Pédophilie : silence honteux, mais parfois logique

Dans toutes les affaires pédophiles et de viols qui surgissent toujours en retard d’une dizaine d’années voire plus, le point commun est toujours le silence qui a accompagné le crime. Le silence de ceux qui s’en doutaient voire qui savaient. Et même pas forcément de ceux qui avaient intérêt à cette omerta.

Le premier réflexe que j’ai serait de se contenter de condamner ce silence, mais cela doit-il me priver de toute analyse ? Imaginez que vous soyez directeur d’un organisme (école, centre de vacances, que sais-je) et que l’on vous rapporte que M. Tartempion, votre inférieur hiérarchique, a peut-être agressé sexuellement Mlle Tartempionne sous vos ordres également. Votre première pensée va être probablement « Mais pourquoi cela me tombe-t-il dessus ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? »

Cette réflexion faite, vous allez vous demander comment vous sortir de ce mauvais pas, comment protéger l’institution que vous dirigez. La tentation est grande de transformer le peut-être du départ en certitude que cela n’est qu’un ragot infondé. Et de faire comme si cela n’avait pas eu lieu et d’oublier. Le doute de l’accusation aboutit au fait que cette accusation même est passée sous silence et non signalée à la police. « Ce mec-là, on le connaît bien, il est sympathique, ce n’est pas possible. » Mais honnêtement, pourquoi un délinquant sexuel serait-il agressif dans la vie de tous les jours ? Seul le dernier contact, celui qui lui permettrait de coucher, lui semble inaccessible, pas le reste.

On le voit, la tentation naturelle de la plupart de ceux qui savent, qui se doutent de l’agression, est de se taire. Appeler la police, c’est jeter l’opprobre sur son entourage familial, professionnel, relationnel, bref, c’est choisir la voie la plus dure pour soi-même et ses proches. Soit un choix qu’il est bien tentant de refuser. Si on se tait, on conserve sa vie avec ses avantages petits et grands. Étouffer l’affaire est un choix honteux certes, mais c’est avant tout celui de la facilité.

Bien que cela fût effectivement répugnant, il était donc logique que Didier Gailhaguet, président de la fédération de patinage artistique, ne dénonce pas Gilles Beyer pour le viol de Sarah Abitbol, de même que Frédéric Mion, directeur de Sciences Po, n’a pas voulu croire qu’Olivier Duhamel avait abusé de son beau-fils.

De l’extérieur, nous savons qu’il faut dénoncer les pédophiles mais quand on est concerné, on ne pense pas de la même manière, hélas. Dans les cas concrets, on se comporte souvent différemment de ce que l’on avait prévu.

Je n’ai jamais été dans une telle position pour un cas de pédophilie mais gamin, je me suis tu pour une histoire d’enfant battu que j’aurais dû dénoncer. J’avais l’excuse d’avoir onze ans mais je m’en veux encore. Le silence est, hélas, le choix naturel, ce qui prouve que la nature n’a pas toujours raison.

Platon du Vercors

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10 Commentaires

  1. Nombre de soixante huitards ont toute leur vie qu ils étaient exonéré de leurs obligations légales et morales …et ils ont ainsi basculé en toute conscience sans aucun remords et aucun esprit cri.
    Ils campent sur leurs positions mais en deviennent déviants et ridicules au fur et à mesure de la vérité du temps..

  2. D’un côté se créer des ennuis, de l’autre laisser impuni le crime contre des enfants confiés à nos soins : entre ‘faire ce qui s’impose’ et ‘se laver les mains’ de l’exploitation d’êtres vulnérables, le choix est simple.

    Il l’était pour la Sœur Aloysius de John Patrick Shanley, auteur de ‘Doute’ , qui risquera tout, la condamnation de l’Eglise, sa position, celle de ses supérieurs et la vie même de sa paroisse pour protéger d’un abject prédateur les élèves confiés à ses soins.

    Cette histoire (véridique) remonte aux années 1960. Faut-il que notre fibre morale se soit distendue depuis pour qu’on trouve des excuses à ceux qui manquent à leur devoir le plus élémentaire et qui nient même qu’il y ait des devoirs auxquels on ne peut se soustraire.

  3. Le père de Guigou avait au Maroc une exploitation de plusieurs centaines d’hectares.
    Du coup, la fille a décidé de s’inscrire au PS et de se faire courtiser par tous les « ministrables » pour pouvoir retrouver son train de vie. Cela étant, sur cette photo, elle a un regard d’arrogance et de mépris. Elle a une haute idée de sa personne.
    Un bel ensemble avec Duhamel. Ca devait le changer de sa poivrote !!!

  4. Ça me rajeunit de voir Cruella sur la photo.
    Que sont devenus les 101 dalmatiens ? Elle ne les a tout de même pas refourgués à un zoophile socialiste j’espère !

  5. Guigou? elle doit sa promotion politique à l’alcôve de Mitterrand qu’elle a intimément fréquentée….

  6. Mais quel mépris dans le regard de la Guigou sur cette photo. J’ai envie de lui foutre une grosse tarte dans la gueule, tellement elle me degoute. Elle qui fut ministre de la justice, elle était au courant des saloperies que faisaient ses semblables du même camp politique que le sien. Copains-coquins, tous des crabes dans le même panier.

    • Même réponse. ..Élisabeth Guidou ? la gauche perfide dans toute sa lâcheté. ..

  7. duhamel ,ce personnage autain et répugnant lorsque sur les plateaux TV il était en présence d’un représentant du RN il le toisait avec orgueil et dédain ….il peut crever !!

  8. Le Juifs le pire des saloperie cest bosser 10 ans a leurs contactes

    • Vous devriez changer de pseudo et vous appeler  » mouchamerde », pro-fête de malheur !!! et d’abord un sinistre CONNARD !!!

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