Opération Pédalo : Jean-Jules Méchandon, chef de la gauche de la gauche

Publié le 26 mai 2018 - par - 8 commentaires - 1 122 vues

Feuilletant, hier, “Opération Pédalo”, livre daté de 2013, et signé par Paul Le Poulpe, j’ai relu avec un grand plaisir le chapitre VIII, consacré à “Jean-Jules Méchandon, chef de la gauche de la gauche”. Et je l’avoue, je me suis, cinq ans plus tard, toujours autant régalé, et je me suis bien marré. Alors, j’ai décidé, avec l’accord des Editions Riposte Laïque, de vous en faire profiter. Toute ressemblance avec un leader politique des Insoumis qui rêve d’une marée populaire à Marseille serait bien sûr fortuite…

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Jean-Jules Méchandon, chef de la gauche de la gauche
Lundi 7 octobre, 9 h 30

Le président du Parti de Gauche de la Gauche (PGG) était d’humeur massacrante, ce matin-là. C’était quoi ce bordel ? La porte-parole du gouvernement, issue de l’immigration, qui disparaissait du jour au lendemain et depuis, chaque jour, une personnalité qui mourait dans des circonstances bizarres. Et pas moyen d’accuser les fachos, même s’il aurait fallu le faire, on manquait tout de même du moindre début de preuve.

Qui était derrière tout cela ? Cette crapule de Laslande ? Certes, l’homme était cynique et capable de tous les coups tordus. Cela pourrait servir à mieux masquer le terrible échec de tous les domaines de sa politique. Mais il ne le sentait pas capable de monter un coup pareil. Et toutes ces disparitions bizarres qui avaient suivi, Attila, Lafouré, Pamaran, Bitora, Ravi, c’était incroyable ! Et rien que des accidents contre des personnes haïes de l’extrême droite.

Jean-Jules n’arrivait pas à croire à toutes ces fatalités, il y avait forcément quelqu’un qui tirait les ficelles. A qui cela profitait-il ? Etait-ce un coup des juifs ? Des francs-maçons ? Il se surprit à reprendre des thèses d’extrême droite et secoua la tête, il fallait qu’il se surveille, qu’il se reprenne, il tournait mal. Il fallait qu’il voie ses deux têtes pensantes, d’urgence, opération pédalo Alex Corbillard et Francis Delaroche, deux jeunes garçons brillants en qui il avait toute confiance. Il leur demanderait de passer le voir, à 10 heures, dans son superbe appartement de 217 mètres carrés, dans le 10e arrondissement parisien. En attendant leur arrivée, il pensait. A tous ceux qui le haïssaient et à qui il le rendait bien. D’abord les socialistes. Ces crapules qu’il avait dû côtoyer pendant plus de trente ans, qui l’avaient régulièrement humilié, et de qui il rêvait de se venger un jour. Des fascistes, bien évidemment, même si Méchandon savait bien qu’il n’y avait aucun danger, c’était quand même son fonds de commerce, il ne fallait pas le négliger. Ces connards de journalistes, qu’il méprisait profondément, mais desquels il savait se servir.

Ces imbéciles de politicards de droite, qui menaçaient à tout moment, si on ne les surveillait pas, de basculer du côté de Perrine Marienne. S’il ne les tenait pas à l’œil, ces abrutis pouvaient ruiner la stratégie du cordon sanitaire construit par ses amis, pour laisser la gauche au pouvoir. Il ne put s’empêcher d’éclater de rire. « Quels cons ! », se dit-il, sachant que la gauche n’avait jamais hésité, elle, à s’allier à ceux qu’il appelait dans sa jeunesse trotskiste les crapules staliniennes.

Il se souvenait même parfois des consignes consistant à faire voter les militants de gauche pour le BN au premier tour, afin qu’il y ait des triangulaires au deuxième tour. Mais il pensait aussi à cette presse internet qui lui en mettait plein la tête, à lui et à son complice de toujours, Alex Corbillard. Et là, son regard s’assombrit. Celle-là, il allait falloir se la faire un jour, pour de bon, se dit-il, pensant notamment à ce Cyrano qu’il n’arrivait pas à démasquer…

« Nous avons entendu, ce matin, le fameux débat sur BFMTV-RMC, opposant Perrine Marienne à Jean-Jules Méchandon. Les deux responsables politiques, présentés notamment sur un dessin de Glandu comme très proches, néo-populistes, capables de lire un même discours, ont-ils, durant ce débat, montré tant de similitudes que cela ?

