Pandémie amie des Chinois

Publié le 17 novembre 2020 - par - 4 commentaires - 583 vues
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La Chine se montre particulièrement agressive en ce moment sur ses frontières. Non seulement elle cherche à mater son grand adversaire indien, mais elle agresse tous ses voisins dans le Sud-Est asiatique. Pourquoi ? parce que c’est « le bon moment » dont parlait Sun-Tzu dans son art de la guerre…

Quand les soldats chinois et indiens se bagarrent, ils ne plaisantent pas : vingt morts côté indien, quarante-trois côté chinois, en juin dernier. Depuis mai 2020, les troupes chinoises et indiennes se tuent régulièrement à mains nues le long de la frontière sino-indienne. Cette frontière est contestée en plusieurs endroits par les deux parties depuis 1962. Il est vrai qu’à plus de 3 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, au rythme changeant des cours d’eau et de l’enneigement, les lignes ne sont pas toujours faciles à déterminer.
Ces “escarmouches”, il faut le noter, n’ont pratiquement pas d’incidence sur le commerce entre l’Inde et la Chine, malgré certaines campagnes de boycott ou l’annulation de certains contrats, mais un affrontement potentiel grave entre ces deux colosses géopolitiques ne peut laisser indifférent.

L’Inde veut renforcer sa présence au Ladakh

Au cours de l’année écoulée, les deux pays ont renforcé leurs capacités militaires dans la région. Depuis août, les troupes indiennes occupent plusieurs hauteurs le long de la ligne de démarcation. Ils ont envoyé 12 000 travailleurs supplémentaires pour achever le développement de leurs infrastructures le long de la frontière sino-indienne au Ladakh, nouvelle région née de la division récente du Jammu-et-Cachemire indien.
C’est pour répondre au développement des infrastructures indiennes au Ladakh que les Chinois déclenchent les hostilités. Pékin observe d’un mauvais œil la construction par les Indiens de cette route qui suit le tracé de la frontière sur plusieurs centaines de kilomètres et relie les avant-postes militaires. L’Inde a également modernisé une ancienne piste d’atterrissage de l’armée de l’air dans la région. Or, la Chine veut protéger le tracé de sa nouvelle route de la Soie, notamment le tronçon qui la relie au Pakistan.

La Chine protège sa nouvelle route de la Soie

La récente déclaration du ministre indien de l’Intérieur, Amit Anilchandra Shah, déclarant qu’Aksai Chin, région actuellement administrée par la Chine, faisait partie de l’Inde, n’a pas arrangé les relations entre les deux pays. L’Aksai Chin est une haute plaine aride, froide, presque inhabitable. Mais son emplacement et sa position dominante sont stratégiques, car l’Aksai Chin relie la province agitée du Xinjiang au Tibet occidental. La frontière contestée est également proche de l’autoroute Karakorum qui relie la Chine au Pakistan en descendant jusqu’au port pakistanais de Gwadar sur la mer d’Oman. Une partie de cette autoroute passe par l’Azad Cachemire pakistanais, que certains nationalistes hindous parlent de reprendre.

Or, Pékin a actuellement un avantage dont il compte bien tirer profit : la pandémie du Covid s’est terminée en Chine alors que ses rivaux, comme les États-Unis, l’Inde et l’ensemble du Sud-Est asiatique, sont encore durement touchés. Pékin en profite. C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’agressivité actuelle des Chinois au Ladakh, à la frontière indochinoise, en mer de Chine méridionale et à Taïwan, sans parler de la « normalisation » récemment opérée à Hong Kong.

William Kergroach

 

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