Papy, c’était quoi l’OAS ? 

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Suite à mon article concernant Alain Ruscio « l’historien qui connaîtrait le mieux l’OAS », voici quelques détails qui devraient lui permettre, peut-être, de mieux encore « l’infiltrer » !

  • Qui a créé l’OAS ?
  • De quels bords politiques étaient-ils ?
  • Comment a-t-elle fonctionné ?
  • Qu’en pensaient les pieds-noirs ?
  • Pourquoi était-elle numériquement faible ?
  • Pourquoi a-t-elle duré si peu de temps ?
  • A-t-elle subi des dissensions politiques ? Et, par la même occasion, de répondre à bien d’autres lecteurs qui se poseraient des questions au sujet de l’OAS (Organisation Armée Secrète).Je pense être mieux placé que quiconque pour éclairer vos esprits car je me trouvais justement à Madrid, au domicile de Pierre Lagaillarde, Résidence La Torre, Plaza d’España à l’époque de Pâques 1961, afin de représenter M. Georges Bidault lors de la création officielle de l’OAS (dont le sigle avait, officieusement, fait son apparition à Alger dès février de cette même année) et que, par la suite, j’ai participé à la création du « Bulletin de liaison du CNR/OAS », à Paris, toujours sous les ordres de Georges Bidault qui, quelques mois plus tard, prenait la responsabilité de l’OAS en lieu et place du général Salan, arrêté par les autorités françaises.

    L’OAS s’est organisée après l’échec du « putsch » des généraux.

    Les quatre plus prestigieux généraux de l’armée française avaient pris la décision de se révolter contre le chef de l’État français qui s’était parjuré et les avait trahis.

    Cette trahison mettait en danger la vie de leurs soldats qui allaient tomber pour une politique d’abandon de l’Algérie, alors que la guerre était gagnée sur le terrain.

    Le général Challe, chef d’état-major de toutes les armées, refusait de dresser une partie de l’armée contre l’autre et ne souhaitait pas que les unités territoriales (200 000 hommes pieds-noirs), qui avaient été dissoutes un an plus tôt, lors de la semaine des « barricades », en janvier 1960, soient réarmés.

    Il jetait donc l’éponge et se rendait aux autorités.

    Dès lors certains officiers et leurs régiments prenaient la décision de se dresser contre l’État français et sa politique incompréhensible et désastreuse.

    En février 1961, les généraux Jouhaud, Gardy, les colonels Godart, Gardes et le docteur Jean-Claude Pérez lançaient l’opération OAS et les premiers messages s’affichaient sur les murs d’Alger.

    Un mois plus tard, l’organisation se constituait officiellement à Madrid, sous le commandement du général Salan, de Pierre Lagaillarde, de Jean-Jacques Susini, du capitaine Ferrandi et de quelques autres patriotes qui refusaient l’abandon de l’Algérie française.

    Il est totalement faux d’adhérer aux informations véhiculées par le gouvernement de l’époque et une certaine presse au service exclusif des communistes et des gauchistes qui alarmaient les citoyens en proclamant que l’OAS était une organisation de fascistes d’extrême droite.

    Il suffit de rappeler que son chef, le général Salan, était plutôt étiqueté à gauche, au point même qu’un attentat avait été organisé afin de l’éliminer physiquement, justement par la droite française, et notamment Michel Debré qui pensait qu’il avait été placé à ce poste de gouverneur militaire de l’Algérie dans l’objectif d’un rapprochement avec le FLN, et ce fut le commandant Rodier qui fut tué.

    Quant aux autres officiers, ils n’avaient aucune autre idéologie que de servir la Patrie et défendre la présence française.

    L’OAS Algérie était confiée au général Paul Gardy et l’OAS Métropole au capitaine Pierre Sergent.

    L’action était confiée aux commandos « Delta », sous les ordres de Jean-Claude Pérez et du lieutenant Degueldre. Or 80 % des membres de ces commandos, et notamment le plus actif, celui de « Jésus de Bab-el-Oued » étaient des sympathisants de la gauche socialiste et communiste, qui dominaient ce quartier.

    Il n’y avait au sein de l’OAS aucune agressivité contre l’ensemble des musulmans, leurs ennemis étaient les terroristes du FLN et les traîtres français qui étaient leurs complices, les « porteurs de valises » qui aidaient à assassiner et à organiser des attentats, aussi bien en Algérie qu’en métropole.

    90 % de la population approuvait l’action de l’OAS, sans participer aux actions armées ni aux exécutions nécessaires, mais, effectivement, trop peu nombreux furent ceux qui participèrent activement à la défense de leur pays.

