Une petite graine prénommée Fascisme

Publié le 19 avril 2016 - par - 18 commentaires - 1 006 vues
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Marianne, la petite jardinière, aimait tendrement son jardin. Elle l’avait hérité de ses aïeux qui avaient pris soin, amoureusement et à chaque époque comme nous l’apprit Mendel, d’ajouter une lignée extérieure par espèce à la génération suivante pour affermir l’hérédité. Le célèbre généticien n’était pas encore né que les ancêtres de la belle utilisaient déjà ses axiomes : bouturer, croiser, retourner les mottes, laisser reposer le sol une année sur trois, arroser, tenir compte de l’ensoleillement et des frimas, engraisser la terre. Marianne était heureuse au milieu de ses graines, si heureuse qu’elle faisait fi des vents et des saisons qui lui amenait régulièrement des spores nouveaux portés par les airs, les insectes et les oiseaux. Elle était si charitable qu’elle acceptait tous les enfants de la Terre, quelles que fussent les directions indiquées par la rose des vents. Le souffle était majoritairement d’ouest en son merveilleux pays, il apportait des trombes liquides de l’océan limitrophe pour arroser abondamment ses palettes de verdure. Occasionnellement, le nord, l’est, le sud et le sud-est généraient d’autres missives. Le nord et le nord-est envoyaient leurs bises glaciales et stériles dont il fallait protéger les plantes rares en les abritant. Le sud et le sud-est amenaient le chaud, les sables brûlants transportés par le sirocco, mais aussi les graines et les insectes exotiques que les migrateurs ramenaient dans leurs ailes à la belle saison.

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Marianne aimait toute cette diversité colorée et bigarrée. Elle était du nord et du sud, de l’est et de l’ouest. Une terre naturellement d’accueil, soumise depuis toujours à toutes les influences.

Mais un jour une minuscule graine apportée par le ciel et prénommée Fascisme tomba au pied de la haie qui jouxtait la maison. Loin de sa mère patrie, elle s’enfonça profondément dans la terre pour se protéger des prédateurs ailés. Un petit malheur n’arrivant jamais seul, Marianne tomba malade et dut s’aliter. Sans doute le froid du nord plus industrieux n’y était pas étranger, elle qui vivait pleine d’insouciance et pensait que ses charmes seuls étaient la cause de ses succès, de la beauté de son enclos. Elle se dit qu’elle avait le temps pour retourner à son jardin. Mais la maladie s’aggrava, les résistances s’affaiblirent, elle allait de mal en pis et ne quittait plus le lit. « Le jardin attendra » disait-elle.

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De son côté la petite graine prénommée Fascisme grandissait. Déjà son minuscule tronc incommodait les herbes voisines qui n’avaient rien demandé d’autre que d’être tranquilles entre congénères avec lesquelles on se tailladait quotidiennement la bavette quand on ne travaillait plus que trente cinq heures hebdomadaires… pour les plus audacieuses. Trop besogner rendait riche et attirait la jalousie, c’était mal vu au pays des tondeuses. Ici on écourtait les extrémités pour un ridicule dépassement des normes. Il fallait partager : « Libertivert, Egalivert, Fraternivert » était la devise du jardin de Marianne. La petite graine prénommée Fascisme grossissait tellement qu’elle finit par provoquer un déménagement drastique des herbes environnantes qui voulaient retrouver leur paix d’antan. « La nature reprend ses droits » rétorqua l’importune, « La raison du plus fort est toujours la meilleure » ajouta-t-elle.  La petite graine prénommée Fascisme fascinait, mais repoussait par ses pratiques illicites qui masquaient à peine sa dévorante ambition. Désormais haute de cinquante centimètres, d’origine vivace et de nature acide, elle stérilisa tout l’alentours et son périmètre s’étendit bientôt sur un petit mètre carré. À cette étape, les plantes voisines de taille identique commencèrent amèrement à se plaindre, car Fascisme était expansionniste et territorialisait l’espace sans complexe. Les plaintes affluaient au commissariat végétal déjà débordé. Les avocats du potager entrèrent dans la danse.

Un lilliputien écho du délit vint aux oreilles des fleurs et plantes en pot de haute lignée qui se trouvaient à l’étage sur les bords des fenêtres de Marianne. Nos élites arborescentes avaient eu vent de ce petit vacarme de piétaille et s’enquirent des faits. La petite plante Fascisme paraissait si chétive vue d’en haut ! Quels étaient ces méchants identitaires si peu tolérants qui faisaient tant de bruit pour si peu de dérangement ? Fascisme était si charmante par son feuillage naissant, par ses atours colorés si originaux en mosaïques, comparés à ceux des espèces natives sinistres et si peu variées. On s’emmerdait grave avec ces indigènes ! On fit taire les imposteurs et la police des mœurs végétales les fit déménager dans une périphérie du jardin. Ils n’avaient qu’à bien se tenir dorénavant, le progrès commandait.

Jurisprudence faisant loi au pays du statu quo, notre petite Fascisme s’en souvint alors qu’elle croissait tranquillement prenant de plus en plus de place. Puis elle commença à s’attaquer aux couches administratives du rhizome local. Les gardiens du jardin, feuillus en haies et sapins en cloisons, s’inquiétèrent à leur tour. Ceux-ci, héritiers des traditions aristocratiques d’André Le Nôtre, étaient des morceaux de choix pour la bataille rangée à venir. Ici on ne badinait pas avec l’ordre : « tous en rangs, en cercles ou en triangles, mais au cordeau ! » Le mépris hautain fut leur première et dernière réponse. On ne parlait pas avec un parasite séditieux de basse extraction, d’autant qu’il venait d’une quelconque terre étrangère. On ne devait même pas s’abaisser à le combattre. Génétiquement, sociologiquement, c’était incompatible avec le rang, avec la sève. Nous n’avions pas les mêmes valeurs. Mais la petite Fascisme grandissait, elle entra dans l’adolescence fertile. Sa première saison nubile envoya quelques graines infantiles chatouiller les racines des barbons empoudrés. « Mépris pour la marmaille comme pour la génitrice ! On regarde ailleurs les amis ! On n’en parle même pas aux plantes en pot de l’élite d’en haut. On ne les dérange pas pour de telles mesquines embrouilles. De quoi aurions-nous l’air, la noblesse de robe, d’épée et de cour ? De vulgaires manants ! »…

Les années passaient. Marianne était toujours alitée. Elle était devenue pauvre et n’entretenait plus son jardin dont les fruits et les fleurs faisait sa richesse autrefois. Elle végétait d’expédiants, de la providence des princes extérieurs qui lorgnaient sur les essences rares de son verger. Ils espéraient acquérir l’ensemble en viager, se gardant bien de lui indiquer quelques médications salvatrices. Car les maux délétères de Marianne n’étaient que de la déprime, une vulgaire dépression, une banale mésestime de soi. Son amant Le Courage l’avait quittée. Délaissée, elle était devenue sale, laide et maigrichonne. Sa merveilleuse chevelure de naguère, qui faisait son commercial argumentaire, était devenue filasse. Pendant ce temps-là notre petite Fascisme était devenue grande, vigoureuse, attirante. Elle engrangeait les convertis à la louche. Ses ouailles avaient conquis de multiples espaces tandis que sa canopée exotique s’étendait sur la moitié du jardin jusqu’aux contreforts des fenêtres, léchant déjà les pieds des pots des nobles plantes en pots.  Ces dernières commencèrent à négocier avec notre ex « petite » un espace vital moins important pour elle, « si cela ne vous dérange pas », car la revêche liane étendait maintenant son territoire exclusif, ses dômes végétaux  et ses tours dans sept cent cinquante et un petits endroits insignifiants du jardin autrefois luxuriants d’indigénat mélangé. La mégère devenue était de plus soutenue dans sa conquête par les princes aoûtiens et d’ailleurs qui retenaient Marianne sous leur emprise maléfique. De nombreuses boutures avaient eu lieu ici et là entre l’autochtone et l’allochtone, renforçant le patrimoine du souchien, amendant l’agressivité de l’envahisseur. « Nous vous donnerons quelques pots supplémentaires à nos côtés… quelques tours et quelques mètres carrés, mais cessez d’envahir les territoires d’en bas » se lamentait la haute ! « Le peuple gronde, même si celui-là restera toujours nauséabond, nous nous en sommes toujours méfié… Regardez ce qu’ils ont fait à nos ancêtres, la poire Louis, la pâquerette de Bohême Marie-Antoinette et leur cher petit bourgeon. Ils leur ont coupé la tête, ils les ont éradiqués !… Mais ne touchez plus à nos pots, ce sont nos beaux quartiers réservés, nous les protégerons jusqu’à la mort ainsi que les écoles privées de nos chérubins s’il le faut. Allez donc vous mixer socialement avec la valetaille. D’ailleurs nous sommes effarés de l’apartheid qu’ils vous imposent ! »

Fascisme connaissait dorénavant la leçon des choses de la vie d’ici. Elle était adulte, mère et grand-mère de milliers de regains, tous capables de menteries et de dissimulations pour obtenir encore plus de place pour leurs congénères et descendants. Elle n’hésitait plus, étendait son ramage et distribuait  à l’encan son plumage. De nombreux quartiers de basse terre avaient cédé à ses charmes vénéneux, par la force, la menace et la manipulation. Les plantations originelles s’étaient résolues à migrer vers les marches anciennes autrefois dépeuplées et sauvages, d’autres s’étaient élargies vers les jardins périphériques ou étrangers, si possible les plus éloignés. Fascisme dominait désormais de toute sa hauteur les plantes en pot… Quelques graines de sa dernière génération se mêlèrent alors aux illustres hôtes en leurs territoires olympiens protégés, il n’y a pas si longtemps jardinières épargnées. Il fallait maintenant partager. « Nous nous nourrissons d’engrais licite » prétendirent agressivement les surgeons, « c’est cela ou rien ». « Nous avions autrefois colonisé leurs territoires et spolié leurs patrimoines. Nous étions coupables. Ce coup de force n’est qu’un légitime retour de bâton… » répondirent en chœur les plantes en pot et les pourritures nobles qui finirent par céder à toutes les injonctions, en positions et en titres, en influence et en pouvoir. Il n’était plus suffisant d’être issu de la prestigieuse École Nationale d’Administration des Plantes en Pot pour disposer d’un rond de pot à vie parmi l’élite purifiée. Il fallait choisir : obéir à Fascisme et à ses rejetons, se convertir à l’exotisme ou mourir, accepter le voile sombre sur nos anciennes cultures qui ne voyaient plus le soleil bénéfique, au pire demander la Fascisque arboricole. Ce n’était pas cher payé pour se faire bien voir et pour avoir la paix, comme en 40. Car Fascisme avait des épines sécatrices implacables, les médias végétaux collaborationnistes à ses pieds, ses rejetons maniant en virtuoses la recette empoisonnée des accras de légumes N°47, tous capables du pire…

Marianne a la gueule de bois ce matin. Atavisme professionnel ou subconscience prédictive ? Elle se réveille parcourue de frissons, en sueur et en larmes comme après un coma profond. « Non ! Non ! Ce n’était qu’un cauchemar ! » Marianne, affaiblie, se lève pour aller à la fenêtre… Non, ce n’était pas un cauchemar. C’est… un cauchemar ! Titubante, elle descend l’escalier de la cave et pousse la porte qui mène au jardin. Impossible de l’ouvrir. Les racines envahissantes de Fascisme bloquent tout, une véritable forêt tropicale. Elle tire le battant à elle qui cède sous l’impact d’une fureur venue du fond des âges. Il ne faut pas trop titiller Marianne… Alors elle constate amèrement le désastre. Que sont devenus ses si beaux enfants ? Ici et là, ils crient, ils pleurent, ils errent dans l’absurde et les ruines, esclaves éperdus parmi les milliers de cadavres qui jonchent le sol.  La petite graine Fascisme a tout envahi, a tout détruit. Marianne saisit promptement sa tronçonneuse élagueuse, force décuplée, en une matinée elle découpe et déracine Fascisme. Du petit bois… Puis les regains passent de vie à trépas avant le crépuscule. Que d’énergie retrouvée quand Marianne retrouve confiance en elle et élimine une par une toutes les nuisibles graines ! Au bout d’une semaine le jardin est nettoyé des dômes, des ronces et des tours végétales indésirables. Au bout de deux il est replanté. Au bout de trois il commence à revivre. Marianne a retrouvé le sourire et la santé car son ancien amant, Le Courage, est revenu lui conter fleurette. Elle se fait belle, ses plantes, les élites comme le bas peuple et les métissés l’admirent dans sa splendide renaissance. Ses nouveaux fruits et légumes s’arrachent sur le marché comme des petits pains, plus forts et plus généreux, pulpeux et transformés par un nouveau contrat social. Elle se fait la remarque que rien n’est jamais perdu tant qu’on ne perd pas foi en soi, car la confiance déplace les montagnes… Mais elle se dit aussi que la fin de la civilité jardinière n’est jamais très éloignée quand on la laisse se ruiner moralement, quand on la laisse aller à vau-l’eau et envahir par les mauvaises herbes et les ronces. Tout est dans la tête ; le poisson pourrit toujours par la tête ;  elle le sait ; elle a déjà donné ! Il ne faut jamais cesser de cultiver son jardin.

François Servenière

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Notifiez de
Clamp

Très belle allégorie. Pour moi, c’est justement particulièrement judicieux d’avoir employé le mot fascisme pour tout ce qu’on peut imaginer pouvoir y mettre. C’est comme une métaphore à l’intérieur de l’allégorie. C’est parfait. Et le style est un régal.

Seul PETIT bémol, un peu comme la dernière fois, ça ne véhicule aucune information, ni même une thèse un peu singulière. C’est parfaitement subjectif, et pour beaucoup cette fable se suffit certainement à elle-même, mais moi, j’ai envie d’écrire que nous savons tous, cher François, que vous êtes un puits de culture et aussi que vous avez des idées et du raisonnement, pourquoi ne pas nous en faire profiter en joignant le constructif à l’agréable ?

Je suis sûr qu’on peut compter sur vous. Sauf si vous avez choisi le parti, ce qui est parfaitement respectable, de vous consacrer uniquement aux atours de l’âme humaine et d’en faire un encensement littéraire, et je ne vous en blâmerai pas, loin s’en faut.

François Servenière

Clamp, La Fontaine et ses Fables sont sur ma table de chevet. Il n’y a rien d’étonnant alors de retrouver cette influence ici. J’ai peur qu’en analysant le réel au jour le jour, et j’ai des raisons personnelles de ne pas le faire, je me retrouve à faire de la spécialisation ornithologique. La société et ses faits sont mouvants, l’âme humaine est éternelle. Les motivations de l’antiquité humaine et celles d’aujourd’hui sont identiques : manger, boire, se protéger ainsi que ses descendants, les projeter dans l’avenir avec les meilleures armes, épargner pour son gite et sa retraite, augmenter son savoir pour survivre… Même dans mon travail musical, j’ai toujours détesté les niches et les spécialisations. J’ai toujours eu à l’idée qu’un compositeur devait être capable d’écrire une chanson, une symphonie, pour l’image… Comme un écrivain, un roman, des articles, des poèmes, des scénarios… La culture est un moyen, l’esprit est un prisme. Le mien est ainsi. Merci pour vos compliments.