La semaine dernière, nous avions commenté le débat opposant Martine Santin à Dieuvendu, le résumant au conflit entre la République et le verlam. Les deux orateurs ne s’adressaient pas au même public, c’est évident. Notre rédactrice parlait de la France des Lumières, de la République, de l’égalité et s’adressait à ceux qui mettent en avant la Raison. Son contradicteur misait sur tous les discours hostiles à la France, mettant notre Histoire en accusation permanente, sur le colonialisme, le racisme ou l’esclavage, et priorisait la croyance et le verlam, pour demander à notre pays de s’adapter à cette nouvelle donne. Il se voulait le représentant politicoreligieux d’un verlam conquérant et s’adressait à ses adeptes, contre les valeurs de notre pays.

Il est curieux que Jean-Jules Méchandon, dans la même logique que celle de Dieuvendu, ait, lui le « bouffeur de curés » osé dire que le verlam ne posait aucun problème en France ! Dans quel monde vit-il ? Il est ahurissant qu’il ait pu dire, en 2011, que l’immigration améliore le peuple français, comme si les choses n’avaient pas changé depuis trente ans ! Il est par ailleurs hallucinant que, reprenant tous les discours des bobos médiatiques, il soit en extase devant les événements de Tunisie et surtout d’Egypte, et puisse sommer les peuples européens de s’en inspirer… Oubliant un peu vite que la première réaction publique égyptienne au départ de Moubarak, obtenu par l’armée, c’est une prière collective ! Malgré tout, les laïques que nous sommes serions intéressés par la proposition du Parti de gauche, présentée par Henri Pena-Luir, visant à renforcer la laïcité, notamment en abrogeant le concordat d’Alsace-Moselle (sur lequel Perrine Marienne est bien discrète), si cela ne masquait, chez une certaine gauche dont Méchandon est une caricature, une haine du catholicisme à la hauteur de sa complaisance sur le verlam conquérant.

Que les laïques de Parti de Gauche de la gauche lisent les deux articles de Martine Santin, l’un descendant en flèche les pratiques de l’enseignant anti-avortement Felix Zinard, et l’autre passant au crible la prestation de Jean-Jules Méchandon, ce matin, et ils verront tout ce qui sépare notre conception laïque et républicaine de celle de l’ancien ministre de Daniel Rosselin. A qui peut bien s’adresser le discours de Jean-Jules Méchandon ? Certainement pas aux classes populaires, qu’il ne regagnera jamais en tenant un discours aussi dogmatique, mais surtout aussi déconnecté des réalités de ce pays. Quel mépris d’ailleurs montre-t-il, quand il ose insulter les ouvriers qui ont l’audace de ne pas voter à gauche ! Le président du Parti de Gauche de la Gauche aura peut-être le soutien des bobos qui, lassés par le facteur et sa candidate voilée, préféreront le côté « grande gueule » de Merluche.

Il aura le soutien de toute une culture de gauche, qui considère que « la plus mauvaise des gauches vaudra toujours davantage que la meilleure des droites ». Il aura probablement le soutien du monde syndical, majoritairement issu de la fonction publique, qui apprécie sa présence régulière dans les cortèges syndicaux, notamment quand il défend les retraites (en essayant de faire oublier que c’est quand il était ministre qu’ont été signés les accords de Barcelone allongeant la durée du travail). Mais, de son côté, Perrine Marienne pourra-t-elle séduire pour autant le monde du travail ? Son discours contre la mondialisation libérale et sa demande de retour des frontières, touchera davantage les salariés du privé, principales victimes de la « concurrence libre et non faussée » voulue par les européistes – pour qui Méchandon appelle d’ores et déjà à voter en 2012, du moment que, à l’instar d’un Fossecane ou d’une Bory, ils ont le label « gôche ». Mais elle devra, malgré tout, se montrer plus claire sur les organisations syndicales, notamment. Il n’est pas certain que la réponse faite au leader de Parti de Gauche de la gauche, « Vive les syndicats libres » soit de celles qui séduisent les salariés de ce pays, souvent confrontés à des « syndicats libres » qui sont des courroies de transmission des directions, voire des outils de combat contre les salariés, comme cela était le cas dans l’automobile, dans les années 1979, avec les tristement célèbres CFT ou CSL.

