Perdu au cœur de l’Enfer vert, il survit 36 jours après un crash

Publié le 7 avril 2021 - par - 13 commentaires - 1 352 vues
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La forêt amazonienne compte 390 milliards d'arbres de 16 000 espèces | Radio-Canada.ca

L’odyssée d’un jeune pilote brésilien qui a survécu pendant 36 jours après s’être crashé avec son Cessna en pleine forêt amazonienne nous replonge dans l’univers palpitant des romans d’aventures des années 50.

Pour les ados de l’après-guerre se rêvant en explorateurs intrépides, l’Amazonie est la terre d’aventures par excellence, peuplée de tribus hostiles, de redoutables Jivaros réducteurs de têtes, d’anacondas gigantesques, de jaguars mangeurs d’hommes, de piranhas voraces, de serpents au venin fatal, de fourmis géantes dévorant tout sur leur passage, et autres sympathiques créatures alimentant l’imaginaire d’une jeunesse en mal d’expériences et de frissons exotiques.

Au siècle dernier, l’Amazonie a réellement exercé une fascination dévorante sur les jeunes et les moins jeunes. Bien des expéditions ont disparu corps et biens, à la recherche de peuplades inconnues ou d’hypothétiques  civilisations anciennes.

Les plus âgés se souviennent de Raymond Maufrais, ce jeune aventurier de 24 ans, parti explorer en 1950 les contrées les plus reculées de la Guyane française. Il n’en est jamais revenu, mais un Indien avait retrouvé son carnet de route. Son corps ne refit jamais surface, englouti à jamais dans l’Enfer vert.

En 1925, c’est l’archéologue britannique Perry Fawcett, parti à la découverte d’une cité mystérieuse du  Matto Grosso, qui disparut  mystérieusement. Victime d’une flèche empoisonnée au curare ou de l’environnement sauvage, mort de faim ou d’épuisement, l’énigme reste entière.

Mais pour Antonio Sena, notre pilote brésilien, le sort en a décidé autrement, lui accordant la vie, après 36 jours de peur, de souffrances, mais aussi de courage et de volonté. D’autres pilotes disparus dans l’immensité hostile de l’Amazonie n’ont pas eu cette chance.

Un autre Cessna, tombé en forêt en 1986, n’a été découvert que 20 ans plus tard. Le corps du pilote n’a jamais été retrouvé. Il faut dire que l’immensité de la forêt amazonienne représente 15 fois la superficie de la France.

Parti ravitailler une mine d’or clandestine au cœur de la jungle, Antonio Sena  est victime d’une panne moteur alors qu’il vole à 1 000 mètres au-dessus de l’océan de verdure qui s’étend à perte de vue. Aucune zone dégagée pour tenter un atterrissage forcé, mais une simple trouée devant lui pour se crasher.

L’appareil est détruit mais il s’en sort indemne, rassemble quelques affaires précipitamment avant que l’avion s’embrase. Il sauve une lampe torche, deux briquets, un couteau, une corde et quelques boissons. Le strict minimum pour survivre.

Et juste avant le crash, il a eu le temps d’envoyer un message de détresse, une petite lueur d’espoir… mais il sait que ses chances sont minces.

Pendant 7 jours, il reste auprès de la carcasse de son avion, respectant la consigne pour tout équipage en détresse. Il entend les appareils partis à sa recherche. Un avion militaire le survole, mais sans le voir.

C’est alors qu’il décide de marcher vers l’est, où se trouvent des pistes clandestines et une rivière connue. Sa boussole ? Le soleil.

Chaque jour il arrête sa marche en début d’après-midi pour construire un abri et allumer un feu. Sa priorité, “de l’eau, un abri, du feu”. Grâce à un stage de survie en forêt qu’il a suivi précédemment, Antonio Sena affronte les périls d’une nature hostile durant 36 jours avant d’être sauvé.

Campant sur les hauteurs, loin d’un cours d’eau,  pour éviter d’être attaqué par un jaguar, un anaconda ou un caïman, il repart chaque matin au lever du soleil.

Accompagné par les cris aigus des singes guariba et les milliers de bruits inconnus de cette vie grouillante qui l’entoure, il ne dort pratiquement pas, restant en alerte permanente par peur du danger. Les nuits sont longues, terribles, angoissantes.

Il mange ce que mangent les singes, ou le peu qu’il trouve qui soit comestible, ne s’arrêtant pas pour chercher de quoi se nourrir. Il est vite affamé et perd 25 kilos.

Mais son courage, sa volonté de vivre en pensant à sa famille finissent par être récompensés.

Après un mois de marche, il entend le son familier d’une tronçonneuse. Une famille de cueilleurs de noix lui sauve la vie. Un hélicoptère vient le récupérer.

