Pétrole ou liberté ?

Publié le 2 décembre 2009 - par

Le vote des Suisses a-t-il vraiment surpris les dirigeants Suisses ? Cette affaire ressemble fortement à l’épisode du vote français par référendum sur le traité de constitution européenne. Il n’y avait pas un jour ou journalistes, hommes politiques n’essayaient de nous convaincre de voter OUI, au risque de mettre à mal l’Europe capitaliste qu’on voulait nous vendre. La crise que nous traversons
prouve à quel point nous avions raison de nous méfier de l’Europe libérale.

Il y a donc eu des mauvais Français, comme aujourd’hui il y a les mauvais Suisses, la seule différence est qu’ en France, on positionnait les têtes pensantes du non à l’extrême gauche alors qu’en Suisse on les positionne à l’extrême droite. Mettre une étiquette en utilisant le mot « extrême » est toujours porteur pour fustiger l’autre et détruire ses défenses. Symétrie presque parfaite donc autour d’un vote démocratique. Attitude identique des média qui ne sentent pas les peuples, qui n’imaginent pas qu’ils puissent décider d’une chose que eux, media, voient autrement.

On n’a donc pas fini de culpabiliser les méchants Suisses, racistes, xénophobes, propres sur eux, mais pas présentables. Si on zappe ce vote, si on ne fait pas en profondeur une analyse fine de ce qu’il met au grand jour, on aura tout faux, en Suisse et ailleurs, car le minaret n’est qu’un symbole. Le refus du minaret c’est bien plus que cela. Si d’un revers de main, on jette cet évènement à la poubelle sans se demander, pourquoi plus de 57 % des votants l’ont exprimé alors les choses ne pourront que s’aggraver.

L’Islam a existé en France et en Europe de manière plutôt sympathique jusque dans les années 1980, maintenant il devient prosélyte, montrant de façon imposante son côté politique et totalitaire. Sommes-nous obligés d’obtempérer sans rien dire ? Faut-il approuver, sans réagir, la construction de multiples mosquées avec ou sans minaret, alors que les églises sont interdites en terre d’Islam et que les convertis au Christianisme risquent leur vie partout dans les pays musulmans ?

Ce « deux poids, deux mesures » n’échappe à aucun européen censé. Nos hommes politiques ne font jamais cette analyse qui saute aux yeux du citoyen lambda. Avons-nous tort de demander pour les femmes musulmanes, le droit à l’émancipation et à l’égalité ou devons-nous trouver normal qu’elles soient voilées, niqabées emburquées comme en Arabie Saoudite ? Est-ce politiquement incorrect ? Avons-nous encore le droit de dire, que dis-je, de penser, en tant que femme : « la burqa ? Non pas ça ici, pas ça nulle part ! » Devrions-nous nous taire en voyant ce glissement manifeste vers l’intégrisme, vers la provocation politique de l’Islam ? Va-t-on continuer à nous violenter ? Les adeptes du port de la burqa, du port des quamis, des barbes devraient bien réfléchir à leur responsabilité, du rejet que leurs agissements provoquent partout en Europe, car c’est cela aussi le vote suisse.

Il n’échappe plus à personne maintenant que le voile va au-delà de la religion. II porte l’affirmation de l’inégalité des femmes et du marquage islamiste politique . L’argument de la liberté religieuse n’a pas marché en Suisse, comme sans doute il ne marcherait pas ailleurs si la question était posée. La communauté musulmane doit s’interroger sur sa propre responsabilité dans cette affaire.

Alors, que le monde politique s’affole, prouve à quel point les responsables ne sentent plus ou n’écoutent plus les gens. A quel point, pour notre besoin en pétrole, nous avons peur de ce que pourraient penser, faire ou dire les peuples musulmans. La rue musulmane se soulève, va se soulever, ou se soulèvera, alors braves gens taisez-vous. Nous avons trop besoin de pétrole Chuttt ! Obéissez aux demandes des ayatollahs.

Allons-nous calquer notre pensée occidentale sur la leur ? Devons -nous à tout prix trouver bien ce qui est effrayant dans l’Islam ? Il y a des évènements historiques qu’il ne faut pas oublier, la shoah en est un, mais les 200.000 morts d’Algérie en est un autre.

Les peuples sentent souvent les choses graves avant les élites, c’est sans doute le cas du danger islamiste. Le roi Richard III était prêt à échanger son royaume pour un cheval, les Suisses qui ont voté non au minaret montrent qu’ils ne sont pas prêts à échanger leur liberté pour du pétrole.

Chantal Crabère

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi