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Permettre le halal, c'est permettre l'islam intégral !

Casino s’islamise ! Répondant à une demande croissante de consommateurs désireux d’acheter du religieusement correct, et fort de la maxime vespasienne selon laquelle «l’argent n’a pas d’odeur», Casino s’est lancé sans hésiter dans le halal. Et la marque s’en félicite, le chiffre d’affaires ayant été multiplié par 3. Plus encore, Casino va dans le sens de l’Histoire : en Europe, 25 millions de consommateurs achètent des produits labélisés halal. Mieux : Casino se glorifie d’être l’image même de la tolérance civilisationnelle, ses magasins contribuant à la construction d’un «monde de diversité» capable de satisfaire aux désirs agroalimentaires de tous les consommateurs.
D’ailleurs, Casino n’est pas le seul à s’islamiser : Leclerc vend désormais du ramadan, de la soupe Harira et toute une gamme de produits conformes aux prescriptions coraniques, à l’instar de la viande, qui porte un étiquetage assurant qu’elle provient bien d’animaux abattus selon les codes religieux.
Chez Auchan également, les décideurs ne sont pas en reste: il faut – disent-ils – que les magasins s’adaptent, sans discrimination aucune, ce qui est un bien, aux attentes du client, ce qui n’en est pas nécessairement un, les attentes pouvant engendrer, à terme, le contraire du fameux «droit à la différence» systématiquement invoqué, puisqu’à ce rythme viendra le jour où seuls les produits halal seront autorisés !

En effet, l’alignement sur le halal a sa face cachée, faite de pressions quotidiennes au terme desquelles les grandes marques se voient obligées de certifier que leurs produits sont compatibles avec l’islam. Ainsi, sous l’insistance de diverses associations musulmanes, la direction de Coca-Cola France a finalement décidé de faire appel à l’organisme de certification de la mosquée de Paris (sic !) afin de garantir que le Coca-Cola commercialisé par la firme française est exempt de tout alcool, et donc parfaitement halal ! De même, pour éviter la mise au ban, Masterfood s’est empressé de démentir la présence de graisse animale, notamment porcine, dans les barres chocolatées Snickers et Bounty.
Qu’on le veuille ou non, de plus en plus de médicaments, de yaourts, de cosmétiques et autres produits de consommation courante précisent désormais qu’ils ne contiennent aucun ingrédient haram, c’est-à-dire illicite.
Mais le halal n’en reste pas là, sa face cachée s’enfonçant dans l’infinie profondeur des revendications islamiques. La preuve en est que le Président Directeur Général de Coca-Cola France, Christian Polge, a dû clarifier sa position lors du dernier conflit au Moyen-Orient, la firme française ayant été accusée de financer les forces israéliennes ! De même, des milliers de SMS ont incriminé McDonald’s d’avoir reversé ses recettes du jeudi à l’Etat hébreu pour acheter des obus !
Le halal n’est donc pas un simple tampon apposé sur un produit : c’est la marque de notre conformation à l’islam, ou, si l’on préfère, de notre détricotage républicain. Légitimer la viande halal, c’est légitimer l’égorgement d’un animal non étourdi, et, par suite, contrevenir à l’article 3 de la Déclaratilon Universelle des Droits de l’Animal, qui stipule que «si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse». Acheter halal, c’est verser une taxe aux instances musulmanes, qui ne manqueront pas, de ce fait, d’étendre le halal ! Les banques islamiques sont halal ; les hôtels et les restaurants sans alcool sont halal ; la burqa, le hidjab, le burkini sont halal ; l’antisémitisme, les crimes d’honneur, la lapidation, la condamnation des homosexuels, le délit de blasphème, la non-mixité, l’inégalité des sexes, les mariages forcés, la polygamie… sont halal ! A contrario, l’école pour toutes les filles du monde, la liberté de sortir tête nue lorsqu’on est une femme, la liberté de choisir son époux, la liberté de choisir sa religion ou de n’en choisir aucune, la liberté de choisir ses orientations sexuelles, la liberté d’expression, la laïcité, l’abolition de la peine capitale, la monogamie, le mariage à partir de 18 ans… sont haram !
La grande distribution semble n’avoir pas vu cela, ou alors elle s’en moque, tout comme TF1 – qui vante les mérites des plats cuisinés Zakia : « Zakia halal, toujours un régal » ! Un régal ? D’accord ! Mais pour qui ? Et pour combien de temps ?
Il est vrai que de telles questions échappent aux intelligences commerciales, leurs préoccupations premières n’étant ni la morale, ni l’Histoire !
Maurice Vidal