Paroles, paroles, paroles : Sarkozy 2012 n’est plus que l’ombre du candidat de 2007

Publié le 7 mars 2012 - par - 1 130 vues
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Mardi soir, l’émission « Des paroles et des actes », présentée par David Pujadas recevait le candidat Nicolas Sarkozy, avez-vous remarqué que chaque intervenant s’appliquait à dire « Bonsoir Nicolas Sarkozy », pas une fois M. le Président ….

Après une présentation assez brève dans laquelle nous avons eu droit à une incessante litanie de « moi je », nous passons enfin au débat.

Devant l’affichage des courbes de sondage en sa défaveur, Sarkozy veut nous faire croire qu’il ne croit pas aux sondages alors pourquoi avoir recours aux services de M. Patrick Buisson ? À la tête du cabinet Publifact, Patrick Buisson a facturé en 2008 à l’Élysée un total de 130 autres factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par Opinion Way et publiés par Le Figaro et LCI pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d’euros pour l’année 2008.

Au bout de 10 minutes, je n’en pouvais plus de supporter ce personnage prétentieux, égocentrique et j’en passe  mais j’ai quand même suivi toute l’émission par conscience « professionnelle ».

L’intervention de la première journaliste qui analyse les comportements, n’avait aucun intérêt si ce n’est de flatter le narcissisme de Sarkozy.  

 Puis vint la seconde partie avec François Lenglet., économiste sur BFM TV. Il posa quelques bonnes questions, mais François Lenglet se fit plutôt mou alors qu’il avait été si agressif avec Marine Le Pen et Jean-Luc  Méluchon.

– Sur le RSA, Sarkozy dit qu’il y aura une « évaluation tous les 18 mois » sur les efforts de réinsertion, etc. Sauf qu’il oublie qu’à l’heure actuelle, il y a une évaluation tous les 6 mois… Évaluation totalement bidon, et ce sera pareil avec 18 mois, surtout que ces évaluations sont assurées par les Conseil généraux socialistes qui sous-traitent à des associations subventionnées… Sarkozy conditionne le fait de travailler 7 heures par semaine à l’échec de cette évaluation tous les 18 mois. Donc les bénéficiaires du RSA peuvent continuer à dormir sur leurs deux oreilles.

– Sarkozy prétend que les parents d’élèves ne peuvent pas avoir de rendez-vous avec les enseignants parce que ceux-ci quittent leur établissement  après leurs 18 heures de cours ce qui est un mensonge total d’après mon expérience personnelle, même pour les enseignants les moins investis. Il oublie toujours les heures de travail faites à la maison. C’est un classique de dire que les professeurs ne font jamais rien.

– Sur la fiscalité « cadeaux aux riches » : total noyage de poisson, et impasse totale sur le bouclier fiscal ! François Lenglet se fait totalement balader. Pas une question sur les chèques remis à Mme Bettencourt , pas une remarque sur le non-retour des riches …

– Sur l’Europe pas une question sur le MES, ni l’argent jeté par les fenêtres pour la Grèce, la loi Pompidou –Giscard de 73, etc.

Troisième partie avec Fabien  Namias sur la politique (comme si le reste n’était pas politique).

– A la question de « droitisation », en comparaison avec les thèses  du Front National, Sarkozy s’en sort avec une pirouette : « Si Madame Le Pen préfère le soleil à la pluie, dois-je dire le contraire ? » « Si Monsieur Le Pen dit qu’il aime la France, moi aussi. »

– Sur le halal, « je n’ai jamais changé de position » (hum, 2 changements en une semaine, à Rungis le 21 février il dit qu’il n’y a pas de problème, à Bordeaux le 26 février  il veut un étiquetage sur toutes le viandes). Notons que Sarkozy demande un étiquetage mais… sur la base du volontariat » (donc exit toute loi !) Il dit : sur cette affaire, Madame Le Pen a « des relents de haine » et pas moi. On lui pose la question sur les propos de François Fillon, et Sarkozy botte en touche en disant que ça n’intéresse que les journalistes et que les Français s’en moquent.

– Il n’y a pas de « terres de l’extrême-droite ». L’extrême-droite n’aide que les socialistes donc ce n’est pas la peine de voter pour Marine Le Pen, petit appel aux voix du Front National.

– « Nous avons trop d’étrangers sur notre territoire ». Sur les regroupements familiaux, rien de nouveau. C’est quand même pendant son quinquennat que le chiffre d’immigrés a bondit …

– Propositions de conditions de durée de présence en France pour le RSA et le minimum vieillesse pour les étrangers. Pas de remise en cause de l’AME pour les clandestins (et Sarkozy confond allègrement CMU et AME…)

– Sur le soutien de la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD. Sarkozy se justifie en disant que le poste n’est pas rémunéré, et botte en touche en disant que Marine Le Pen a hérité du parti de son père, et autres tacles sur Martine Aubry fille de Delors et les fils de Mitterrand. Il y a d’ailleurs d’autres passages de l’émission où Sarkozy se justifie en disant que les socialistes font pareil (par exemple sur l’accusation de « Président des riches »). Autrement dit, si ton voisin vole, tu as le droit de voler… Belle moralité !

Quatrième partie, débat avec l’empoisonneur responsable mais pas coupable Laurent Fabius.

– Sarkozy « chambre » bien Fabius sur certaines de ses paroles à l’encontre de Hollande.

– Sarkozy prend vite le dessus dans le débat, en interrompant sans cesse Fabius. Mais celui-ci arrive à reprendre l’avantage en alignant une série de promesses non tenues par Sarkozy.

– Argument fallacieux  de Sarkozy : qu’est-ce que ça aurait été si Royal avait été élue !

– Bataille de chiffres… Et le débat s’enlise au raz des pâquerettes. Minable bataille de chiffonniers. Aucun projet pour la France et les Français, ni d’un côté ni de l’autre.

– Fabius attaque sur la concentration des pouvoirs, l’éloignement de Sarkozy avec les valeurs de la République. Sarkozy réplique que Fabius voulait soutenir DSK, et rappelle quelques épisodes de Fabius premier ministre de Mitterrand.

– Bon, finalement match nul… et sans intérêt.

 Cinquième partie (il est 23 h 30) : « droit de suite » avec Hélène Jouan et Franz-Olivier Gisbert.

– La journaliste parle des 500 signatures pour Marine Le Pen. Ce serait anormal qu’elle ne puisse pas concourir au nom de la démocratie Sarkozy propose donc un parrainage par les citoyens… quand il sera réélu.

-François Fillon, dès 2007 disait que la France était en faillite alors  pourquoi avoir attendu 2011 pour traiter de la dette de l’État au lieu de s’en occuper dès le début ? Sarkozy cite ses réformes qui économisent de l’argent donc qui réduisent la dette de l’État…

– Sarkozy ne se sent pas responsable pour la dette contractée alors qu’il était ministre de Chirac.

– Séquence larmes avec évocation des cercueils des soldats aux Invalides.

Finalement, Sarkozy parle bien, énerve avec son « moi je », mais on sent qu’il est sur la défensive et qu’il n’a pas la pêche de 2007. Et surtout, on constate qu’il n’a aucune ambition, aucun projet, aucune vision d’ensemble pour la France et les Français.

Je me dis que jusqu’à présent, on n’a quasiment pas parlé de la France et des Français… On a surtout parlé… de Sarkozy !

Marie-José Letailleur

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