Paris : dégâts du ramadan chez une caissière et deux gamins

Publié le 9 août 2012 - par - 4 985 vues
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Ce jeudi, je descends faire des courses au supermarché. File d’attente à la caisse. La caissière est particulièrement lente et s’y prend à plusieurs fois pour passer les produits achetés.

Mon tour arrive. Elle se trompe, recommence et s’excuse « Je suis maladroite aujourd’hui ». Sans malice, je réponds « pourtant vous êtes au frais dans le magasin »

-C’est parce que je fais le ramadan

-Ah, vous voyez, ce n’est pas adapté à la vie moderne cette coutume du VIIème siècle

-Autrefois, les gens le faisaient et travaillaient plus dur que nous …

Je dépose mes achats dans mon caddy, je ne veux pas discuter de cette réponse toute faite. Je n’ai pas envie de me fâcher dans mon super marché habituel.

Sinon, je lui aurais répondu que les occupations des bergers au VIIème siècle ne demandaient pas la même tension qu’un travail à la caisse et que l’espérance de vie de ces gens étaient bien plus courte que la nôtre, etc.

En remontant chez moi, je rencontre deux gamins, des voisins d’environ 10 ans, un arabe et un africain qui me demandent des nouvelles de ma chienne avec laquelle ils aiment bien jouer.

-Vous n’êtes pas partis en vacances

-Non, on s’ennuie

-Pourquoi n’allez-vous pas à la piscine

Ils prennent un air gêné, je leur demande si c’est une question d’argent en précisant que l’entrée est modique pour des écoliers. Comme j’insiste, l’arabe me dit : on ne peut pas, c’est le ramadan.

-Pourquoi, on n’a pas le droit d’aller à la piscine pendant le ramadan ?

-Non, on peut avaler de l’eau sans le faire exprès

-Ah, vous êtes obligés de faire le ramadan ?

-oui

-Qui vous oblige ?

-la famille, tout le monde le fait, on n’a pas le choix.

Je leur dis que toutes les religions, le judaïsme, le bouddhisme, le christianisme ont évolué avec le temps et se sont adaptées au monde moderne, sauf l’islam. J’ajoute que toutes les religions pratiquent le jeûne mais pas pendant un mois et que j’espère qu’ils pourront choisir quand ils seront grands.

Pauvres gamins qui traînent dans la rue désœuvrés sous un soleil de plomb…

Alice Braitberg

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