Clamp

@ François Servenière

Cher François, je suis très affecté par ce que vous m’apprenez et je vous souhaite très sincèrement le meilleur avenir possible. Je n’ai pas bien compris votre phrase concernant la spécialisation ornithologique ni peut-être sa part d’ironie, mais ça n’a pas beaucoup d’importance. Oui je suis d’accord avec vous, l’art esthétique est la base de l’artiste, même s’il peut aussi servir l’art expressif, et ainsi la beauté du message est magnifiée, comme multipliée par la profondeur ou la portée de son emprise sur les évènements. Mais je comprends parfaitement bien que vous puissiez vouloir vous éloigner du réel compte tenu de votre situation.

Signé un dingue de musique et un fou des oiseaux, qui a aussi de sérieux problèmes de santé et ressent beaucoup de compassion et d’affinité avec vous. Mille courages.

François Servenière

Merci pour votre message. Ne vous inquiétez pas, je vais beaucoup mieux, la sonnette d’alarme a eu lieu il y a deux ans. L’allégorie du jardin est aussi une allégorie introspective, celle du jardin intérieur… Ornithologie : je ne voulais pas devenir un spécialiste comportemental des faits humains… J’ai travaillé la sociologie de manière universitaire en Licence de Sciences Eco il y a 35 ans et cela m’a barbé, car je finissais par analyser tous les comportements de mon entourage à la loupe. C’est pour la même raison que j’ai fui la psychanalyse, que tous voulaient me vendre, de manière quasi totalitaire… Eux comme moi nous perdions une part de spontanéité, de naturel, et aussi de névroses que tout un chacun porte… Signé : un dingue de musique… Je vais plus loin que vous : l’art est la base de l’humanisme. La pratique de l’art, active ou passive, autorise l’intériorité et améliore le comportement et la sociabilité, car elle rend heureux. Les gens malheureux sont agressifs.

François Servenière

J’ai eu une expérience de santé désagréable. Mon médecin m’a promis le pire, sans ambages ni précaution. Il m’a donné la solution comme pour les suicidaires à qui l’on dit dorénavant qu’ils sont libres de se supprimer, plutôt que de les supplier de ne pas le faire, avec de multiples pleurs et attentions de l’entourage, voire d’interdictions qui aggravent le cas. Les suicidaires aujourd’hui, dans les cabinets de certains psychiatres, comme ils ont le choix, choisissent la vie et changent leur vie d’eux-mêmes. Je pense que le mode allégorique comme la Fable met chacun en face de ses responsabilités. Alors il trouve les motivations en soi pour aller vers le meilleur. Chez moi, l’heure de sport quotidienne m’a fait passer d’une personne dépressive et condamnée, à positive et remplie de vie.

Bigtox

Bravo Yves et François, vous avez bien raison. Je partage 100%.

Anne marie

quelle belle allégorie que ce récit ; tout y est dit et de belle façon ! pourvu que ce jardin ne reste pas trop longtemps en friche et envahi et étouffe car ce serait sa mort par manque de courage et de combativité pour y travailler !

Yves ESSYLU

pour avoir une correspondance avec la réalité il faut remplacer le terme fascisme par le terme marxisme car c’est bien se dernier qui gangrène la France depuis 1945 et la détruit depuis 1975 fin des 30 années d’économie de production

François Servenière

Merci Yves, mais vous connaissez l’histoire et vous savez que marxisme et fascisme son des enfants du même lit. Quand on lit l’idéologie et les buts des uns et des autres, il n’y a souvent qu’un papier à cigarette pour les séparer. Le marxisme-léninisme était fasciste et le fascisme était socialiste… J’en parle au passé à dessein…

