Par son comportement, Jean-Marie Le Pen devient un obstacle

Ri7Marine MarianneJe viens de parcourir la papier d’Herbert Sogno.
http://ripostelaique.com/pour-en-finir-avec-un-point-de-detail-de-lhistoire-politique-francaise.html
J’hésite entre naïveté admirative du groupie (Jean-Marie Le Pen est un « inflexible et infissurable monument de dignité » qui « jamais ne s’abaissera à s’expliquer ou se justifier sur ce qui coule de source et à s’innocenter de ce qui lui paraît invraisemblable qu’on l’accusât ») ; idéologue sûr de détenir la vérité (Jean-Marie Le Pen ferait « primer avec force et résolution la justesse de l’objectivité universaliste sur la fébrilité fragile et fugace de la subjectivité ») ; fainéantise de collégien qui va chercher des informations dans Wikipédia au lieu de lire des récits un peu plus conséquents ; innocence de débutant en politique qui pense que Jean-Marie Le Pen est « un homme politique aspirant officiellement aux plus hautes fonctions de l’Etat » alors qu’un peu plus haut il écrit que le fondateur du Front national « va jusqu’à postuler devant Bourdin que le FN serait toujours un parti de contestation » ; vierge effarouchée qui découvre que la caste médiatico-politique manipule l’opinion (« Non seulement les journalistes posent des questions sans intérêt, mais en plus, ils répondent à votre place ! Et gare à vous si vous essayez de respirer, car ils se fâchent ») ; cécité de vieux militant aussi borné que son chef historique, militant qui refuse de comprendre que son idole ne veut pas et ne peut pas quitter la lumière des projecteurs, préférant saborder un parti politique espoir de millions de Français plutôt que le silence.

  1. Sogno voudrait en finir avec le point de détail.

Il s’y prend très mal.
Certes un détail est une partie d’un tout.
On parle de détail pour un tableau.
Certes jusqu’aux années 70, l’extermination des juifs ne tenait qu’une part infime dans l’étude de la Seconde Guerre mondiale.
Certes aujourd’hui, elle EST la Seconde Guerre mondiale.
C’est certainement très excessif.
Mais pour autant l’extermination des juifs, 5 à 6 millions de morts, dans une guerre qui en fit 60 millions peut-elle être vue comme un détail ?
Non. Elle n’est pas un détail parce qu’elle n’est pas, dans la manière dont ont disparu les juifs, une partie d’un tout. Elle est d’une autre dimension.
Que des hommes aient programmé la disparition d’une catégorie de la population européenne, fait construire les infrastructures pour cela, trouvé d’autres hommes pour la réaliser, dépassent de loin la disparition de populations dans des bombardements à Londres, Hiroshima et Dresde, dans le torpillage de bateaux civils, lors d’Oradour en France et en URSS.
La guerre reste la guerre mais l’arrestation, le transport, l’abattage industriel d’êtres humains ne peuvent être considérés comme un détail. Parce que ceux qui furent à l’œuvre ont rabaissé à l’état de néant des bébés, des femmes, des hommes, des vieillards, tous civils, ils ont chosifié des êtres vivants en ordures, en déchets dont ils voulaient se débarrasser pour nettoyer la terre européenne d’une impureté.
Voir un détail en cela, c’est préparer des massacres futurs dont l’Etat islamique commence à nous donner un aperçu. Que M. Sogno se méfie, il sera peut-être un détail dans le choc des civilisations qui commence sous nos yeux.
Il est étonnant que M. Sogno dans son opération de dédouanement de Jean-Marie Le Pen n’évoque pas le fait que Fritz Haber, le scientifique allemand qui inventa le gaz moutarde et surtout le zyklon B était juif.
Finalement non seulement ce serait un détail, mais un détail juif.
Jean-Marie Le Pen a dit plusieurs fois avec la sincérité d’un multirécidiviste qu’il regrettait ses propos. Et il les réitérait quelques semaines plus tard. Encenser un tel comportement en le faisant passer pour viril (M. Sogno écrit que Jean-Marie Le Pen « ne baissera pas son pantalon devant un parterre de petits fauves de salon enragés qui bavent d’impatience dans l’attente de la petite phrase scandaleuse, bien juteuse ») montre plus d’infantilisme que de maturité.
Dans Rivarol, Jean-Marie Le Pen est qualifié d’homme libre et debout.
Il aime s’imaginer ainsi. Visiblement M. Sogno aussi.
Mais par son comportement, l’ancien patron du FN enlève l’espoir à des millions d’entre nous de retrouver un peu plus de liberté, de se redresser face à la caste médiatico-politique qui rêve de nous voir disparaître en nous imposant le métissage, le cosmopolitisme, l’Europe de l’oligarchie.
Marcus Graven

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