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Partition de l’Ukraine : et après ?

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La partition de l’Ukraine (ci-dessus) telle qu’elle semble se dessiner de par le sort des armes mettra-t-elle de facto fin à l’affrontement entre ce pays, réduit à sa partie nord-ouest, et la Fédération de Russie ? Evidemment non. Pour une raison qui tombe sous le sens : si la Russie étend son territoire par l’annexion de ce qu’elle appelle la Novorossia, elle ne fait que déplacer le problème vers l’ouest. La « nouvelle Ukraine », sous la houlette du l’inénarrable joueur de piano à queue Zelenski, souhaitera toujours adhérer à l’Otan et à l’Union européenne. Qui dit adhésion à l’Otan dit installation de bases de missiles nucléaires aux nouvelles frontières de la Russie. Quelle différence avec la situation qui prévalait le 23 février 2022, veille de l’entrée des forces russes sur le territoire ukrainien ?

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Contrairement à ce que ressasse la propagande occidentale, l’armée russe est victorieuse en Ukraine : elle s’est définitivement installée dans les deux territoires sécessionnistes du Donbass ainsi qu’en Crimée, et progresse inexorablement sur la partie sud de l’Ukraine. Elle contrôle désormais la totalité de la Mer d’Azov. Dans quelques jours – quelques semaines tout au plus – elle aura la mainmise totale de la partie nord de la Mer Noire appartenant à l’Ukraine.

Game over ?

De toute évidence, non : la « Troïka » – Etats-Unis, Otan, Union européenne – n’est pas prête à reconnaître ce qu’il faut bien appeler une défaite militaire, malgré l’aide substantielle qu’elle aura apportée aux forces ukrainiennes en apport de matériel et soutien logistique. D’autant plus qu’il y a quelques mois, les Etats-Unis ont subi une déculottée mémorable en Afghanistan. Difficile pour la « première puissance militaire du monde » d’en accepter une autre en si peu de temps.

Nouveau jeu, donc, avec de nouvelles frontières, mais avec le même enjeu : la « nouvelle » Ukraine restera l’abcès délétère qui peut prolonger indéfiniment cette guerre étrange, que l’an dernier encore personne n’avait sérieusement vue venir.

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Seuls juges de paix : les armes de destruction hypermassives que possède la Russie :

« Satan 2 » : défier militairement la Russie relève de la folie suicidaire

et dont elle n’hésitera pas à faire usage si la Troïka s’amusait à trop titiller les moustaches de l’ours… La Russie possède les moyens de rayer l’Europe et les Etats-Unis de la carte du monde. L’équilibre de la terreur a joué depuis la fin de la seconde guerre mondiale : pas de conflit majeur, mais une myriade de conflits à plus ou moins basse intensité, dont les Etats-Unis ont quasiment toujours été à l’origine.

La télévision russe parle ouvertement de troisième guerre mondiale. Un pays qui, au cours de la Grande Guerre patriotique qu’il a menée contre l’Allemagne hitlérienne  a accepté de perdre vingt millions des siens, peut-il être suspecté de bluffer ? Les dirigeants occidentaux n’ont que quelques semaines pour répondre à cette question. En toute modestie, on leur suggérera de réfléchir à deux fois.

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Il n’y a alors qu’une seule issue raisonnable au conflit : la Troïka accepte la nouvelle carte de l’Ukraine et demande à Zelinski de mettre la pédale douce – jouer du piano avec son zizi lui laisse les pieds libres – sur ses prétentions : l’Ukraine restera un pays tampon entre l’UE et la Russie : pas d’intégration à l’UE, pas d’intégration à l’Otan.

Si la Troïka s’obstinait, des Sarmat sont si vite partis sur les capitales européennes (Paris ? Berlin ? Londres ?), ou vers les mégalopoles américaines… Certes la Fédération de Russie pourrait subir de terribles représailles, mais, dans ce jeu apocalyptique, les pitoyables facéties du joueur ukrainien de piano à queue en valent-ils la chandelle ?

Peut-on espérer des dirigeants occidentaux qu’ils auront la sagesse de répondre par la négative à cette question existentielle ?…

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni