PIB : + 20 % en 20 ans, mais les Français n’en ont pas vu la couleur

Publié le 24 septembre 2019 - par - 719 vues
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Alors que le gouvernement prépare le budget 2020, le Figaro nous apprend ce matin que le pouvoir d’achat demeure la priorité des Français – cf. Baromètre des décideurs de Viavoice.

Aussi, nous aimerions que le président de la République ou quelque ministre de l’Économie nous explique comment une vie de solidarités locales, les solidarités subsidiaires, soit tant mise à mal depuis 20 ans. J’en parlais ici : https://www.bvoltaire.fr/disparition-des-peres-et-des-maires/

Ne semble-t-il étonnant à personne que ce qui fut possible durant les Républiques précédentes devienne par trop coûteux au système Macronien ?

L’INSEE nous apprend que le PIB de 1 485 milliards en 2000 s’accrut à 2 292 milliards en 2017. Ce qui ramenés à des euros constants donne 1 912 à 2 292, soit une hausse nette de 20 % ; durant cette période, la population recensée s’accrut d’environ 10 %. Ramené au nombre d’habitants, ce PIB s’accrut donc de 10 %. En France, selon la Banque mondiale, le PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat corrigé des effets de l’inflation) se serait accru également d’environ 30 %, nous rapporte l’Ifrap  www.ifrap.org/etat-et-collectivites/pib-par-habitant-quelle-tendance-en-europe-et-en-france). Il s’agit bien de gain de pouvoir d’achat net mais fort théorique, et que virent bien peu de nos concitoyens.

On sait combien M. Macron et ses sbires firent preuve de créativité dans la production de nouvelles taxes ou la hausse de celles existantes mais tout de même… Furent-elles d’un tel niveau que de cette hausse du PIB par habitant il ne restât rien aux Français une fois les impôts payés ? Ceux-ci sont (furent ?) de bonne composition devant le Fisc. Se disent-ils que cette croissance du PIB sert à financer la vie des communes et les services publics ? Qui le croirait quand ceux-là sont mis à mal un peu partout ?

Non, les Français ne sont pas si sots. Ils doivent bien comprendre qu’on leur ment un peu, ou beaucoup, non ? On peut par exemple leur passer sous silence que ces 10 % de hausse du PIB par habitant sont reversés à une frange un peu secrète sinon bien clandestine de la population… Ces migrants et clandestins absents des statistiques mais bien présents aux guichets de l’Aide, qu’elle soit médicale d’État, de la Puma (Protection universelle maladie) et de la CMU complémentaire ; de l’Aspa (Aide de solidarité aux personnes étrangères), de l’Ada (Aide aux demandeurs d’asile) ou du RSA.

Milliards des aides qui comme les retraites de ces nobles serviteurs de la France âgés de 117 ans ou plus, vivant outre-Méditerranée, sont déboursés sans grand regard sur l’état-civil des centaines de millions d’Africains qui vivraient dans des pays où celui-ci n’existe pas, ni sur la bienheureuse fratrie de 15 bambins qui naquit de triplés durant 5 ans de suite de la même mère (cf. ripostelaique.com/il-y-a-donc-en-france-plus-dun-million-de-clandestins.html )

On peut aussi être discret sur la hausse des dividendes que Bernard Arnault et autres princes consorts reçurent ces dernières années ; la presse s’en fit l’écho tant la – juteuse – affaire était énorme. Entre 2016 et 2018, le susnommé vit sa fortune doubler (source Juan Branco in Le crépuscule). Doubla-t-il le nombre de ses salariés ? La question lui devrait être posée…

Comment enfin ne pas citer cette intéressante étude de Anne-Sophie Simpierre ( https://www.bastamag.net/CAC-40-les-dividendes-des-actionnaires-ont-augmente-trois-fois-plus-vite-que ) qui en 2018 nous apprenait que 2/3 des bénéfices furent reversés aux actionnaires entre 2009 et 2016 :

– « Si les entreprises du CAC 40 avaient choisi de maintenir en 2016 le niveau – déjà élevé, de dividendes de 2009, et d’augmenter les salaires des employés plutôt que de maximiser les dividendes des actionnaires, l’ensemble des travailleurs du CAC 40 auraient pu voir leurs revenus augmenter d’environ 14 000 euros sur la période, soit plus de 2 000 euros par an et par employé. » Au contraire, les dividendes ont augmenté de près de 60 %, soit pratiquement trois fois plus que la moyenne des salaires depuis 2009 (22,6 %).

Ainsi fila la hausse du PIB par habitant. Ainsi file-t-elle encore comme les jours.

Les Gilets jaunes ont bien raison ! Eux qui demandent où passe l’argent de leurs impôts. « Toujours plus d’impôts, toujours moins de services publics ! » s’exclamaient-ils. Les éborgnés de répondre : « Toujours plus de sévices publics ! »

Bertrand du Boullay

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