Peut-on oublier Katia ? Peut-on trahir Neda ?

Qui était Katia ? C’était une jeune algérienne de 17 ans. Courageuse, solitaire, brave jusqu’au bout. Elle avait décidé de ne pas plier la tête, elle avait refusé d’obéir au diktat religieux : le voile ou la mort. Seule dans son village d’Algérie, elle a résisté à toutes les menaces, à toutes les intimidations. Dix sept ans, l’âge de toutes les espérances, l’âge ou l’on doit sourire à la vie, c’est l’âge ou Katia a choisi la liberté, sa liberté. Elle n’a pas résisté à la balle que les intégristes de l’islam lui ont destinée, fauchant sa jeune existence. Seize ans après, son père nous rappelle cette histoire bouleversante, à l’occasion du décès de son épouse, la mère de Katia.
http://www.ripostelaique.com/Katia-Bengana-assassinee-par-les.html
Katia fût assassinée en ce 28 Février 1994. Peut-on dans notre pays de liberté, passer sous silence ce terrible anniversaire ? Peut-on, ne pas rappeler à tous ceux qui vont se faire élire en mars, le sacrifice de Katia ?
Quel message veulent envoyer, aujourd’hui, au monde, nos candidates voilées (NPA aux régionales, PCF à Vénissieux, militantes vertes) qui vont sourire sur les affiches des partis politiques, où celles qui revendiquent dans l’exercice de mandats électifs le port de ce voile ? Souriront-elles à Katia et à son père ? Quel message veulent-elles envoyer aux Iraniennes qui, comme Néda, sont tombées sous d’autres balles d’un même intégrisme religieux ? Oublie-t-on si vite ? Oublie-t-on Katia et tant d’autres fières jeunes femmes algériennes assassinées par les intégristes, pour réclamer, en France, le port du voile, ce voile taché du sang de tant de courageuses martyres ? Comment des responsables politiques peuvent-ils se faire complices à ce point ? Décidément, la pêche aux voix rend certains révolutionnaires bien amnésiques.
Chantal Crabère

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