Il n’en demeure pas moins, n’en déplaise à Méchandon, qu’il est faux et grossier de dire que les ouvriers vomissent le Bloc national, alors qu’il est le premier parti dans le vote ouvrier. Il n’en demeure pas moins que les organisations syndicales historiques, comme le faisait remarquer Jacques Filensein, aux Assises du 18 décembre, ont aujourd’hui accepté l’idéologie immigrationniste de la gauche bobo, et qu’on ne voit pas bien pourquoi la CGT, qui prétend défendre le monde du travail, peut demander la régularisation de tous les clandestins, ni en quoi une section FO d’entreprise peut publier un calendrier verlaman, ni en quoi Sud Rail peut demander l’interdiction des assises de Charenton, le 18 décembre. Nous ne voulons ni des syndicats libres, ni des syndicats instrumentalisés par les gauchistes et toute la gauche bobo, nous voulons des organisations syndicales indépendantes, dans l’esprit de la Charte d’Amiens, qui défendent les intérêts matériels du salariat.

Le programme social de la nouvelle présidente du BN demande également à être mieux compris. Les 200 euros d’augmentation de salaire payés par l’Etat, donc par les impôts, nous paraissent une étrange conception de la redistribution, de même que la nationalisation du système bancaire, démarche qui ne nous choque pas, loin de là, paraît encore confuse. Un membre de la rédaction de Résistance Laïque demandait, sous forme d’humour, si Perrine Marienne et Jean-Jules Méchandon pourraient organiser ensemble un apéro saucisson-pinard, à l’instar du Front identitaire et de RL, le 18 juin dernier.

Quitte à donner tort à Glandu et à son dessin – qui a mis Méchandon dans une rage noire – cela paraît impossible. Ce qui rapprochait les organisateurs était deux choses : l’amour de la France, et le refus de la verlamisation de notre pays. Cela n’enlevait en rien l’ampleur d’autres divergences, notamment sur l’Europe et le régionalisme. Après avoir écouté le débat de ce matin, on ne voit aucun thème semblable, entre eux, capable, dans l’esprit de la Résistance, d’unir, devant l’urgence de la situation, le Bloc national et le Parti de Gauche de la gauche. Que cela soit sur le modèle civilisationnel de la France, sur la souveraineté nationale, sur l’immigration, sur l’insécurité, sur la verlamisation de notre pays, sur la politique sociale, il y a réellement deux projets de société totalement antagoniques. Méchandon – qui était accompagné à ce débat par notre grand « ami » Alex Corbillard, cet autre grand laïque qui a voulu faire interdire nos Assises, sans jamais s’opposer aux prières verlamanes illégales dans les rues de Paris – a souvent tendance à dire, dans ses meetings que, à la fin, cela se réglera entre « eux » et « nous ».

Pour lui, enfermé par sa lecture des années 30, « eux » ce sont les fachos, et « nous » ce serait la gauche progressiste, qu’il prétend incarner avec une morgue qui n’appartient qu’à lui. Pourtant, les choses sont aujourd’hui bien plus compliquées. Après avoir regardé à nouveau le débat Dieuvendu-Santin, nous voyons bien d’autres clivages apparaître. L’homme de gauche Méchandon est bien plus près du discours de Dieuvendu, nouvel ami de Jean-Marie Marienne, que de Perrine Marienne, qu’il attaque d’ailleurs d’entrée dans son discours. Tandis que le discours républicain de la femme de gauche Martine Santin est bien plus proche de celui de Perrine Marienne que de celui de Méchandon. La preuve que les étiquettes dont se gargarise le sénateur de l’Essonne n’ont plus aucun sens. En tout cas, une chose est certaine, il y a autant de différences entre Perrine Marienne et Méchandon qu’il y en a entre Martine Santin et Dieuvendu.

