Peut-on être une religion si son contenu est faux ou mauvais ?

Publié le 25 juillet 2011 - par - 700 vues
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Ne tournons pas autour du pot. Une prétendue religion qui ne propose pas une « parole » parfaite ne peut prétendre posséder la « Parole de Dieu ». A la rigueur, on pourrait concevoir une religion qui, sans prétendre posséder la « Parole de Dieu », en aurait une propre qui, plus humblement, exhorterait à l’élévation de ses auditeurs ou fidèles vers « l’inaccessible Etoile » (comme chantait Jacques Brel), c’est-à-dire vers la sublime Perfection et Toute Puissance que l’humanité éclairée symbolise sous le nom de Dieu (quelle que soit la réalité ou non de son existence). Peu importe les moyens utilisés pourvu qu’ils aident à la transcendance mentale : parole, musique, belles images ou peintures, contemplation de la nature, du cosmos, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’amour dans toutes ses expressions, d’une prise de conscience de plus en plus aigue de la réalité et de la vie… etc. Pourvu aussi qu’une telle prétendue « religion », si elle en est vraiment une, ne prétende pas posséder la vérité mais la chercher ; ni surtout être parfaite, l’imperfection faisant partie de notre nature humaine avec toutes ses vicissitudes. L’humilité devant être la première des ses règles, avec l’infini respect du cheminement individuel de la personne, fut-il très chaotique.

Je ne prétends pas définir ci-dessus ce qu’est ou doit être une religion. Plutôt essayer de voir ce qu’elle ne peut pas être. Le débat est ouvert. Mais il est clair que s’il peut, à la rigueur, exister une « vraie » religion, il ne peut pas en exister de fausses. Par définition, une religion est « vraie » ou n’est pas ! Tout comme Dieu (s’il existe) est Perfection absolue ou n’est pas.

On a tous intérêt à ce que ces « choses-là » soient claires. Cela éviterait bien des chamailleries pénibles et des frustrations inutiles. Que de problèmes avec les religions dans l’Histoire des hommes ! Que de disputes, de guerres et de fleuves de sang !… Nous pensions en être sortis, ou presque (puisqu’en Irlande des chrétiens, ô scandale ! veulent encore s’entretuer), et voilà qu’un islam primitif et conquérant nous tombe sur le dos.
Or, l’islam repose sur une « parole divine », le Coran, qui, le moins qu’on puisse dire, pose quelques problèmes à notre conception occidentale ou chrétienne du parfait amour de Dieu (s’il existe) impliquant une Bonté infinie. Au nom de ce Dieu ou Allah, des hommes jugent d’autres hommes et les châtient, comme s’il n’était pas assez « grand » pour le faire Lui-même ! Des châtiments tellement cruels qu’il est stupéfiant que nos prétendus humanistes de droite comme de gauche, du moins la plupart, n’objectent jamais qu’une telle cruauté puisse être inspirée par Dieu ! Ils acceptent donc qu’une religion puisse lapider des femmes, couper la main des voleurs, pendre en tirant de bas en haut par le crochet d’une grue les homosexuels, égorger comme un mouton un homme à terre soupçonné d’adultère, proclamer que tout infidèle (non musulman) devra se convertir ou mourir… et j’en passe. Certes, les lois de nos pays (encore) civilisés interdisent de telles pratiques barbares, mais elles n’en sont pas moins pratiquées à quelques petits milliers de kilomètres de chez nous. Personne n’a le droit de dire qu’il l’ignore, pas plus de nier que ces horreurs sont prescrites par le Coran et considérées par tout bon musulman comme « parole divine ». Dans quel abyme sommes-nous tombés pour ne pas condamner une telle prétendue religion, ou plutôt la nier en tant que telle ? Par respect de nos amis musulmans ? Et le respect des femmes lapidées, des hommes égorgés… qu’en fait-on ? Le meilleur respect des musulmans ne tient-il pas à essayer de leur faire comprendre, du moins à ceux qui ont la chance d’être en occident, sans hostilité ni violence pour si difficile que cela soit, que Dieu ou Allah ne peut se concevoir avec le mal, et que c’est lui faire injure que de penser qu’en plus il ferait de sa créature un assassin en lui commandant d’accomplir en son nom de tels crimes ? Que seul, Lui, peut « sonder les reins et les cœurs » et juger de la gravité ou non des péchés des ses créatures.

Le pire, c’est que nos classes dirigeantes et tout un pan de la classe intellectuelle, de droite comme de gauche – la même gauche qui, dans son aveuglement, a chanté pendant 75 ans les bienfaits du communisme soviétique – n’y voient aucun danger et même n’y voient que du bien. Faut-il une telle circonstance (providentielle ?) pour qu’elles nous fassent prendre conscience de leur ignorance en matière de religion ? Car, pourquoi s’acharnent-t-elles, ces classes, à n’y voir que du bien jusqu’à réciter le même sempiternel chapelet d’insultes envers ceux qui ne voient pas comme elles : « racistes », « xénophobes », « fachos », et même « nazis » tant qu’on y est ? L’évocation au fascisme et nazisme confirmant on ne peut mieux leur ignorance crasse. Car il est évident que si leurs membres actuels y avaient un tant soit peu goûté même du bout de leurs fesses, ils ne pourraient pas utiliser de si terribles insultes à tort et à travers, jusqu’à tomber dans le paradoxe de confondre ceux qui en portent les germes dans leurs idéologies ou religions avec ceux qui, justement, en dénoncent les prémices aux aveugles.

Dès que l’on parle de religion, tout ce beau monde prétendu laïque s’écrase, à genoux moralement, bientôt physiquement, les fesses en l’air. Le même beau monde, je vous fais remarquer, que celui qui, toujours au nom de leur sacro-sainte laïcité, fut féroce envers un catholicisme qui pourtant n’appelle plus depuis longtemps à la mort des infidèles. Pour avoir droit à la même indulgence que l’islam, peut-être lui manquait-il alors un certain saupoudrage d’exotisme à la mode ?

Ce n’est peut-être pas un hasard que nous arrive maintenant un islam resté en l’an 600. Ni pour nous ni pour lui. Il faut peut-être que nous soyons éprouvés dans l’endormissement de notre rationnel. Quant à l’islam, il faut peut-être qu’il se heurte à notre rationnel retrouvé pour évoluer vers une vraie religion. Car la raison et la foi ne sont pas incompatibles. Si nous pouvions nous rendre un tel service mutuel, alors oui nous pourrions vivre ensemble.

Alain Var

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