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Parce que Notre-Dame m’a toujours émerveillée…

 

Les faits, seulement les faits ; et non des papelards potentiellement improvisés longtemps après-coup pour trafiquer « les faits ». Il se trouve que j’ai exercé, pendant quelques années, une profession où l’on se distingue par un sens aigu de l’observation, une excellente mémoire, et une honnêteté à toute épreuve. J’ai en effet été journaliste, mais à l’ancienne. Il n’y en a plus beaucoup, à présent.

J’ai suivie l’incendie de Notre-Dame de Paris dès les premières images et dès les premiers témoignages, comme j’ai suivi l’effondrement du World Trade Center : abasourdie, mais attentive et concentrée sur les images et le son, comme un laser. Je savais que les vraies informations seraient celles lancées dans la foulée par les médias sur place, dans leurs courses aux scoops.

Pourquoi tant d’attention pour Notre-Dame de Paris?  Parce que des dizaines de générations françaises ont participé à sa réalisation ; parce que des milliers d’hommes y ont travaillé, y ont été blessés, y sont morts en confiant, comme un legs filial, leur génie et leur labeur accompli, aux générations futures. Parce que Notre-Dame de Paris est un chef-d’œuvre intemporel de concorde sociale, d’adaptation, de courage… Parce que Notre-Dame de Paris exalte de toutes parts les bienfaits d’une culture saine, occupée à magnifier l’origine de leur être. Parce que si on a vu Notre-Dame de Paris, on ne peut que pleurer devant pareil gâchis.

Aussi parce que Notre-Dame de Paris, en plus d’être le symbole des symboles chrétiens rayonnant sur l’Europe et la Merveille du monde chrétien d’Occident, c’est aussi et surtout le centre cadastral du territoire français. Le point « zéro » de la nation! Le cœur de la nation, tout un symbole… militaire.

Les faits : dès les premières images, on s’étonne que le feu ait autant progressé avant l’arrivée des médias qui pullulent dans la capitale. Les premiers micros-trottoirs sont formels : il y a eu deux « détonations sourdes » juste avant l’incendie. Les autres « faits » sont des méfaits.

L’enquête : elle indique qu’il y a eu deux départs d’incendie. Ce qui écarte la thèse du mégot qui se balade bouter le feu par-ci par-là ; ainsi que la thèse d’une aspersion chimique, inflammable spontanément en deux points distincts et distants l’un de l’autre de plus de cent mètres : Notre-Dame de Paris a fait l’objet d’un attentat islamique à la bombe incendiaire de type militaire. C’est une signature, aussi énorme que les deux tours du WTC ou les deux Bouddha de Bâmiyân.  Un incident, ce peut être un accident ; deux incidents, c’est un attentat.

Peu de temps après, Recep Tayyip Erdoğan récupère Sainte-Sophie à Istanbul pour en faire une mosquée. Deux cathédrales chrétiennes. Puis le ton monte entre la France et la Turquie en Méditerranée, d’abord du côté de la Libye où des vaisseaux militaires français sont « spotés » par ceux de la Turquie en route pour Tripoli ; puis du côté de la mer Égée où Erdogan multiplie les provocations.

 Le monsieur, il n’est pas content qu’on lui tienne la porte de l’Europe fermée et fulmine jour et nuit ! Sa conquête ottomane retardée !  Et il en attribue le fait, probablement à raison, aux arcanes diplomatiques franco-européennes.  Ce serait aussi un excellent prétexte pour exprimer son appréciation toute personnelle de la politique de Sarkozy en Libye.  Il ne s’agit pas ici de complotisme Qanon, mais de faits, seulement de faits qui me semblent très étroitement liés. Pas vous ?

Rose Martin