N’en déplaise aux « Grosses gueules », qui, immédiatement après le débat, ont fait un réquisitoire à sens unique (où est le pluralisme de l’information sur cette chaîne ?) ce ne sont pas les Faillot ou les Boudin qui décideront de notre avenir, c’est le peuple qui tranchera, souverainement et élira son président, dans plus d’un an. Dans notre rédaction, et parmi nos lecteurs, certains choisiront de voter pour Jean-Jules Méchandon, nous respectons ce choix et leur donnerons la parole régulièrement. D’autres feront un choix différent et ils pourront s’exprimer de la même façon. Nous espérons seulement que le président du Parti de Gauche de la gauche voudra bien pardonner aux malheureux ouvriers, forcément stupides qui, victimes dans leur quotidien des conséquences de ses propos sur le verlam et l’immigration, auront l’indécence de ne pas voter pour lui…

Lire tout cela lui donna mauvaise conscience, à Jean- Jules. Il savait bien qu’il avait trahi beaucoup de ses causes de jeunesse. Il savait bien qu’il avait fait voter socialiste, laissant des illusions sur ces voyous qui trahiraient le peuple. Il savait bien que lui, le bouffeur de curés, avait une position intenable sur le verlam. Il savait bien qu’il ne défendait plus la République une et indivisible, comme il le faisait il y a encore dix ans. Il savait bien que sa position sur l’Europe et le refus d’en sortir était insoutenable et laissait le champ libre à Perrine Marienne, qui le fascinait. Mais il avait fait voter Maastricht et se devait d’avoir une continuité. Il savait bien que finalement, il ne servait qu’à canaliser le mécontentement social, et surtout à empêcher qu’il ne se dirige vers Perrine Marienne. C’était même pour cela qu’il était payé, et fort bien, depuis trente ans.

Mais Jean-Jules aimait trop l’ambiance des meetings. Il jouissait trop des joutes oratoires avec les journalistes, il voulait que cela dure le plus longtemps possible. A soixante-deux ans, il lui fallait exister, et, pour cela, faire ce qu’on attendait de lui. Tandis que ces imbéciles qui le critiquaient, ils pesaient quoi, eux ? Lui, il avait été candidat à la présidentielle, il avait mis des dizaines de milliers de personnes dans ses meetings, il leur en avait donné pour leur argent. Toute la France le connaissait, alors que ceux qui l’allumaient, derrière leur ordinateur, n’étaient que des charlots que personne ne connaissait !

Finalement, il n’aimait pas les Français. Il n’avait pas oublié ses jeunes années, de l’autre côté de la Méditerranée, où tout le monde vivait ensemble, et paraissait s’aimer. Cela l’avait rendu à jamais nostalgique de la société multiculturelle pour laquelle il militait. Il avait préféré oublier les épisodes douloureux de son enfance, l’expulsion de ses parents, leur séparation, et ce qu’il avait ressenti comme un mauvais accueil des paysans normands à l’encontre de sa mère. Celle-ci, divorcée, avait été rejetée par l’Eglise. Il ne pardonnera jamais cet affront, et deviendra le pire anticlérical, comme pour venger l’outrage. « A bas la calotte », hurlera-t-il, à chaque fois, en groupe, qu’il passait devant une église. Il était même resté à la porte, refusant d’entrer dans un lieu de culte catholique, le jour des obsèques du président de la République qui avait fait sa carrière. Il avait même réussi à dire qu’il regrettait la défaite des arabes à Poitiers, en 732. Il était allé jusqu’à déclarer qu’il aurait préféré que la France soit irriguée par la culture verlamane que par le catholicisme. Tout le monde lui était tombé dessus, mais cela avait fait parler de lui, et seul cela comptait, à ses yeux”.

