Perchoir : les vautours socialistes ont commencé à dépecer Ségolène…

Ce qui est formidable, avec les camarades socialistes, c’est leur sens de l’amitié et de la solidarité. Mardi, volant au secours du soldat Royal, à La Rochelle, accompagnée de Cécile Duflot, la première secrétaire, Martine Aubry, avait envoyé un signal fort à Ségolène, mais aussi à toute la France : tout le PS est derrière toi. On aurait pu penser, après ce déplacement, que les éventuels candidats au perchoir auraient la décence d’attendre les résultats de dimanche, même si Royal parait condamnée, avant d’annoncer leur candidature. C’est mal connaître la boutique, dans les heures qui ont suivi, trois candidats ont déjà postulé : Bartolone, Lang et Glavany, trois hommes, et trois amis de longue date de RL.

Tout comme François Hollande, élu par 93 % de musulmans, Bartolone doit son siège à l’Union des Association Musulmanes du 93, comme le reconnaissait sans vergogne Mohamed Henniche, le secrétaire de l’association.

Naturellement, ayant le sens du savoir-vivre, ce lieutenant de Laurent Fabius sait renvoyer l’ascenseur.

https://ripostelaique.com/Aid-el-Kebir-Claude-Bartolone.html

Quant à Jack Lang, dont le nom est régulièrement chuchotté dès qu’on évoque des affaires de mœurs mettant en cause d’anciens ministres,  Lucette Jeanpierre avait fait un remarquable résumé d’une brillante carrière politique au service de… Jack Lang ! Mais surtout, à sa place, nous aurions tenu compte du précédent Ségolène Royal, qui, dimanche, parlait de sa conception de l’exercice du perchoir, oubliant juste qu’elle allait perdre dans une semaine ! Quand on regarde les résultats de Lang, parachuté dans la 2e circonscription des Vosges, on constate qu’il a toutes les chances de subir le même sort que la présidente de la Région Poitou-Charentes, et qu’il aurait mieux fait d’attendre avant de la ramener.

Quant à Glavany, qui a eu l’intelligence de ne pas postuler officiellement, mais de faire savoir qu’il était quand même intéressé par le poste, c’est une vieille connaissance de RL, qu’il s’était permis d’insulter sur les ondes de RMC, à l’émission Carrément Brunet… ce qui lui avait valu cette mise au point saignante de Lucette Jeanpierre, jamais en retard quand il s’agit de remettre les pendules à l’heure.

Royal, ce dimanche soir, expliquait en quoi le fait qu’une femme soit présidente du Parlement était un événement. Elle retarde d’une guerre. Nous allons avoir, dimanche soir, des nouveaux députés issus de la diversité, comme Razzy Hammadi (Montreuil-Bagnolet), Malek Boutih (Morsang, Essonne), Kheira Bouziane (Chenôve-Dijon), Chaynesse Khirouni (Nancy), Kader Arif (Haute-Garonne), Hélène Geoffroy (Vaulx-en-Velin, Rhône), George Pau-Langevin (Paris), Pouria Amishahi (9e circ. Français de l’étranger) et Corinne Narassiguin (1re circ. Français de l’étranger), et peut-être d’autres.

C’est un événement capital, et la politique, c’est l’art d’envoyer des signaux forts. La parité, les femmes, c’est fini, tout cela, place à la diversité et à la double nationalité ! En désignant Najat Belkacem, franco-marocaine qui a porté allégeance au roi du Maroc, comme porte-parole de ce gouvernement, Hollande-Ayrault ont mis en musique la nouvelle civilisation souhaitée par le Parti socialiste. En élisant la franco-algérienne Bariza Khiari à la vice-présidence du Sénat, la nouvelle majorité de gauche avait montré l’exemple. Dominique Sopo signalait qu’il n’y avait pas suffisamment de diversité dans les ministères, c’est le moment, au Parlement de relever ce défi. Pourquoi ne pas mettre Razzy Hammadi président de l’Assemblée nationale ? Certes, Jean-Pierre Brard l’a qualifié peu élégamment, lors de la dernière campagne, de « voleur des HLM » pour de sombres histoires d’emploi fictif, mais il sera élu dimanche prochain, puisque seul candidat à Montreuil-Bagnolet. Surtout l’avantage de cette candidature est qu’elle équilibrerait les choses, avec les pays d’Afrique du Nord. En effet, si la franco-algérienne Benguigui a été nommée ministre de la francophonie, à la surprise générale, sur proposition de Delanoé, et la franco-marocaine Najat Belkacem ministre des Droits des Femmes, et porte-parole du gouvernement, aucun franco-tunisien n’a encore obtenu de poste équivalent. Est-ce pour punir les Tunisiens vivant en France d’avoir voté à 40 % pour le parti islamiste Ennahda ?

L’heure de Razzy Hammadi, ancien président du MJS doit donc sonner, il en va de l’amitié franco-tunisienne. Mais qu’il attende au moins lundi matin, contrairement aux vautours Bartolone, Lang et Glavany, pour postuler, car Ségolène est toujours vivante, et encore soutenue officiellement par Hollande et Ayrault dans la course au perchoir !

Jeanne Bourdillon

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