Paysans : revenir aux fondamentaux du capitalisme

Publié le 28 novembre 2019 - par - 7 commentaires - 340 vues
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« Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » a dit Sully en 1638. J’imagine, Macron, qu’on ne t’a pas enseigné cette belle phrase à l’école primaire. Car toi, manifestement, franchement, pour employer une expression à ton image, tu n’en as rien à foutre. Les paysans, Macron, c’est notre âme, ce sont eux qui travaillent notre belle terre de France, cette terre riche qui a fait notre identité et nous a élevés au second rang des exportations mondiales de produits alimentaires.

D’après le site francebleu.fr « la surmortalité par suicide chez les agriculteurs est 20 à 30 % supérieure à la moyenne de la population ». Selon la Mutualité sociale agricole, il y a eu en 2015, 605 décès par suicide. Désormais, on en est certain, un paysan se suicide tous les jours !!! C’est intolérable.

Tout le monde sur Riposte Laïque connaît ma très profonde aversion pour le capitalisme. Mais je voudrais rappeler au grand financier qui nous gouverne, une règle que j’ai apprise, il y a très longtemps à l’école primaire, pour le certificat d’études : prix de revient + bénéfice = prix de vente. Bref, en gros, il y a un producteur et un acheteur. En toute logique économique, c’est le producteur qui fixe son prix. Et s’agissant des paysans, qu’est-ce qu’on constate ? Que c’est le contraire !!! donc, que c’est  le monde à l’envers. Et pourquoi ?  Eh bien tout simplement parce que les chaînes de distribution, qui ne sont que quelques-unes face à la foule des paysans, font la pluie et le beau temps et que selon les règles débiles du capitalisme,  il faut laisser entière liberté aux lois du marché.

Je connais les chaînes de supermarchés. Cela fait plus de 25 ans que je travaille avec elles et pour trouver plus salopes dans le capitalisme, je peux vous dire qu’il faut se lever de bonne heure.

Alors pour moi, il n’y a pas 36 solutions : le gouvernement doit obliger, de la façon la plus autoritaire qui soit, les chaînes de distribution à accepter les prix que désormais les paysans leur proposeront ; puis, réintroduire le contrôle des prix dans toutes les chaînes (sans pour autant que celles-ci répercutent les augmentations sur les consommateurs car elles se font suffisamment de pognon comme ça sur le dos de tout le monde) sur tous les produits que les paysans français leur vendent… avec interdiction totale, évidemment, de contourner cette nouvelle législation en important les même produits sur des marchés étrangers.

Cela est contre l’Europe ? Mais à l’Europe, on lui dit merde ! Elle nous appliquera de lourdes pénalités ? Eh bien là encore, on lui dira merde ! On ne va quand même pas laisser nos agriculteurs mourir à cause de principes édictés dans les bureaux de Bruxelles quand même ! Vous voyez, quand je dis que le capitalisme est une vraie saloperie, en voilà encore un bel exemple.

Philippe Arnon

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Notifiez de
Vincent L.

Si les paysans fixent leur prix, les grands distributeurs peuvent s’approvisionner à l’étranger. Tant que l’on ne remet pas en question le mondialisme (au moins partiellement), on ne peut pas s’en sortir. Il y a une autre issue : que les paysans se regroupent en coopérative puissante, comme le font les Leclerc. Par ailleurs, l’entrave à la concurrence ne peut pas être une solution économiquement viable à long terme. Il faut une concurrence loyale avec des concurrents ayant à peu près les mêmes charges. Le problème est compliqué. Et vous oubliez les gros industriels de l’agro-alimentaire qui sont loin mais très loin d’être des tendres avec les paysans. Ils s’en mettent autant dans la poche ou bien plus que les distributeurs (lire quelques bilans).

POLYEUCTE

Votre remarque s’adresse aux Paysans ? Oui !
Mais aussi aux grandes entreprises avec leurs sous-traitants.
Pour leurs travailleurs, il existe le SMIG.
Rien pour les Paysans, c’est là le problème.

Job

Sortir de cette compétition mondialiste ou seule l’agro-industrie et l’agro-business y trouvent leur compte en produisant et exportant à tours de bras . Renoncer à cette orgueilleuse prétention ( encore émise par Bussereau il n’y a pas bien longtemps ) en disant que : « .la France a vocation à nourrir le monde  » !
Que ce syndicat FNSEA ultra favorable aux échanges mondiaux et à l’agro-chimie se rende compte qu’il perd la guerre de l’opinion : nous ne voulons plus de cette agriculture là ; celle des années 60 , qui ne respecte pas l’environnement ( que de saccages environnementaux au nom du progrès ! ) et pollue sans conscience en laissant l’ardoise à la collectivité .
BASTA la Lambert et sa clique de lobbyistes .

citoyen radical

Bravo pour avoir asséner cette vérité;ras le bol de cette FNSEA et vive les paysans ,les vrais.

VORONINE

1638….? j’ai un doute sur la date , Henri IV étant mort en 1610

finance

Voronine , 1638 est l’année de naissance de Louis XIV . Que vient-il faire ici ?
Pour rejoindre Philippe Arnon, oui, on dit MERDE à l’Europe .

patphil

et surtout à une agriculture respectueuse de la nature qui n’en peut plus des pesticides et des engrais chimiques utilisés pour finalement engraisser les industriels et mal nourrir les gaulois