Bien remonté, il accueillit donc Corbillard et Delaroche. Il dit avoir une heure à leur accorder pour définir la stratégie du Parti de Gauche de la Gauche, dans cette nouvelle période qui commençait. « Bon, Alex, Francis, vous en pensez quoi de ce bordel ? Tous les jours, il y en a un qui meurt ? Vous croyez au hasard, vous ? »

Alex Corbillard prit la parole. « Jean-Jules, on s’en fout de la réalité, ce qui compte, c’est le message politique qu’on veut faire passer. Il faut accuser l’extrême droite et paraître les meilleurs remparts à la vermine fasciste. Il faut faire le coup des années 30. Il faut accuser Marienne d’antisémitisme, par rapport à Attila et Ravi. Il faut l’accuser de verlamophobie par rapport à Bennasser et Pamaran. Il faut l’accuser de racisme colonial vis-à-vis de Bitora. Il faut l’accuser d’homophobie par rapport à Lafouré. Il faut dire que ce sont ses mots qui ont tué ! Si t’es d’accord, Jean-Jules, je téléphone à Burné, sur RMC et je passe à 13 heures, c’est sûr ! »

Méchandon, séduit par cette vision de la politique, réagit quand même devant ce qui lui paraissait un peu excessif. « Je veux bien, Alex, mais cela va quand même être dur d’accuser Marienne d’être responsable du fait que les clébards de la folle ont bouffé Ravi, non ? » Ne se démontant pas, Corbillard répondit : « Justement, Jean-Jules, on doit s’interroger : pourquoi ont-ils bouffé le seul juif du groupe ? N’est-ce pas à cause du discours nauséeux de l’extrême droite raciste ? »

Méchandon éclata de rire, et rendit hommage à son adjoint. « Tu es vraiment imbattable dans l’art de la rhétorique. C’est d’accord, file chez Burné et fonce, tape leur dans la gueule, aux fachos ! Francis, penses-tu qu’on doive faire une manif dès ce soir ? » Delaroche réfléchit un instant, et répondit : « Oui, comme on a fait lors du môme antifa. Il faut poursuivre ce harcèlement antifasciste dans la rue et faire porter le chapeau au Bloc National à chaque fois que cela est possible. J’appelle les syndicats, les associations et tous les partis et on lance le coup ce soir, 18 heures, meeting à République. Je fais monter un podium, c’est nous qui organisons, donc c’est nous qui parlons. Les autres, ils nous écoutent, c’est tout ce qu’on leur demande. Et toi Jean-Jules, il faut que tu en profites pour allumer en même temps les fachos et les socialos, en disant que ce sont les capitulations de Laslande qui amènent la peste brune et Marienne. Et que tu es le recours à la France, le seul qui peut éviter la catastrophe. Tu parles une heure et je te négocie un 20 heures sur la 2e chaîne avec Putalas. On y va comme cela ? »

Enthousiaste, Jean-Jules prit son lieutenant dans ses bras et l’embrassa. Il avait besoin de ses deux stratèges pour lui redonner confiance et moral, quand il se sentait las et découragé. Il leur donna congé et leur dit qu’il allait travailler son discours, dans l’après-midi. Resté seul, il commença à se concentrer. C’est à ce moment-là que son téléphone personnel, connu seulement d’une cinquantaine de personnes, sonna. « Quel est le connard qui vient me faire chier ? », ne put-il s’empêcher de grogner. Mais il vit que c’était Laslande en personne qui l’appelait.
Et cela changeait tout. Il s’était promis de ne pas décrocher de la journée, afin de se concentrer pour le meeting du soir mais, pour que le président l’appelle, cela devait urger. Il prit donc la communication.

