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Oradour-sur-Glane : FranceTVInfo va-t-il réhabiliter la Panzerdivision SS « Das Reich »

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Oradour-sur-Glane est ce village français de la Haute-Vienne, situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Limoges où, le 10 juin 1944, un détachement du 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier « Der Führer » appartenant à la division blindée SS « Das Reich » a assassiné quelque 640 de ses habitants.

C’est en tout cas la thèse communément admise par des historiens. Une autre thèse, celle de Vincent Reynouard, pointe la responsabilité des maquisards communistes, très nombreux dans la région au moment du drame.

Condamné en première instance, Reynouard a été relaxé en appel, le tribunal estimant qu’il s’agissait d’un crime de guerre et que « la contestation d’un tel crime, à la différence de son apologie, n’est pas susceptible de qualification pénale ».

Malgré sa structure très étayée, la thèse de Reynouard est néanmoins considérée comme sulfureuse : les historiens « officiels » ont systématiquement décliné l’invitation de Reynouard de confronter les deux thèses « à la loyale », ne considérant pas ce dernier comme un historien à part entière (il n’en a en effet pas les titres). Dans cet article, nous nous en tiendrons donc, pour notre part, à la version « officielle ».

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Oui, mais alors quelle stupéfaction de lire l’article suivant de FranceTVInfo :

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/guerre-en-ukraine-un-membre-du-regiment-azov-decrit-les-combats-a-marioupol_5047864.html

article intitulé : « Guerre en Ukraine : un membre du régiment Azov décrit les combats à Marioupol ».

Cet article donne complaisamment la parole à Maxim Jorin, commandant en second dans le régiment Azov, une unité de l’armée ukrainienne.

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Si Monin et Gallinaro soulignent – sans être outre mesure gênés – que le régiment Azov, « un groupe au départ paramilitaire, crée au moment de la guerre du Donbass par un leader ultra-nationaliste (…) utilise aujourd’hui encore des insignes SS de la division Das Reich », ils se gardent bien de rappeler la thèse officielle sur le rôle de la division « Das Reich » dans la tragédie d’Oradour sur Glane.

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Monin et Gallinaro font preuve d’une totale empathie avec Jorin, allant jusqu’à rendre hommage aux mercenaires du régiment néonazi Azov, « en première ligne » dans les combats qui font actuellement rage autour de la ville de Marioupol.

« Les hommes [du régiment] Azov font depuis 2014 partie de l’armée ukrainienne et ils combattent à Marioupolencerclée par les forces russes » commentent sereinement les deux journalistes du FranceTVInfo. « Maxim Jorin ne donne pas d’informations sur l’état dans lequel le bataillon se trouve à Marioupol » continuent-ils, « il explique qu’il est sous une menace permanente. « C’est sûr que les déplacements sont impossibles dans la ville. » »

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Entre l’armée russe et les thuriféraires de la division « Das Reich », Monin et Gallinaro ne cachent pas leur sympathie pour les seconds : « Maxim Jorin soutient l’idée d’une opération humanitaire à Marioupol pour évacuer les civils de la ville assiégée » commentent-ils. « Maxime Jorin estime que la réussite de cette opération passe par un cessez-le-feu : « On ne peut pas faire une évacuation efficace parce que les gens qui sont sous terre ou sous les débris ne peuvent pas sortir sous les bombardements. Et parce que vous ne pouvez pas les prévenir de l’évacuation. D’abord, il faudrait stabiliser la situation et que les Russes cessent toute opération offensive ». »

Et les deux envoyés de FranceTVInfo de conclure : « Avant l’invasion, le régiment Azov comptait 1 000 soldats à Marioupol. Ils combattent aux côtés d’autres unités ukrainiennes ». « Pendant la guerre du Donbass ils avaient repris la ville aux séparatistes », se réjouissent-ils enfin.

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Le drapeau de l’Otan et la croix gammée entourant l’oriflamme du régiment Azov

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni