Peut-on continuer à accepter le refus de l’intégration sur notre territoire ?

Publié le 18 novembre 2008 - par
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La Cour d’Assise du Val d’Oise a condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis une jeune femme qui avait accouché au domicile familial et jeté son bébé par la fenêtre.
Cette jeune femme n’a pas fait un seul jour d’emprisonnement et une peine accessoire lui enjoint de suivre une formation et de trouver un emploi.

Il faut savoir que l’infanticide est depuis 1994 un crime aggravé et susceptible de la réclusion à perpétuité. Évidemment le contexte est toujours pris en compte et en l’occasion il semble que les jurés aient été particulièrement compréhensifs et indulgents. Il a été admis que cette jeune femme vivait dans un contexte particulier. Ses parents arrivés d’Algérie depuis 20 ans, parlant mal le français, sa mère ne sachant ni lire, ni écrire. Enceinte, elle a caché la grossesse dont personne ne s’est aperçue dans un espace familial pourtant limité, et a accouché dans les toilettes puis a jeté le nourrisson par la fenêtre, nourrisson qui est mort.

La presse donne peu d ‘informations sur le procès mais on aimerait bien savoir si quelque chose a été reproché aux parents. Car que l’on considère la jeune femme comme victime d’un contexte familial qui ne lui a permis d’accéder ni à la contraception, ni à l’avortement, c’est une chose. Mais qu’a t-on fait contre cette famille qui s’installe en France et qui ne fait aucun effort d’intégration. Pourquoi cette mère ne parle- telle pas le Français ? Dans un procès aux assises, c’est le jury qui est souverain mais les juges instruisent l’affaire. Or, depuis des années l’Ecole nationale de la magistrature a formé – d’après ce que m’ont dit de jeunes magistrats – beaucoup plus au relativisme culturel qu’à l’intégration républicaine. Si nous en comptons parmi nos lecteurs j’attends leur infirmation ou leur confirmation.

Dans les débats autour de l’immigration, combien de fois rencontre –t-on des interlocuteurs même des chercheurs qui vous interpellent : « mais, c’est quoi l’intégration ?C’est porter un béret ? ». On peut voir aussi le site des Indigènes de la République avec une rubrique intitulée « Va te faire intégrer ». A défaut de définir l’intégration, ce fait divers malheureux comme d’autres cette semaine, illustre à contrario ce que c’est la non intégration.

Quand des familles immigrées s’installent en France et vingt ans après ne parlent pas français et se comportent comme si elles étaient en Algérie, empêchant leur filles d’accéder à la contraception, à la liberté des jeunes filles, au choix de leur relations sexuelles, il y a un vrai problème. A moins que certains pensent qu’elles n’ont pas le droit d’accéder à ces libertés que les femmes ont gagné.

Il y a quinze jours, Brice Hortefeux , ministre de l’immigration et de l’intégration a organisé une conférence européenne sur l’intégration. Une bande d’agités ont manifesté violemment pour dénoncer les nouvelles rafles de Vichy, certains défilant habillés comme les déportés.

Je m’étonne toujours que les associations de déportés ne s’indignent pas contre cette falsification de l’histoire et ce parallèle indigne pour ceux qui étaient envoyés dans les camps de la mort ce qui n’est pas le cas de ceux qui sont renvoyés au Maroc, au Mali, au Sénégal. Les dirigeants de ces pays pourraient protester également contre ce parallélisme. Mais passons.

Donc à Vichy une bande d’excités ont dénoncé la politique de M. Hortefeux de la manière la plus outrancière. Il eut été pourtant intéressant d’interpeller le ministre sur la politique d’intégration. Pour lui, et il le déclare dans tous ses discours, l’intégration n’a pas marché et ne marche pas. Pourtant il veut continuer à faire venir des travailleurs et c’est l’objet essentiel des contrats bilatéraux qu’il signe à tout de bras. Mais ces travailleurs vont faire venir leur famille. L’intégration va donc se poser. Certes, le ministre a effectivement confirmé les dispositifs engagés par Jacques Chirac, contrat d’accueil, apprentissage du français, respect des valeurs comme l’égalité hommes-femmes et la laïcité.

Mais avec quels moyens ? Les gouvernements successifs ont consacré beaucoup plus de moyens à l’accueil des demandeurs d’asile, à l’aide médicale pour les sans papiers, à la sainte HALDE qu’à l’intégration. De plus, le budget pour 2009 consacré à ces actions a été fortement diminué en comptant sur un financement par un fonds européen. Mais sur quelles orientations vont être réparties ces subventions ? Pour alimenter encore tous les réseaux qui rejettent l’intégration et valorisent les différences culturelles ? Pour financer ceux qui veulent changer le regard des Français ? Pour construire des mosquées ?

Il faut accorder plus de moyens pour les associations qui aident les femmes pour l’égalité comme « Regards de femmes », pour donner des cours de français obligatoire et penser qu’une politique d’intégration ne se réduit pas à une politique d’accueil de 5 ans mais suppose plus d’ambition et de volontarisme que ce qu’à fait le ministre dont le bilan est loin d’être convaincant.

On ne saurait conclure sans ajouter que ce n’est pas en laissant proliférer les voiles et autres hidjab même pour des fillettes, en laissant les municipalités développer les politiques clientéliste à l’égard de différentes communautés qu’on aura une politique d’intégration digne de ce nom et que les filles pourront échapper au carcan familial, menacées de répudiation, de violences si elles fréquentent quelqu’un qui n’a pas l’accord de la famille ou si elles s’aventurent à des relations sexuelles. Ceux qui dans le milieu familial exercent ces pressions doivent être sanctionnés. Des directives claires doivent être données à tous ceux qui dans les établissements scolaires, le secteur médical les rencontrent, afin qu’ils s’assurent de leur information et de leur accès aux droits à la contraception mais aussi à la liberté.

Espérons que le prochain ministre en charge de l’intégration prenne enfin à bras le corps cette question et qu’on n’abandonne plus sur le territoire français de jeunes femmes victimes de l’obscurantisme. N’est-ce pas là la pire des discriminations ?

Gabrielle Desarbres

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