Au bout du fil, Francis Laslande paraissait avoir la voix très lasse. Il parlait plus lentement que d’habitude et entra dans le vif du sujet.
« Jean-Jules, tu as compris que la situation est très grave pour le pays mais aussi pour moi et pour tout notre camp, auquel tu appartiens. J’ai besoin de toi, il faut qu’on se parle, entre hommes, seulement tous les deux. C’est urgent, je t’en supplie, rends-toi disponible, s’il te plaît… »
Méchandon ne se sentait plus. Il en rêvait depuis trente ans. Cette couyemol de Laslande à ses genoux. Et il l’appelait au secours. En une seconde, l’animal politique se réveilla et tout ce qu’il allait lui demander se mit en place dans son cerveau en ébullition. Il répondit : « Francis, j’entends tes propos et te remercie. Mais j’ai meeting, ce soir à 18 heures et je ne peux plus décommander… »

Le président répondit :
« Je m’en fous de ton meeting, tu viens maintenant, j’ai annulé tous mes rendez-vous pour te recevoir. On se prend le temps qu’il faut mais il nous faut causer. Il en va de la France, certes, mais surtout de nous. La situation est très grave, tu l’auras compris. J’ai des informations de la plus haute importance à te transmettre et nous avons des décisions à prendre, Jean-Jules. Seulement entre toi et moi et personne d’autre. Je souhaite te voir dans un endroit discret et t’envoie un chauffeur à ton appartement parisien dans dix minutes. Mets ton grand chapeau, relève ton manteau, qu’on ne te reconnaisse pas. Et à tout de suite. »

Il raccrocha. Jean-Jules souffla bruyamment. Quelle journée, mais quelle journée ! Il sentit qu’elle allait être déterminante dans sa vie. C’était clair qu’il savait ce qu’il allait demander à cet idiot de Laslande : c’était Matignon ou rien et il n’y aurait rien à transiger. Il allait lui faire payer plein de choses, à ce social-libéral de ses deux. D’abord ses humiliations passées, quand, malgré un accord secret, lui garantissant 15 % des voix à l’élection au poste de premier secrétaire du mouvement socialiste, Laslande l’avait roulé dans la farine, et seulement crédité de 8 % ! Une humiliation. Pour se venger, en pleine présidentielle, il avait surnommé le candidat socialiste « Le capitaine de pédalo », un bon mot qui avait fait rire toute la France, mais lui avait coûté un poste de ministre. Perdu pour perdu, il avait préféré prendre les devants et dire qu’il ne serait jamais ministre d’un gouvernement Laslandréou. Les communautaristes l’avaient contraint, malgré tout, au soir du premier tour, à soutenir Laslande, dès 20 heures.

La fin des présidentielles avait été pénible, pour lui. Il avait soudain ressenti un immense vide, après la frénésie de toute une campagne. Il n’était plus que député européen, et s’emmerdait à Bruxelles. Il avait alors, dans la foulée de la présidentielle, voulu tenter un gros coup, en allant ferrailler sur le terrain de Marienne. La connerie de sa vie ! Il avait découvert que les travailleurs le boudaient, lui qui les défendait contre le patronat buveur de sang ! Les cons ! Surtout, il avait été ridiculisé par des faux tracts, notamment l’un d’entre eux, le représentant en Hitler. Humiliation suprême, ce torchon avait même été diffusé au journal de France 2 par Putalas, qu’il avait insulté quelques semaines auparavant et qui paraissait ravi de régler des comptes.

Le résultat avait été à la hauteur du cauchemar de la campagne : banané au premier tour, et obligé de faire voter pour les voleurs socialistes, pour barrer la route à Marienne. Un affront dont il avait peine à se remettre. Mais l’heure de la revanche allait sonner. Les crapules socialistes étaient à l’agonie, elles l’appelaient au secours, il allait leur présenter la note. Son gouvernement était prêt depuis des semaines. Il en prit d’ailleurs la composition, sur une feuille imprimée, se promettant de la mettre sur la table d’entrée, et de ne rien lâcher. Ce serait tout ou rien.

Dix minutes plus tard, il était sur le bord du trottoir, devant son appartement, avec son grand chapeau sur la tête, le pardessus relevé. Méconnaissable. Une voiture noire, vitres sombres, arriva lentement. Un homme descendit de l’arrière et lui ouvrit respectueusement la porte. Jean- Jules s’installa à côté du chauffeur qu’il salua à peine, très concentré sur sa prochaine rencontre. L’homme referma la porte et monta derrière. La voiture démarra. C’est à partir de là qu’on perdit la trace de Jean-Jules Méchandon. A cette heure-là, Francis Laslande était en province et inaugurait la nouvelle salle des Fêtes de la commune d’un maire socialiste.

