Peut-on mourir dans un accident d'avion, et échapper à une cérémonie religieuse ?

Deux avions qui tombent, à un mois d’intervalle. Je dois faire un grand voyage aérien, prochainement, et je commence à m’angoisser sérieusement. Peur du célèbre dicton « jamais deux sans trois » ? Pas du tout ! Je sais compter, et les risques de mourir en avion sont toujours fort limités, malgré l’activisme des fous d’Allah pour faire monter les statistiques.
Mon inquiétude est ailleurs. J’ai regardé, hier, les images de la cérémonie religieuse des 67 victimes comoriennes de l’accident d’avion survenu au-dessus du Yemen. Il y avait là Nicolas Sarkozy, bien sûr, tous les ministres disponibles, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, et l’ineffable recteur liberticide Dalil Boubakeur, celui qui a applaudi la fatwa contre Salman Rushdie, en 1989, et qui a traîné Charlie Hebdo devant les tribunaux, suite aux caricatures (1). Il paraît que cela était une évidence, les 67 victimes étaient forcément musulmanes, puisque comoriennes.
Cependant, je m’interroge, comment cela se peut-il que sur 67 victimes, aucune ne puisse être membre d’une autre religion, voire athée ? Je me dis que cela doit être une nouvelle confirmation du totalitarisme de la religion musulmane, pour laquelle on naît forcément musulman, on meurt forcément musulman, à partir du moment où l’apostat est condamné à mort par les textes sacrés.

Je vais rassurer immédiatement mes amis du Mrap et de la LDH qui, suite à ces propos, seraient tentés de me traiter d’islamophobe (ce que j’assume, et revendique), voire de me traîner au tribunal. J’ai eu la même réaction un mois plus tôt, lors des obsèques des 228 victimes du vol Rio-Paris, à Notre-Dame, en présence des mêmes, à savoir le Président de la République et le maire de Paris, le corbeau André Vingt-Trois remplaçant cette fois le corbeau Boubakeur. Les catholiques avaient fait encore plus fort que les musulmans : sur 228 victimes, il ne pouvait y avoir que 228 catholiques ! Mais là, c’est quand même plus dur à vendre, car, en France, le pluralisme religieux existe, et 40 % des Français ne se reconnaissent dans aucune religion. Donc, l’arnaque paraissait plus évidente.
J’avais également eu la même réaction, il y a quelques mois, lors de l’hommage aux dix soldats français tués en Afghanistan : forcément tous catholiques, cathédrale d’Albi pour tous ! (3) Pour faire bonne mesure, notre Président de la République, dans l’exercice de ses fonctions, avait fait le signe de croix.
Si le gouvernement veut rendre hommage à des victimes d’accidents d’avion, ou à ses soldats, il y a des lieux républicains pour cela. Je trouve de plus en plus inquiétant cette systématisation des cérémonies religieuses, où chef de l’Etat, ministres et corbeaux de service communient de concert, en oubliant les principes laïques de notre pays. Mais il est vrai que Mitterrand, en 1996, avait eu droit, lui aussi, à Notre-Dame et à Lustiger, pour ses obsèques nationales, comme si le Sénat ou l’Assemblée nationale n’aurait pas été plus représentatif d’un pays se réclamant de la séparation du religieux et du politique, et d’un président se réclament socialiste !
Je ne veux pas aller me battre en Afghanistan, je pense qu’il vaut mieux combattre les islamistes qui sont en France. Par contre, j’ai l’intention de continuer à prendre l’avion, et je lance donc un appel à tous mes amis. J’ai été baptisé à l’âge de 18 mois. Après une longue réflexion, j’ai écrit, il y a maintenant plus de 10 ans, à mon évêque, pour lui signaler que, ayant grandi depuis, et longuement réfléchi, je ne me sentais plus rien de commun avec la religion catholique, ni avec aucune autre, d’ailleurs, et je lui demandais de prendre acte de cette évolution irréversible. Le saint homme m’a répondu qu’il était désolé de ma décision, que le baptême était un acte divin, indissoluble, mais qu’il transmettait ma lettre au curé de ma ville, et lui demandait de mettre, en marge de mon acte de baptême, ma demande de résiliation de la religion catholique
Je me pensais donc définitivement tiré d’affaires, et avoir échappé à jamais, en cas de décès brutal (que je souhaite le plus tardif possible) aux corbeaux et à leurs élucubrations. J’avais déjà imaginé une cérémonie où la tristesse serait interdite. Je la voulais pleine de gaieté, de rires, de paroles inoubliables, de beaux textes, de superbes musiques, et surtout que mes proches mangent bien et boivent bien à ma santé ! Et voilà qu’en un mois, je constate que quiconque meurt dans un accident d’avion, n’échappe pas, s’il est Français, à Notre-Dame, et, s’il est Comorien, à la mosquée de Paris. Effarant !
Alors, je lance un appel, une supplique, à ma famille, et à tous mes amis, croyants (j’en ai quelques-uns), et athées : s’il m’arrive quelque chose, dans un accident d’avion, je vous en supplie, ne les laissez pas trahir ma mémoire, ne les laissez pas me coller à Notre-Dame, ne laissez pas André Vingt-Trois bénir ma dépouille et oser prononcer mon nom, montez une opération commando, kidnappez le cercueil, faites ce que vous voulez, vous avez carte blanche, mais sortez moi de là, et faites moi une cérémonie qui me ressemble.
Sinon, j’ouvre le couvercle, et, tel Jésus sur sa croix, je ressuscite, et c’est reparti pour 2000 ans !
Pierre Cassen
(1) http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/02/crash-de-yemenia-nicolas-sarkozy-a-la-mosquee-de-paris-pour-une-priere-en-hommage-aux-victimes_1214593_3224.html
(2) http://www.tdg.ch/galeries/espoir-airbus-rio-paris
(3) http://www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/actualites/hommage-aux-soldats-francais-tues-en-afghanistan.html

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