« Les gens oublient souvent que les nazis étaient des socialistes. En Union soviétique c’étaient des internationaux-socialistes, en Allemagne c’étaient des nationaux-socialistes. Ce sont deux branches du socialisme. C’est la même chose, avec seulement une légère différence d’interprétation. »
in L’Union européenne, une nouvelle URSS ?
Vladimir Boukovsky (1942-), ancien dissident soviétique

Yves ESSYLU

Il existe une différence fondamentale entre les deux idéologies similaires, auxquelles on peut ajouter l’Islam
-le fascisme est plus qu’ostracisé depuis 1945
-Bien qu’il ait échoué partout, le marxisme continue son oeuvre de destruction des esprits notamment en France
Au delà des lamentations hallucinantes qui ont accompagné staline dans sa tombe, d’aucuns continuent à s’y référer, il n’y a qu’a écouter les propos débiles de « nuit debout » pour le constater

François Servenière

« Le fascisme est plus qu’ostracisé depuis 1945 »… sauf dans l’oumma, où c’est le modèle de référence, c’est ce que signifiait mon texte… Le fascisme est bien plus moderne que le marxisme, car il vient des « faisceaux antiques » universels. N’oubliez pas que le livre le plus vendu en terre d’islam est Mein Kampf… C’est plus qu’un détail, il me semble ! Le marxisme est mort depuis 1958 (Bad Godesberg). Après des pays annexes ont mis quelques dizaines d’années à le tuer, la France étant la dernière des RSS avec les bananières, mais le marxisme en France, il n’y a plus que les paléontologues qui l’étudient ! Par contre ses structures sont toujours assez présentes de fait dans le syndicalisme, l’EN, l’ENA et les entreprises nationalisées, mais l’esprit a totalement déserté les lieux, sauf pour les has been qui continuent seuls le grand soir dans leur coin et dans les CE. Le fascisme est une autre histoire. N’avez vous pas remarqué, on parle d’islamo-fascisme, pas d’islamo-marxisme !

François Servenière

J’ajouterai que par Marx et Hitler, (deux allemands faut-il le rappeler, on connaît la passion outre-rhénane pour l’ordre et l’organisation, et la haine de l’individualisme latin), nous avons ici l’expression d’un même peuple, même si l’un et l’autre ont pris deux chemins mais pour arriver aux mêmes buts : le totalitarisme. Pour finir, je rappelai l’épisode Bad Godesberg pour cette simple raison même. Après 1945, la honte du nazisme par le peuple allemand lui a fait comprendre beaucoup plus rapidement que les autres que le marxisme-léninisme était du même tonneau, procédait de la même impasse, du même esprit, d’autant qu’Hitler avait toujours vanté ce qu’il devait à Marx et Engels (un autre allemand). Le SPD décida alors de s’orienter vers un social-libéralisme d’alternance démocratique qui est toujours d’actualité chez eux et a tant fait leur fortune, puisqu’ils ont phagocyté leur pays frère qui ne l’avait pas compris après 1989. Désolé de vous décevoir, mais c’est juste l’histoire!

pauledesbaux

un très beau conte, Monsieur Servenière, et tellement approchant de la vérité, je vais le transmettre à tous mes Amis internautes, l’imprimer pour le faire lire à mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ils apprendront l’HISTOIRE DE MARIANNE de cette façon Merci Monsieur signé paule di Malta

François Servenière

Merci Paule pour votre message chaleureux et enthousiasmant. Que vous dire ? Merci de tout cœur à mon tour. François

Bermudienne

Compliments à l’auteur pour ce conte allégorique et la qualité de la prose !
Je suggère un tiré à part et la publication par les Éditions Riposte laïque… en attendant le jour où les maîtres d’école pourront l’étudier avec leurs apprenants. Pardon ! Leurs élèves.

François Servenière

Merci Bermudienne. C’est le genre de commentaire qui vous fait bien démarrer la journée…

Un conte merveilleux, une délicieuse prose : Merci mille fois, monsieur Servenière !

François Servenière

Merci à vous Caroline de même. Même chose que pour Bermudienne…