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Peut-on se fâcher avec sa famille à propos de la politique ?

On peut fort bien vivre en famille, comme en société, à condition de pas parler de politique, d’écologie, de religion, de culture et d’agriculture, de feuille de paie ou de pension de retraite ou encore des avantages de la fonction publique. On peut donc aborder librement et béatement toute autre histoire à l’eau de rose et s’entretenir avec les Bisounours et les Bidochons.

Mais comme la politique régit la vie de tout un chacun, même des crétins qui l’ignorent, tôt ou tard, une conversation anodine peut gâcher les festivités. Alors, le plus rigolo des noceurs ou le boute-en-train qui ne cessait jusque-là de placer ses lourdes blagues salaces, prend soudain le masque hideux de la bien-pensance. Ils et elles sont les remparts de la République dès qu’ils jugent qu’un des invités commence à se comporter comme un facho. Nul besoin pourtant besoin de connaître l’histoire du fascisme et des faisceaux italiens ou de s’en réclamer, car un facho (1) est, de nos jours, une personne qui émet des opinions contraires à celles du prêt-à-penser matraqué quotidiennement par les relais médiatiques appointés du pouvoir. En l’occurrence, de la dictature Macron. L’individu aggrave encore son cas si Français depuis toujours, il estime qu’il est chez lui en France.

Or, une assemblée familiale ou amicale est par nature une micro-société avec toutes les contradictions individuelles que les politicards connaissent parfaitement et utilisent. L’expression actuelle d’enfumage des gogos est le en même temps, cher à Macron. On se rappellera en l’espèce le très documenté livre de Michel Carmona, Morny, le vice-empereur (Ed Fayard 2005) : « Morny a de qui tenir et possède au degré suprême, comme son grand-père Talleyrand, la pratique des hommes, le scepticisme et le sang-froid, qui vont lui permettre de faire de Louis-Napoléon un empereur : Napoléon III ».

La vie nous enseigne cependant que ces réunions de famille, de copains et d’amis, qui pour certains, ont ou ont eu tant d’importance, passent comme l’eau sous les ponts.

Chateaubriand relate des ses Mémoires d’Outre tombe, avoir connu une douzaine (je crois, si ma mémoire est bonne) de sociétés ; c’est ainsi qu’il nommait les époques familiales et amicales qu’inexorablement le temps remplace.

La question des disputes en famille n’a jamais été aussi cruciale que depuis l’avènement Hollande et Macron

Regroupées dans la maison, dans la salle des fêtes, en gîtes de vacances, dans les piaules d’airbnb ou pour un barbeuq sans alcool à brûler, les dynasties historiques, décomposées, recomposées, bigarrées, sous toutes les formes permises par l’état civil, constituent à n’en pas douter un cocktail potentiellement explosif. Quelques faits divers récents en ont d’ailleurs fait leurs choux gras.

Tant qu’il s’agissait de dire que tous les riches de droite sont des salauds, en passant sous silence le fait que tout autour de la table d’anniversaire, de mariage ou de baptême, beaucoup presque tous, veulent aussi être riches, l’affaire ne mangeait pas de pain.

Tant qu’il s’agissait de prendre fait et cause pour d’illustres débatteurs et débatteuses évanescents et dépoitraillés, vus à la télévision du temps de Pivot ou de Poivre d’Arvor, pas de quoi fouetter un chat. Oups ! cette expression malheureuse m’a échappé, car ceux qui n’aiment pas les chats sont très mal vus des cibles achat des publicitaires. Par contre, si quelqu’un déclare ne pas aimer les blaireaux, on lui ordonne aussitôt de préciser s’il parle de l’animal.

Notez  aussi au passage que les écorchés vifs de la sensiblerie animale ambiante n’ont pas l’air de trop se soucier des quelque 150 affaires de chevaux, ânes, veaux, moutons et un lama suppliciés dans nos campagnes depuis plusieurs mois. De très étranges affaires et des enquêtes de gendarmerie qui n’aboutissent pas. Faut-il voir dans le manque de sagacité de notre maréchaussée un problème cornélien d’affectation d’effectifs : verbalisation des non porteurs de masques versus souricières nocturnes en rase campagne ? Sans doute un sujet à glisser entre le fromage et poire, dimanche par exemple. Et du temps qu’on y est, pourquoi ne pas demander au nouveau petit ami policier de la lointaine cousine, s’il a épousé la place Beauvau par vocation ou pour faire bouillir la marmite ?

Un nouveau militaire dans la famille ? Félicitations ! et futures condoléances pour le Mali. Là, à l’apéritif, des nez vont s’allonger et des bronches toussoter, hors covid.

Autant de sujets de discussion qui font ce qui n’était autrefois que banal échange d’opinions contradictoires entre gens civilisés, se solde aujourd’hui par un lynchage en règle. Il faut dire que deux générations de tarés, l’une ayant engendré l’autre, ne comprennent plus la langue française, ses nuances, ses subtilités et sa richesse. Rien de plus logique au fond quand le troupeau est materné aux mélodies haineuses d’un tas de rappeurs hardiment programmés par les directeurs d’antennes et de propagande d’État.

Tel le Dupont-Lajoie de Yves Boisset qui se souvient parfaitement de l’année d’achat de sa caravane 

Lassé de toute ces « fêtes » de proches, il faut puiser dans ses réserves de mensonges pour les éviter :

je suis devenu très difficile pour manger, je ne peux pas manger de tout, je ne veux surtout pas vous ennuyer, d’ailleurs je prépare moi-même mes repas.

