1

Pas besoin twavailler

« Pas besoin twavailler », tels quels sont les propos,

Entendus dans la rue au sortir du boulot,

Avec un fort accent à couper au couteau,

Entre deux borborygmes, d’origine « késako » ?.

Bizarrement sentir des frissons dans le dos,

Une exaspération, une envie de gros mots,

Une certaine crispation liée aux fondamentaux

D’une civilisation où le travail prévaut.

« Pas besoin twavailler », on peut extrapoler,

Se dire qu’au loto, la personne a gagné

Qu’au Wakanda, il/elle est roi de la cité

Qu’un mari richissime a su l’en exempter

Qu’elle a bien de la chance de n’être pas forcée

Ni de se lever tôt, ni de tard se coucher

Ni quelle bénédiction l’en a exonéré

Pendant que ta journée se résume à trimer.

« Pas besoin twavailler », dit-elle du téléphone

Certifié dernier cri, conçu par l’autochtone

Grâce auquel elle peut être en Afrique synchrone

A droit à la parole comme tous les allophones

Se permet de crier faisant fi des personnes

Qui l’entourent, qui supportent sa voix qui résonne

Dans le métro, le tram, elle barrit et elle tonne

C’est plus un téléphone mais c’est un mégaphone !

« Pas besoin twavailler », la France est accueillante

La CAF et la Sécu sauront être charmantes

Sauront bien recevoir de façon bienveillante

Tous ces nouveaux venus, ces chances qui enchantent

Les préfets qui se gargarisent de ces entrantes

Que voilà du sang vif, que voilà des vaillantes

Quel bonheur cette couleur, tellement revigorante

Bon, on va oublier leur côté fainéante.

« Pas besoin twavailler », alors que toi idiot

Tu te lèves le matin pour faire ton boulot

Pour obtenir trois francs, six sous, pauvre bulot

Et elle, ben elle fait rien, elle profite c’est son lot.

« Pas besoin twavailler » et c’est toi le raciste

Qui va pointer du doigt comment tu es fasciste

Tu paies pour ces gens-là et eux ils en profitent

Mais tu es responsable, tu n’en es jamais quitte.

La colonisation, l’esclavage et bien pire,

A vrai dire, j’ai envie maintenant de rugir

Je ne supporte plus cette façon d’agir.

Et pour ma part, je suis lasse de vos délires.

Oreliane