Il n’y a aucun rapport entre l’algérien Saïd Saadi et l’iranien Mir Moussavi ?

Publié le 20 février 2011 - par - 329 vues
Share

Dans l’entretien qu’il a donné à LCI le 18 février M Saïd Saadi est venu faire le point sur la situation en Algérie où son parti le RCD ( parti de Rassemblement pour la Culture et la démocratie) essaie de regrouper des forces politiques, et de la société civile, capables de se rassembler et d’entraîner, en Algérie aussi, un grand mouvement populaire de contestation du pouvoir en place. Faute d’avoir accès aux médias algériens, il regrette il doit s’exprimer par l’intermédiaire des médias français.

Il interpelle la France et demande  pourquoi elle a su reconnaître les fraudes électorales en Tunisie, en Egypte mais jamais  celles commises en Algérie. Y- a-t-il deux poids deux mesures pour le gouvernement français ? Ce dernier  a reconnu les fraudes dans l’élection d’Iran de 2009 par exemple. M Saadi est contesté dans son pays à cause de son origine kabyle, alors  qu’il cherche dans  son combat à rassembler l’ensemble des populations algériennes sans considération de  religion ou d’ethnie.

Peut-on rapprocher cet opposant  et l’opposant iranien Moussavi ? Oui dans la mesure où tous deux dénoncent les fraudes aux élections, oui aussi, car tous les deux se voient accuser d’être des collaborateurs d’Israël  traîtres à leur patrie respective.  Mais non si l’on considère la manière d’envisager l’avenir.  Quand M Saïd Saadi déclare : « Nous avons un problème, c’est le système. Nous avons une solution, c’est le changement. ». Sa position est claire et il a toujours annoncé dans son programme une volonté de faire de l’Algérie un pays laïc. En prenant le leadership  de l’opposition du « Mouvement vert » M Moussavi a lui, par contre,  toujours proclamé sa fidélité à la République Islamique d’Iran et son militantisme pour les idées de Komeyni  et celles de l’islam mondial.  Il a créé un mouvement «  sécularité et religion » qui a été bien reçu par les médias français et aussi par toute sorte d’opposants iraniens.

Vu, la dangerosité de s’afficher comme opposant du « système entier » dans ces deux pays, les partisans de Saadi s’affichent contre une dictature politique alors  que les partisans de Moussavi n’osent pas dépasser ces limites car c’est alors l’islam qui est en jeu. Si Saïd Saadi déclare  que le pouvoir utilise les islamistes et le chaos du pays à son profit, Mir Moussavi, prétend  pouvoir instaurer un islam modéré au sein du pouvoir islamique. Là où Saadi veut la laïcité, Moussavi reste pour un pouvoir religieux, il veut changer en ne touchant pas à l’essentiel du système.

C’est à partir de cette différence que nous pouvons reconnaître la particularité du travail et des positions de M  Saadi en tant que leader pour vraie démocratisation du  monde musulman. Cette-fois ci il existe dans une terre musulmane un homme brave qui parle de la démocratie sans parler de la religion mais sa voix ne se fait pas entendre en France.

Tant que la religion ou l’origine éthique joueront un rôle primordial dans une révolution comment pourra-t-on aller vers la démocratie ? Le  temps n’est-il pas  venu pour les pays musulmans, de parler de la démocratie en oubliant l’Islam. Ce travail a été fait par Saïd Saadi mais pas par Moussavi.

Shiva Firouzi

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.