Lundi 7 octobre, 18 heures,
place de la République

Alex Corbillard et Francis Delaroche avaient du mal à masquer leur inquiétude. Rien ne semblait se dérouler comme prévu. Chez Freddy Burné, à RMC, le premier s’était fait laminer par Laurent Pifalot, le numéro deux du Bloc National qui l’avait pris de court et lui avait demandé, d’entrée, s’il accusait les chiens de l’Elysée d’avoir été manipulés par Perrine Marienne pour bouffer Ravi. Les participants sur le plateau avaient tous éclaté de rire, cela avait déstabilisé Corbillard, qui ne s’en était pas remis et avait été ridiculisé tout au long de l’émission.

Bref, un fiasco ! Pendant ce temps, Delaroche avait téléphoné à tout le monde mais s’était fait envoyer aux pelotes. C’était un peu gros leur manoeuvre, personne n’avait envie de servir la soupe à Méchandon et de se mettre à dos le gouvernement, avec tout ce que cela impliquait. Résultat, seul le Parti de Gauche de la Gauche appelait et la place de la République, avec son grand podium, paraissait désespérément vide. Mais le plus inquiétant n’était pas là. Ni Alex, ni Francis ne parvenaient à joindre Jean-Jules depuis 15 heures. Ils le connaissaient, ils savaient ses angoisses pathologiques avant de prononcer un discours mais tout de même, habituellement, même s’il ne répondait pas toujours, il rappelait au plus vite. Cela ne sentait pas bon.

18 heures 30, toujours pas de Jean-Jules, mais, dans le public, de l’énervement. Plusieurs centaines de jeunes, issus de l’immigration postcoloniale, défavorisés socialement à cause des graves injustices du système économique, les mêmes qui s’étaient fait remarquer au Trocadéro, à l’occasion de la commémoration du titre du Paris Qatar, commencèrent à se manifester bruyamment. Ils s’en foutaient de Méchandon mais ils avaient vu un podium et pensaient qu’ils allaient entendre de la bonne musique, du rap de préférence. Et ces bouffons n’avaient rien d’autre à proposer que d’attendre un mec qui ne venait pas. Mais il y avait de la thune à se faire ! Ils avaient tous un portable, ces faces de craie ! Et y’avait de la meuf, ce serait plus facile, dis ! Ils décidèrent donc de leur faire payer le temps perdu, à ces cefrans. Ils commencèrent à charger les manifestants et à les dévaliser. Les gifles partirent, les portables et les portefeuilles changèrent de main rapidement. Les gros bras du PC (Parti communautariste) n’étant pas là, les militants de Parti de Gauche de la Gauche (PGG) n’avaient pas le service d’ordre suffisamment efficace pour limiter les dégâts.

Alex Corbillard, enseignant, qui avait l’habitude de gérer ces situations, essaya de calmer les tensions. Marchant à leur rencontre, poing en l’air, mégaphone à la main, il s’adressa à eux : « Chers camarades, nous avons le même adversaire, le système capitaliste et ses alliés objectifs, le Bloc National. » Il fut immédiatement couvert par des huées et des sifflets. Les commentaires allaient bon train, dans les rangs des « djeunes ». « Il est con, ce mec, le capitalisme, nous on est pour, on se fait un max de fric et on bosse pas. » Mais Corbillard, nonobstant les huées, essayait de continuer : « Français-immigrés, même patron même combat, Français-immigrés, une seule classe ouvrière ». C’était la phrase de trop. Avec un vocabulaire limité et un QI souvent réduit à deux chiffres, les racailles comprirent que le bouffon au mégaphone voulait les mettre au boulot. Bref, qu’il les insultait. Ils chargèrent alors Corbillard, à une dizaine des plus déterminés. Ils le jetèrent au sol et quelques-uns le confondirent avec un ballon de football.

