Où se trouve La Mecque ? Au secours l’Histoire, au secours la Géographie !

Publié le 12 septembre 2014 - par - 2 542 vues
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TERRORISME 23803 ATTAQUES-11-09-2014Dans un article en date du 8 septembre 2014, Alain Jean-Mairet tente de démontrer que La Mecque n’est pas La Mecque, mais qu’il s’agirait plutôt de Pétra dans l’actuelle Jordanie.

http://ripostelaique.com/briser-les-mythes-de-lislam-la-mecque.html

 

Pour ce faire, il fait référence à des incohérences dans le Coran et autres textes annexes,

– d’une part en invoquant l’absence presque totale de la mention littérale expresse du terme « La Mecque » dans ceux-ci,

– d’autre part en regard des conditions géographiques que connait La Mecque, tenant notamment à son hydrographie et sa pluviométrie, en contradiction avec ce qui sur ce point ressortirait des textes précités.

 

En ce qui concerne la mention de La Mecque dans le Coran et textes subséquents, je n’ai aucune idée de ce qu’il en est dans le détail, mais par contre il est bien établi que les textes islamiques font état, à diverses reprises, de la proximité relative de Médine avec La Mecque, ce qui est en concordance avec la distance réelle entre ces deux villes.

 

Alors que Médine est très loin de Pétra. On est à deux ou trois centaines de kilomètres entre La Mecque et Médine et à plus d’un millier de kilomètres entre Pétra et Médine.

Si l’on veut changer La Mecque de place, il faut aussi repositionner Médine (sic ).

 

S’agissant du climat, il est notoirement établi que dans l’Antiquité il n’était certainement pas désertique comme maintenant et il y a encore 1400 ans, donc au temps de Mahomet, la désertification était bien moindre et impactait des superficies moins étendues qu’aujourd’hui.

Le phénomène est identique au Sahara qui a connu dans le passé des périodes luxuriantes, sans devoir remonter jusqu’à des époques pré-humaines.

 

C’est pour cela qu’il subsiste encore quelques crocodiles dans des points d’eau des montagnes du Tibesti au nord du Tchad, près de la Lybie, c’est pour cela qu’on y trouve en plein désert des ruines enfouies d’antiques cités prospères, c’est pour cela qu’il y avait encore, 200 ans avant J-C, des éléphants sauvages en Afrique du Nord, au Magreb actuel, parmi lesquels ceux prélevés pour l’armée du carthaginois Hannibal.

Il a été démontré également l’existence naturelle d’éléphants aux confins actuels du Liban et de la Syrie jusqu’au premier millénaire avant notre ère, ce qui suppose une végétation plus fournie que l’actuelle.

 

L’Arabie est plus au sud que le Liban et la Syrie, mais à la même latitude que le Sahara.

 

De même les textes anciens sur le mythique royaume de Saba, qu’on le situe au Yemen (Le Yemen est plus au sud que La Mecque, cette dernière située dans la province saoudienne du Hedjaz, le Hedjaz étant séparé du Yemen par la province saoudienne de l’Assir ) ou en Ethiopie, plus près donc, dans les deux cas, de l’Equateur que La Mecque, font tous état d’une végétation généreuse, très différente de celle d’aujourd’hui.

Par ailleurs, suite aux évolutions du climat au cours des âges, maintenant Pétra, pourtant bien plus au nord, est aussi défavorisée que La Mecque : Pétra n’est pas moins sec et désertique.

 

Ce climat plus favorable que de nos jours, encore au VIIeme siècle, dans la péninsule arabique décrédibilise la thèse qui avance qu’en raison notamment des conditions climatiques La Mecque n’est pas La Mecque, qu’elle se serait située en un autre lieu éloigné,

 

Cet argument climatique ne tient pas, il est dénué de toute valeur.

Il en est de même en ce qui concerne les autres considérations avancées, démographiques notamment, ou celles de la fertilité des terres, qui en découlent.

Ce ne sont que des affirmations péremptoires sans aucun fondement, en contradiction complète avec les éléments historiques et géographiques dont on dispose sur ces périodes anciennes.

 

De même, et soit-dit en passant, invoquer « le contexte culturel du Moyen-Age » en sous-entendant ainsi l’obscurantisme dont cette époque a été abusivement chargée pendant longtemps, c’est faire preuve de l’ignorance la plus totale sur les travaux qui depuis au moins quatre décennies attestent du caractère novateur, sur tous les plans, de cette période.

 

La Mecque reste La Mecque et elle ne peut rester que là où elle est, en l’absence d’éléments probants nouveaux.

Les imprécisions sur la désignation de celle-ci, qui se trouveraient dans les textes de l’Islam, invoquées par ailleurs, n’étant pas non plus, ni convaincantes, ni suffisantes.

 

Cette constatation, qu’il n’y a pas lieu de « déplacer » La Mecque, n’enlève rien à la nécessité et à la légitimité de la lutte contre l’idéologie funeste, totalitaire et ségrégationniste de l’Islam.

 

Au contraire.

 

Car l’hypothèse inverse, La Mecque « est ailleurs », non seulement n’apporte en soi absolument rien au combat contre cette idéologie mortifère, mais l’utilisation pour ce faire d’arguments erronés est de nature à desservir ce combat.

 

Enfin, si l’affirmation ainsi avancée par Alain Jean-Mairet selon laquelle La Mecque ne se trouve pas là où le pensent les musulmans, a pour objet de disqualifier la religion en tant que telle, le coup est déjà vain, en raison du fait que l’Islam, avant d’être une religion est d’abord une idéologie qui utilise la notion de religion.

 

D’autant plus vain également, parce que s’il s’agit de disqualifier le principe de la religion en essayant de démonter les mythes qui les fondent, c’est oublier qu’au-delà de ces mythes fondateurs et avant eux, la croyance en un Dieu, elle, est d’abord et surtout, tout comme l’athéisme qui est une croyance comme une autre, le résultat d’un raisonnement rationnel, ou en tout cas qui se veut tel.

 

Les rites de chaque religion, qui découlent des mythes, ne sont qu’un moyen pour les adeptes respectifs de chacune de communier ensemble.

Au demeurant, ainsi le veut la nature humaine, toutes les organisations, aussi laïques soient-elles, ont leurs propres rites à des degrés divers, à commencer par la franc-maconnerie, pilier de l’athéisme s’il en est, qui ne manque pas de rituels, variables selon les obédiences.

 

Pour vaincre dans ce combat contre l’idéologie mortifère de l’Islam, qui a pour but de nous détruire ou nous soumettre que l’on soit croyant ou athée du moment que l’on n’est pas musulman, rien ne serait plus dommageable que de se tromper d’adversaire.

 

Généralement les juifs, chrétiens, bouddhistes, hindouistes et autres taoïstes savent cela, et il serait bon que les athées ne l’oublient pas non plus.

 

Pierre Mazers

 

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