Il est épuisé, amaigri, hirsute, dévoré par les piqûres d’insectes.

En 30 jours de marche, il n’aura parcouru que 28 kilomètres en ligne droite. Un petit kilomètre par jour de souffrances et d’angoisse !

Sain et sauf, ayant retrouvé sa famille, Antonio Sena ne volera plus pour ravitailler les mines clandestines amazoniennes. Un job fort bien payé mais trop risqué.

Il va écrire un livre. Le titre ? “36 jours”. Souhaitons-lui le succès littéraire.

(source Figaro)

Jacques Guillemain

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Notifiez de
Fabiola FERRANTE

Merci Jacques !
Vous racontez très bien.
On prend conscience des bienfaits de la civilisation…
Justement je lisais hier un article sur la vie au Far-West : maladies, eau potable rare, saleté, hygiène inexistante, dentistes qui vous arrachent la moitié de la mâchoire…
Je pensais que que j’avais lu le pire, mais votre article m’a convaincue que même si nous devons supporter pas mal d’abrutis, la civilisation a du bon quelque part.

A chacun de tracer sa route : entre “la civilisation” avec débilités des ROUGES et des MONDIALISTES et “la jungle” avec serpents et caïmans de la jungle, je ne sais pas où c’est le plus facile… peut-être là où on connaît le terrain et les pièges !
La Terre est un immense traquenard où nous devons avancer toujours aux aguets…

emerillon

Il se trouve que je connais plusieurs points d’Amazonie, Via le Pérou, le Brésil, la Colombie , la Guyane à Maripassoula il fut un temps, à l’époque gérée par trois gendarmes , et où s’était installé un épicier , ancien bagnard , petit village fréquenté par les indiens Roucouyennes et Emerillon , ce charmant petit village au bord du Maroni est devenu un bouge ignoble gràce au tourisme .
On raconte beaucoup de choses au sein de cette forêt , mais je peux affirmer qu’il est impossible de s’y balader , vos bottes s’enfoncent dans la boue et l’entrelas des racines d’arbre ne vous permettent pas d’avancer. Le seul moyen d’y pénétrer est par canot , et là l’invasion a fait son chemin !
Pour l’anecdote , beaucoup d’entre eux se trouvaient des ” ramasseurs ” d’animaux, des criminels ,

emerillon

La suite n’est pas passée,, il s’avère et Monsieur Guillemain doit pouvoir le confirmer que passer au dessus en avion représente un danger potentiel et il me semble pas que ces vols puissent être autorisés .

theodore

ok !

mais il y a eu des faits divers de ce genre BIEN PLUS FORTS !
À commencer par les 7 survivants du crash en 72 / le vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya…
plus de deux mois dans la Cordilliere des Andes…( ils ont dû pratiquer le cannibalisme pour pouvoir rester en vie ! ) survivre en haute altitude est bien plus difficile que dans la
jungle…( car possibilité de se nourrir ! )

Phil93

super , ça fait vachement avancer le schmilblic sur l’islamisation du pays et la dictature sanitaire et ses tests géniques sur la population !
c’est quoi votre prochain article ? l’exploit de l’africain qui est monté le long de l’immeuble sauver un enfant qui n’était pas en danger ?
c’est RL ou BFMRL ?

BobbyFR94

Phil93, je crois que l’auteur voulait souligner les dangers de l’Amazonie et le fait que le courage, la volonté pouvait réussir à survivre là où la nature est des plus inhospitalière !!

Je fais le parallèle avec la situation en France, où, dans certaines zones de non-droit, NAZISLAMISEE si tu préfères, le danger est différent, mais bien plus présent…et…mortel surtout !!!

Mais, bon, chacun trouvera ce qu’il veut dans cet article-là :-)))

Detomaso Pantera

Oui,bien, et ? RL se soucie des autochtones d Amazonie peut-être ? Ça se saurait..

emerillon

mais qu’on leur foute la paix bon sang !

zéphyrin

1 km par jour…belle rando cool (sourire) apparemment le briquet n’a rien pu enflammer pour signaler sa position aux appareils qui le cherchaient…
il faut volonté et chance pour s’en sortir parfois.

Raoul

Bel article. Palpitant miraculeux j’ai lu le livre sur maufrais et aussi celui de son père parti à sa recherche… Sans succès. On les trouve en poche facilement

emerillon

Raoul , ce livre ,’est que du pipeau , le père complètement alcoolisé , titubant dans les caniveaux à Cayenne , est parti cherchez son fils dans un état d’ébriété qui a fait que les autorités ne voulaient pas de cette recherche, on en a fait tout un roman sans vraiment révéler cet état de fait

Rems

Chapeau !

Sei

Intéressant.

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