    La France avait connu une situation identique lors de la dernière guerre 39/45 où il y eut bien peu de résistants contre l’occupant nazi et beaucoup plus dès la Libération !

    Si l’action de l’OAS n’a duré que 16 mois (février 61 à juillet 62) c’est qu’il n’y avait plus rien à espérer après le départ de la presque totalité des Européens d’Algérie, qui n’avaient le choix qu’entre la valise ou le cercueil, promis par le FLN et l’ALN qui ne voulaient en aucun cas qu’il ne reste un seul non musulman sur la terre algérienne.

    Il n’y a eu aucune dissension d’ordre politique au sein de l’OAS, seulement une divergence de tactique entre l’un des dirigeants, Jean-Jacques Susini (qui vient de nous quitter) et qui, manipulé par le maire très libéral d’Alger, Jacques Chevalier (qui se convertira à la religion musulmane), et œuvrait sous les ordres de la CIA et de Washington, souhaitait une entente de dernière heure avec certains dirigeants du FLN (Farès et Mostefaï) et la quasi-totalité des autres dirigeants qui considéraient que « c’était foutu », qu’il fallait dégager, alors que l’armée française se mettait, sur ordre du chef de l’État français,  au service des nouveaux dirigeants du pays en pratiquant un « cessez-le-feu » unilatéral.

    Ce qui a permis les massacres du 26 mars 62, rue d’Isly à Alger et du 5 juillet 62 à Oran.

    Jamais l’OAS n’a conseillé le départ des Européens d’Algérie, bien au contraire, preuve en est les nombreux plasticages des entreprises et des commerces de ceux qui abandonnaient le pays pour se mettre à l’abri en métropole.

    Je terminerai par ce dernier hommage, bien involontaire, rendu par de Gaulle à l’OAS :

    « Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. »

    Manuel Gomez

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10 Commentaires

  1. Les récits sur cette déchirure font toujours mal dans le cœur des patriotes !

  2. Le 26 mars 1962 j’etais a ALGER CA TIRAIT DE PARTOUT L’OAS TIRAIT SUR LES SOLDATS FRANCAIS LES GENS SE SAUVAIENT DANS LA CASBA L’HORREUR JE PENSE AVEC LE RECUL QU’IL AURAIT FALLU GARDER L’ALGERIE FRANCAISE NOUS N’AURIONS PAS AUJOURD’HUI TOUTE CETTE CRASSE EN FRANCE

  3. Est-il besoin de confirmer les faits vécus par Manuel GOMEZ ? Bien que n’ayant que quinze ans en 1962, vivant dans le 1er arrondissement d’Alger, à savoir Bab-el-oued, j’ai personnellement rencontrer plusieurs protagonistes cités.

  4. Roland Bacri avait déjà tout dit sur l’OAS . Nouzotres tellement on était républicains on croyait que ça voulait dire Aux Armes Citoyens !

  5. Je recommande le meilleur livre sur le sujet de l’abandon de l’Algérie et des mensonges et trahisons au plus haut niveau qui ont conduit à ce désastre : auteur Jean-pax Méfret, « Bastien Thiry, jusqu’au bout de l’Algérie française ». J’ai, personnellement vécu, jour après jour tous les évènements qui y sont décrits, et tout est authentique

  6. Lorsque, dans le fi des évènements de mai 68, de Gaulle a décidé d’obtempérer à la demande du général Massu et de promulguer une première amnistie, certains ministres de gauche (Joxe, Pisani) onr formulé des objections.
    De Gaulle aurait alors dit : « Il se mettre à la place de ces gens qui étaient condamnés à tout perdre. Qu’aurions-nous fait si nous avions été à leur place? ».

  7. Les lettres pour Mr Macron mais ça été bloqué et c’est génial car la délivrance arrive qui va se faire avec fracas ! OAS ? Stop au tragique car il risque de revenir ? La position du pays si Mr Macron ne part pas ça va être chaud ? Bibi a les pièces jaunes à l élysée alors que les français espèrent les pièces vides pour remettre nos valeurs au chaud !

  8.  » Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. » » mais aussi par leur refus de se faire trucider par le fln mais aussi par l’armée « française »

  9. Si vous y étiez, peut-être vous souvenez-vous d’un gamin de 14 ans hypermnésique (rien d’écrit tout dans la tête) qui connaissait les ruelles et escaliers du quartier où il habitait, chargé de transmettre les messages du et au général Salan, alors planqué rue Desfontaines au dessus du Telemly. devenu boulevard Krim Belkacem.

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