, dans une période où il est particulièrement nécessaire de bien faire attention à ce que l’on dit, à ce que l’on fait et si, chez nous en France (car ce n’est pas le cas dans d’autres pays, notamment la Turquie, l’Iran, etc.) certains appliquent ces précautions c’est bien le président de la République, Emmanuel Macron, et ses ministres. 

Ceux qui nous dirigent actuellement veulent, paraît-il, réformer l’islam afin de le rendre plus compatible avec les valeurs de la République, ou plutôt, comme le préciserait Éric Zemmour, avec les valeurs de la France, mais ce ne sont que des phrases non suivies d’actes précis et j’en veux pour preuve que les musulmans réformistes, ceux qui réellement veulent reformer l’islam, ne sont jamais consultés en France. 

« Vouloir réformer l’islam n’est pas une nouveauté, mais une réalité multiséculaire de l’histoire islamique ». 

Tant que le chef de l’État et son gouvernement auront pour principal interlocuteur le CFCM (Conseil français du culte musulman), le problème continuera à se poser car le CFCM est une institution totalement sous influence étrangère, sous l’influence de l’Algérie, du Maroc et de la Turquie, et cela ne peut en aucun cas favoriser l’émergence « d’un islam de France ». 

Et ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais le première « imame » femme de France, Kahina Bahloul, née à Paris en 1979, reconnue comme une islamologue soufiste et qui a fondé l’association culturelle « La mosquée de Fatima ». Elle est l’une des figures emblématiques de l’islam libéral « qui prône une nouvelle lecture du Coran ». Ce qui, l’on s’en doute, lui vaut insultes et menaces de la part de ceux qui n’ont pour seul objectif que d’imposer « leur islam en France ». (Reportage sur « France 24 » ce dernier mercredi). 

L’arrivée du « wahhabisme » a produit le salafisme et le djihadisme et a mis en place une idéologie « takfiriste » : « Tous ceux qui ne sont pas sur sa ligne et sa loi religieuse sont considérés comme des ennemis car ils sont en dehors de l’islam ». 

Il s’agit là d’une ligne idéologique entre musulmans, dont ils sont les premières et très nombreuses victimes partout dans le monde. 

Le « soufisme » est réputé pour sa pratique tolérante de l’islam, il s’adapte à chaque lieu, chaque culture, chaque temps aussi. Il n’est pas figé, contrairement à l’idéologie littéraliste qui a pour unique obsession « de vivre comme à l’époque du Prophète ». 

Les « soufistes » sont considérés comme des « agents des pouvoirs occidentaux et supposés avoir comme objectif premier de détruire l’islam. 

Il est indispensable que le président de la République française prenne conscience que la laïcité française est totalement incomprise par les pays musulmans. 

Ils ne comprennent pas que la laïcité garantit la liberté de culte et n’est pas présente pour empêcher la liberté de croire ou de ne pas croire, mais ils ne l’admettront jamais et, pour eux, « un islam de France » n’a aucune raison d’être et la France n’a aucune légitimité pour se permettre de vouloir le réformer. 

Ce n’est pas vers le CFCM que le Président Macron doit se tourner, mais vers « les soufistes » : des musulmans qui veulent vivre en France « comme des Français », pratiquant leur religion en toute liberté, mais également « en toute discrétion », comme la laïcité l’impose et comme se pratiquent toutes les autres religions ! 

 Manuel Gomez