Onfray explique les raisons de sa rupture avec Mélenchon : socialisme libertaire contre totalitarisme

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Nous avons eu un grand moment de télévision, samedi soir, sur une chaîne publique, grâce à Laurent Ruquier… et deux de ses invités, Michel Onfray et Eric Zemmour. Le premier nous a fait profiter de deux grands moments. Le premier (ci-dessus), quand il explique les raisons de sa rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Le résumé est simple : Michel Onfray, libertaire, ne supporte pas la fascination du leader de Parti de gauche pour des modèles qu’il juge dictatoriaux comme Cuba ou la Chine. Le philosophe, se réclamant athée, ne tolère pas que Mélenchon raconte qu’il n’y a pas de problèmes avec l’islam, quand il n’arrête pas de déblatérer le christianisme. Et manifestement, bien qu’athée, il préfère les moines tibétains aux envahisseurs chinois. Sa saillie contre le tablier des franc-maçons, qu’il juge aussi aussi ridicule que tout uniforme religieux, lui vaudra sans doute l’ire de nombre de militants se réclamant du combat laïque.

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Mais c’est surtout dans la deuxième partie de son interview que Michel nous fascine (osons le mot) par son amour de la liberté et son refus de tout totalitarisme. La manière dont il encense Albert Camus, qu’il oppose à Jean-Paul Sartre, dans tous les choix de sa vie, est un moment de bonheur, par la qualité du propos et de l’argumentaire.

Ca donne vraiment envie de lire le livre d’Onfray, « L’ordre libertaire ». On découvre dans son exposé toute l’étendue du terrorisme intellectuel sartrien et médiatique qui a sévi pendant des décennies (et qui continue avec BHL et compagnie). Le philosophe est sans pitié avec Sartre, expliquant qu’il ne fut pas résistant, sous l’Occupation, mais au contraire qu’il contribua à quelques revues collabos. Il montre le décalage entre sa virulence contre de Gaulle, qualifié de fasciste, et sa connivence avec les dictateurs communistes. Il constate l’humilité de Camus, et les calculs politiciens de Sartre, à travers leur attitude devant l’attribution du prix Nobel. Ce qu’on vit actuellement, c’est vraiment la continuité de cette matrice pseudo-intellectuelle, de son déni de réalité voire de son négationnisme. L’anecdote que raconte Onfray, sur le lynchage que subit Camus dans « Le Monde » nous rappelle le poids de la dictature de la bien-pensance, d’origine sartrienne. Mais les temps changent et la liberté d’expression regagne du terrain. Grâce à des Zemmour et des Onfray.

Que dire d’Éric Zemmour, sinon qu’il nous a de nouveau séduits, dans un rôle nouveau, sur cette émission, celui d’invité, lui qui a si souvent, en cinq années, torturé quelques-uns de ceux qui l’ont précédés. Il y avait, ce soir là, comme un goût de réhabilitation d’un homme qui a été sali, insulté, diffamé, pour lui faire payer sa liberté d’expression. Ce n’est pas tant la présentation de son livre, « Le bucher des vaniteux », qu’on retiendra, que la description de son enfance, en banlieue, et les valeurs dans lesquelles il a été éduqué. Sa manière de parler de ses parents, de l’école de son enfance, des ses copains, mais aussi de la méritocratie, de son amour de la lecture, de l’histoire de France, de ses valeurs, l’ont rendu attendrissant, et même sympathique aux yeux de certains bobos qui, manifestement, avaient quelques griefs contre lui. L’ovation qu’il reçut quand il quitta le fauteuil d’invité dut lui aller droit au cœur.

Martine Chapouton 

 

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