Voyant cela, Francis Delaroche sauta sur le podium et demanda aux jeunes de se calmer. « Nique ta mère, enculé ! » lui répondirent-ils en continuant à faire leurs courses et en brisant quelques vitrines, s’enfuyant avant l’arrivée des forces de l’ordre, qui par ailleurs, selon les observateurs, n’avaient pas paru pressées d’intervenir.

Le bilan n’était vraiment pas fameux. On dut annuler le meeting, Jean-Jules n’était toujours pas là. Corbillard avait été évacué à l’hôpital, inconscient. On déplorait une cinquantaine de blessés parmi les militants du PGG, des portables précieux disparus et des images qui les faisaient passer pour des charlots circulaient sur tous les réseaux sociaux… Mais surtout une angoisse qui montait : qu’était devenu le chef du parti ?

On ne le saura jamais, on ne le retrouvera jamais…

Ah ça ira, ça ira ça ira
Les socialos à la lanterne
Ah ça ira ça ira ça ira,
Les collabos on les pendra !

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Notifiez de
Yes ESSYLU

les opérations commando sont l’avenir

groupe spécial de liquidation

Le 14 octobre 2025 , après de sanglants combats qui ont duré 6 mois , les troupes de Jacques Bonhomme , à la tête des patriotes identitaires , vainquent les hordes gauchislamisées de JL méchandon alias mouloudenchon à la tête de France Soumise , connu pour sa soumission et son obséquiosité à l’ égard de l’ ennemi muzz détesté et méprisé .
Mouloudenchon et son allié Macrondelle (la razzia en marche) sont faits prisonniers et presque lynchés par les patriotes mais J Bonhomme modère la fureur des Patriotes et leur promet de crucifier à l’ ancienne tous les mondialistes et leurs homme -lige antifas , extrêmes gauchistes tout au long de la route qui mène de Senlis à Paris .

dufaitrez

Presque aussi long Autant lire le dictionnaire ! On y apprend des choses là au moins…
La Merluche (Merlu, Merluchon) Poisson entre deux eaux (Zoos ?), dénommé aussi le Colin chaud (contrairement au VGE, le Colin froid).
A consommer à Marée basse, avec un zeste de CGT…
Il prétend révolutionner le Palais…

Simone GUTIERREZ

à dufaitrez ,
Excellent .
Merluchon-Colin-chaud se demande pourquoi sa mayonnaise ne prend pas …. à mon humble avis , elle sent trop le couscous … ce qui , avouons le , est inadmissible pour une bonne mayonnaise .

le Franc

merluchon, disons le franco, est la matraque de maçon le président, destinée à frapper le prolétariat pour le diriger vers une voie de garage ; tant pis si l’économie morfle au maximum, (sncf, air france sabotées etc), du moment que merlu indique aux prolétaires qu’il suffit de défiler-casser-“faire grand bruit”- pour obtenir la satisfaction des revendications soigneusement élaborées par les insoumis-communistes réunis.

Yohann le debattant

Mechandon n’aime pas l’argent, sauf l’argent public des con-tribuables dont il a (bien) vécu grassement depuis des décennies. Mechandon, en bon socialo assisté, incapable de réussir par lui même jalouse « ces salauds de patrons » qui se sont faits tout seuls, le ramenant à sa propre médiocrité.

Dupond

Jean jules a la haine de la France et des français !!! il n’est pas pour les ouvriers mais pour ceux qui haïssent notre pays et qui n’y stationnent que par le confort qu’il leurs offre et qu’ils n’auraient pas dans leurs pays d’origine ou il faut piocher dur pour avoir la miche de pain . Il est le rassembleur des haineux et des médiocres de ceux qui s’imaginent qu’ils sont les éternels exploités tout en prenant bien soin de ne pas prendre le risque de monter une petite entreprise ou tout au moins de se mettre a leur compte . Lui jean jules est a l’abri du besoin (je ne suis pas jaloux) mais il faut en tenir une sacrée couche pour en faire son maitre a penser !!! Notre georges Marchais avait une autre sensibilité

Claude

Ça serait plutôt Méchant con!

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