Peut-on sauver la démocratie ?

Un vote de plus en plus communautaire

Le second tour des élections qui va se dérouler dimanche illustre de manière limpide la dérive de tous les régimes démocratiques ou qui se présentent comme tels. Le simple fait que quelqu’un de profondément anti français comme Mélenchon soit en position de faire basculer le sort des urnes en faveur de Macron montre bien la perversité du suffrage universel qui est soit-disant la meilleure formule qui soit, ce qui est complètement faux.

Le vrai problème est le manque de conscience collective de la majorité des électeurs. La plupart des gens n’ont qu’une très vague idée de tout ce que leur apporte la société dans laquelle ils vivent, et ne comprennent pas que qu’il faut la préserver à tout prix, sinon c’est le retour à la barbarie dans le style de « Mad Max ». Le vote communautaire qui n’a rien à voir avec l’enjeu national, atteint aujourd’hui des sommets. Toutes les organisations donnent leur avis, que ce soit les artistes, les chasseurs, les syndicats, ou les médecins, il ne manque plus que les marchands de cacahuètes et les collectionneurs de timbres poste.

Tout ces groupes essaient de monnayer leur vote à qui mieux mieux, si bien que les programmes des candidats sont devenus peu à peu un catalogue de promesses sociales,  essayant de faire plaisir à tout ce monde. Ici on joue sur l’âge de la retraite, là sur l’augmentation du SMIC, ailleurs on est en faveur de l’autonomie régionale, et ainsi de suite.

N’en déplaise à tout ces adorateurs de leur nombril, le but d’une élection ne doit pas être la satisfaction des désirs des électeurs, mais le choix de la politique qui donne la plus grande chance de survie à la nation, sans cela, tout le reste est inutile et vain. On ne peut malheureusement pas attendre cette compréhension d’un public cajolé et materné depuis maintenant près d’un siècle, et qui de surcroît est devenu complètement aliéné par une consommation effrénée

La conscience que le tout est plus grand que la somme des parties

Contrairement à ce qui est couramment admis, voter ne devrait être ni un droit ni un devoir mais un privilège qui ne peut être accordé à tout le monde. Le critère pertinent n’est pas le degré d’intelligence ou de compréhension de l’électeur, car des gens très brillants intellectuellement mais peu concernés par le bien commun votent à peu près n’importe comment. Et puis l’intelligence n’est pas synonyme de bon sens car il existe des idiots savants, l’exemple de l’ancien président Giscard d’Estaing est suffisamment éloquent à ce sujet. Ils raisonnent brillamment, certes, mais dans le vide car ils n’ont pas de prise sur la réalité. Malheureusement beaucoup de gens sont impressionnés par ce type de personnage et sont enclins à leur accorder leur voix, ce qui se termine généralement par un désastre.

Il y a aussi la cohorte des indécis, ceux qui n’ont aucune idée des enjeux concernant leur pays, et qui se fient généralement à la prestation télévisuelle plus ou moins bonne des candidats, voire à leur physique et leur manière de parler. Ceux-là feraient mieux d ‘aller à la pêche, à mon avis, car ils confondent une élection présidentielle et un concours de beauté.

D’une manière ou d’une autre, si l’on veut que ces élections aient un sens, il faut que les électeurs sentent que leur choix va engager leur nation dans une voie irréversible, et que celle-ci peut signifier la vie ou la mort de leur civilisation. Tout électeur devrait avoir prouvé, au moins une fois dans sa vie, qu’il est capable de placer le sort de la collectivité au-dessus su sien. Cela peut prendre différentes formes, un engagement dans un corps d’armée ou comme pompier volontaire, ou encore faire partie d’une association bénévole qui porte secours aux gens ( attention, il s’agit de solidarité avec ses propres compatriotes, pas des ONG qui s’occupent des ressortissants étrangers ou des immigrants, ce qui n’a rien à voir avec un engagement pour la nation ). Il serait bien de remettre à l’honneur le service civique, puisque le service militaire a été malencontreusement supprimé par le grand escroc Chirac.

Je sais très bien que ces idées sont ultra minoritaires et n’ont aucune chance d’être appliquées. De toutes façons, les jeux sont faits depuis très longtemps, les français n’ont jamais osé franchir le Rubicon et ont voté avec constance pour des imposteurs pendant près d’un demi-siècle. Les peuples paient très chers leurs erreurs de jugement, en général par leur disparition ou par l’asservissement à des puissances étrangères.

Je vais voter dimanche, mais je suis sans illusions. Il ne s’agit plus d’élire un président, mais un syndic de faillite. Comme bien d’autres pays, la Grèce, l’Argentine ou le Liban, la France ne comptera plus dans le concert des nations et on n’en parlera bientôt même plus.

Gilles Mérivac

 

 

 

 

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4 Commentaires

  1. Démocratie !!!! Mais nous ne sommes pas en démocratie ! Nous sommes en démocratie représentative et tous les moyens d’accéder à la représentation d’un certain niveau sont pipés

  2. les français veulent-ils un retour aux différents pass imposés par un Macron à la solde de Big-pharma ? Eh bien qu’ils revotent pour Macron !

  3. Sont ils inconscients ? Dans quelques années ils auront juste à se présenter devant les urnes et le nombre fera le reste.

  4. Commençons par supprimer ce saupoudrage pervers des subventions accordées par le président et son gouvernement qui est contraire à l’équité mais constitue un instrument de clientélisme redoutable. Ça explique en partie tous ces mots d’ordre de vote à l’intention du généreux donateur à dessein de pérennité. Tous les rouages de notre société sont concernés à commencer par les médias qui s’accaparent la plus grosse part. Dans cet aspect des choses il n’est nul besoin de prouver l’emploi de l’argent public pour soutenir des intérêts particuliers. A partir de cette tricherie admise, tolérée sinon légale, les autres partis en compétition ont un lourd handicap à surmonter. Il y a urgence à réformer cette pratique, mais le pouvoir en place n’est pas prêt à supprimer ce qui l’avantage. Au final, la démocratie n’est qu’ une illusion d’optique pour franchouillards mal informés.

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