Pacte éducatif pour l’Enfance : après parent 1 et parent 2, enfant 1 et enfant 2 ?

Il y a des matins où l’on est bousculé par des faits ou des mots qui vous font oublier que votre priorité du jour, comme hier, et tous les autres jours qui ont précédé d’ailleurs, et ce depuis maintenant des années, c’est de survivre. Certes, cela fait de vous un humain. Dont on dit qu’il est le seul à avoir conscience de son futur.

Maintenant, j’aurai préféré en rester à mes préoccupations bien matérielles. Il y a urgence. Las. Najet Vallaud-Belkacem est passée par là. Une fois de plus. C’est Libération qui le raconte (en ligne, ça ne tache pas les mains…).

Et une fois de plus, la Ministre des Droits de la Femme (et ceux de l’Homme homme alors?) est porteuse d’un discours qui en rajoute à ce qui apparait comme un vaste programme de déconstruction de notre civilisation par des « tarés ». Rien que ça. Elle doit en effet présenter en ce 28 mars au gouvernement un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales, qui dénonce la survivance des stéréotypes sexués dans les crèches. Hummm.

Que dit ce rapport ?

Les deux auteurs, Brigitte Grésy et Philippe Georges, Inspecteurs Généraux à l’IGAS, y dénoncent une chose terrible : on perpétue dans les crèches des schémas archaïques, sans doute trop proches de la nature, qui veut qu’il y ait deux sexes, l’homme et la femme. Ce qui est manifestement trop. On prendrait trop soin des petites filles et de leurs émotions, au détriment de leur implication dans les jeux de constructions. Bref, dès la crèche, on formerait les maçons mâles de demain et les mères au foyer.

Ce rapport dénonce également la dictature du rose et du bleu. Et en profite pour révéler cette horreur : les vêtements de fille sont inadaptés à l’exploration du monde « à quatre pattes » des demoiselles (ah, zut, c’est un peu sexué, ce terme-là). Je n’ai pas lu leurs propositions, mais je crains une nouvelle loi déterminant la taille, la couleur voire la matière des vêtements autorisés en crèche.

Dans ce rapport, Libération rapporte également que les auteurs ont quantifié les représentations sur les livres pour enfants et que, horreur, 78 % des couvertures sont squattées par des mâles dominants, cette domination étant portée à 90 % si on y parle d’animaux. Mon cerveau malade me fait me demander comment on différencie un âne d’une ânesse, un chien d’une chienne, un cheval d’une jument, autrement qu’avec le… truc… là… Y’a pas une case NSP ?

Enfin, last but not least, Il y a bien trop de femmes dans le personnel. Pensez-vous, 99 % ! Où est passée la parité ?

En route pour l’unicité

Faire un constat, ça ne mange pas de pain. Mais il faut faire des propositions. Et nos deux Inspecteurs jouent alors dans le registre prométhéen. Il va falloir former les troupes à l’unicité du genre, faire de la formation continue pour recadrer les comportements déviants et demander des engagements contractuels aux fabricants de jouets, aux éditeurs, aux créateurs de vêtements… Rien que ça !

Une phrase semble révélatrice du propos général : « 63 % des enfants, avant la Maternelle, +échappent+ à l’influence d’une action publique ». C’est manifestement trop pour nos deux auteurs qui souhaitent sans doute un peu moins de libre-arbitre pour les familles dans la façon d’élever leurs enfants. Les professionnels ne semblent heureusement pas adhérer vraiment à ce délire, pure émanation de la théorie du genre. Quand à la droite, ce sera sans doute pain bénit !

Les socialistes (parfois rejoints hélas dans leur délire par des hommes et des femmes que l’on aurait pensés plus posés) me font souvent penser à ces gamins, sur la Grande Plage des Sables d’Olonne, qui, munis de leur pelle et de leur seau en plastique, se lancent, à marée basse, dans une patiente construction d’une muraille en sable fin qui déviera les flots montants. Un travail qui leur demandera des heures et des heures de travail. Pour le bonheur des mamans qui tricotent et des papas qui ronflent (éh… éh…). Les minots ont imaginé qu’ils allaient détourner le cours naturel des choses. Bloquer la marée. Devenir les Maîtres du Monde. Et puis, la mer remontera. Il lui faudra 6 heures, pas plus, pour reprendre ses droits. Et le lendemain, les enfants se remettront un peu plus loin, un peu plus haut, pour construire un nouvelle édifice, plus grand, avec des galets dedans, qui, lui, tiendra. Ou pas. De futurs militants du PS, sans doute.;-).

Alain Charrier

Source : http://www.liberation.fr/societe/2013/03/28/a-la-creche-les-stereotypes-genres-se-portent-bien_891752?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

 

 

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