– mais non, mais non, j’ai l’habitude de cuisiner pour tous. Tu sais, les enfants pichorgnent  (traduisez : ils grignotent ces grands déplaisants et déplaisantes d’au moins 25 ans, dénués de tout humour et de rébellion, ventouses du foyer qui toisent les invités avec des figures de têtes à claques).

Toute l’ambition de ces mâles parfumés aboutit à un costard, des chaussures pointues et l’Audi A6 nouvellement achetée, comme papa. À 50 piges, ce sera une Rolex, si d’ici là leur souris n’a pas bouffé le baccarat et pris le large avec leurs trois mioches. Pour eux, la Terre entière peut crever de l’oligarchie mondialiste, mais pas la planète, parce que Greta Thunberg l’a dit. Ce qui ne les empêchent pas de laver l’Audi au karcher tous les deux jours et de monter le chauffage à 21° parce que leur faible constitution physique l’exige.

Je vous épargne maintenant le récit de Priscilla et Brian (prononcer Brayane) qui reviennent d’une année sabbatique en Australie, avant de préparer un obscur master qui devrait les amener à la trentaine d’années, histoire de voir comment ils s’orienteront, peut-être en permaculture.

Pour éviter de longues heures indigestes avec de telles progénitures et leurs parents en extase devant elles, n’hésitez pas non plus à préciser :

pour l’apéritif, je n’aime ni le Ricard, ni le Martini, ni le whisky, ni la vodka, ni les cocktails aromatisés aux substances bio ; un bon crémant de Bourgogne, de Loire ou du Champagne feront l’affaire, mais je ne voudrais pas déranger.

 – pour les vins, tout dépend du menu (que je voudrais si possible connaître à l’avance). Encore faut-il voir les cépages et l’ordre de service des vins. Au digestif, juste une larme de Cointreau ou de Grand Marnier rouge, par exemple. Oh, j’allais oublier : le thé à la menthe me fait mal au ventre. Mais je ne voudrais pas déranger.

Et voilà que les maîtres de céans insistent : « à la maison, on a l’habitude de faire plusieurs plats; O. et R. (prénoms d’emprunt) ne mangent pas de porc. ». Je rétorque simplement « Oui, c’est un peu sec comme viande, mais comme moi j’en mange souvent, j’ai des trucs pour qu’il soit moelleux. Et comme, il est bien moins cher que le bœuf que j’aime bien aussi, je m’y retrouve ».

j’aime bien aussi la pintade entière, au choux rouges par exemple, mais pas les salmigondis. Évidemment, c’est plus cher ». Je sens confusément que sur le fond, je n’ai pas convaincu.

Tant pis pour la méthode, il faut tout tenter pour éviter d’aller là où la question qui tue risque de fuser : l’histoire du coronavirus chinois. Là les tronches se figeront, et chacun aura son avis : le même : la frousse et l’obéissance. Le masque et le vaccin parce que je le vaux bien, comme disait une pub pour de prétentieux individualistes followers… de la masse. En 2020, c’est cette même engeance qui chie dans son masque, toujours prête à aboyer : Liberté Égalité Fraternité, tous couchés !

Mettez donc tout en œuvre pour fuir la compagnie de ces soumis, de ces décervelés. La récompense de ces efforts, du moins en ce que me concerne, est là : je ne suis plus invité dans ces trop nombreux cercles de médiocres, de combinards, de tordus, de peureux, de sournois et de délateurs potentiels.

A contrario, en d’autres compagnies, mes invitations trouvent en retour des invitations toujours propices à d’autres rencontres et d’enrichissants moments de vraie convivialité.

Jérôme Bourbon (Rivarol) : la dégénérescence est partout, y compris dans de petits villages (à partir de 55’)

https://www.youtube.com/watch?v=FigcQdeHIIE&t=151s

Un document qui devient rare : la tessiture d’une vraie voix d’homme (soit dit au passage, et chose peu connue, Armand Mestral avait toute légitimité familiale descendante pour interpréter cette chanson ancestrale accaparée par l’URSS).

https://www.youtube.com/watch?v=eMLRGla6Olk

Éloge de la radicalité, par Julien Rochedy

https://www.youtube.com/watch?v=RR_uOnr8qWQ&feature=emb_logo

Quand Patrick Timsit nous régalait : « C’est beaucoup plus facile d’être contre le racisme quand on habite à Neuilly » La Crise

https://www.youtube.com/watch?v=AdXT56f2w_0

Finissons par un peu de légèreté et d’humour. Je n’ai pu retrouver une vieille chanson humoristique allemande qui raconte que lorsqu’on invite sa belle-mère, ça ne peut que mal se passer. Mais dans mes souvenirs de films anciens, cette chanson de guinguette lors d’un repas de mariage :

« Ne te plains pas que la mariée soit trop belle »

6/8 one-step chanté par André Luguet & Fernandel

dans le film CŒUR DE LILAS de Anatole Litvak » (1932).

https://www.youtube.com/watch?v=OBj05CZE7jU&t=56s

Peut-on donc se fâcher avec sa famille et son entourage à cause de la politique ? oui, c’est même recommandé, sauf à déclarer : « Nous sommes las de cette France, las de toute l’énergie dépensée pour un peuple de moutons. » : https://ripostelaique.com/disparition-regrettee-du-site-nous-sommes-partout.html

(1) Grâce à micro connard, on sait enfin ce qu’est un facho

Publié le 9 janvier 2020 par Jacques Chassaing https://ripostelaique.com/grace-a-micro-connard-on-sait-enfin-ce-quest-un-facho.html

Jacques CHASSAING

IMPORTANT : Tous les liens et renvois mentionnés dans cet article constituent des éléments factuels corroborés, à l’appui des opinions et des faits exprimés par l’auteur Jacques Chassaing, ici, ainsi que dans tous les articles qu’il signe