Pierre Tevanian, un pied-rouge au service de l’islam, sur le territoire français

Publié le 10 mai 2013 - par - 1 334 vues
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Pierre Tévanian est un ancien (ou peut-être toujours membre?) du NPA,  formé à partir de la déconfiture de la LCR remplaçant l’icône Trotski par l’icône Guevara.

La LCR est elle même un avatar du « PCI  frankiste » (le parti communiste internationaliste, membre de la Quatrième internationale du « secrétariat unifié »).

Fin 1956, cette organisation (ce « parti ») se livrera à une analyse critique des actes politiques de l’équipe d’anciens dirigeants du parti communiste hongrois qui, -suivant le vieux leader Imre Nagy-, basculeront du côté du soulèvement ouvrier et national hongrois de l’automne de 1956 pour former, avec le parti paysan, un gouvernement national décidant de quitter le pacte de Varsovie et défendant la propriété collective des grands moyens de production et d’échange sur les bases du pluralisme politique, avec les Conseils ouvriers élus comme source de la légitimité de ce gouvernement.

On sait comment les choses finirent, tragiquement.

Une seconde intervention russe mettra militairement fin à l’existence du gouvernement du parti communiste allié au parti paysan et aux trois mois de grève générale commencée en novembre 1956. Elle dissoudra et interdira les conseils ouvriers élus et les parlements ouvriers locaux et régionaux, avec lesquels les commandants russes avaient dus négocier pendant des semaines .

Des dizaines de milliers de prolétaires hongrois seront déportés avec leur famille, dans le goulag glacé de la Sibérie. L’équipe des communistes, ralliés à la révolution ouvrière et nationale, tombera dans un guet-apens en quittant l’ambassade de Yougoslavie où elle avait trouvé refuge et, en 1958, on la jugera à huis-clos. Sauf un, tous seront condamnés à mort et pendus.

Pour revenir aux mentors qui ont formé politiquement notre normalien agrégé -lui ayant fait connaître ce qu’ils osaient sans honte appeler « marxisme »- et aux événements hongrois : fin 1956, ils pesèrent et soupesèrent la politique du groupe Nagy, pour conclure que : l’équipe de vieux et moins vieux dirigeants communistes que Moscou fera condamner à mort et pendre haut et court, avait « quitté le camp de classe », qu’ils « étaient allés trop loin dans le sens des concessions au démocratisme réclamé ou mis en œuvre par les masses en mouvement»…en ne s’opposant pas à certaines revendications « exagérées » émanant des organes élus de la classe ouvrière.

La LCR/NPA n’était pas contre l’action indépendante de la classe ouvrière et du côté des bourreaux des travailleurs et du peuple de Hongrie par accident. Elle avait suivi les « théories » d’un de ses chefs, un « marxiste » lui aussi ; un « marxiste » confiant à la bureaucratie totalitaire la mission historique de liquider le capitalisme pour édifier le socialisme au moyen de… « siècles de transition bureaucratique ».

Notre pauvre agrégé, embarqué en 2013 sur l’esquif pirate des siècles de transition bureaucratiques devenus islamiques (eux aussi bureaucratiques et totalitaires, voire l’Iran depuis 34 ans, l’Egypte et la « révolution arabe tunisienne » depuis deux ans…), n’a rien inventé. Il ne fait que répéter, ou plutôt, pour paraphraser Marx, il est comme l’Histoire, il bégaye.

Ses pères et mères politiques, -après avoir pris partie pour les exécuteurs à la mitraillette et au couteaux membres des commandos de choc du FLN, dans la guerre d’extermination que mènera l’appareil FLN contre les cadres ouvriers nationalistes messalistes- ayant porté les valises des finances FLN, s’en vinrent à Alger où ils furent invités. Ils y occuperont une place dans l’appareil de la république arabo-musulmane proclamée à l’été de 1962 en ignorant les droits élémentaires, politiques et culturels des Amazigh (Kabyles, Chaoui, Touareg…) ; leur langue et leur passé particuliers n’ayant pas droit de cité dans cette nouvelle Algérie.

Les Berbères restaient des étrangers dans leur propre pays.

L’Algérie, avec la bénédiction des « marxistes » prostituant la réputation de Trotski (le PCI de Pierre Frank, qui deviendra LCR puis NPA, devenait une république arabo-musulmane.

Avez-vous entendu dire que ce membre fondateur des « indigènes de la république » ait écrit, ne serait-ce qu’une ligne dans la presse, au sujet  des droits historiques ou même simplement culturels des Amazigh?

Peut-être préfère-t-il, avec sa bonne camarade Houria, cautionner l’arabisation par l’école publique française d’une jeunesse franco-algérienne, majoritairement kabyle, au nom de la lutte contre l’aliénation néo-coloniale ?

En 1962, en Algérie, on baptisera « pieds-rouges » les parents politiques de notre normalien agrégé. Ce n’était pas très amical, dans l’esprit de l’Algérien lambda. Comment doit-on le baptiser ?

Quel bilan notre universitaire « marxiste » tire-t-il de l’action de ses ancêtres « pieds-rouges »?

En 2013, l’homme n’a manifestement tiré aucune leçon de ces faillites politiques successives, provoquées par une fascination pour la force, surtout si elle est accompagnée de discours anti-occidentaux, de mots et des discours se voulant « anti-impérialistes », voire « socialistes ».

Il n’a visiblement rien déduit des effets de l’invention théorique de 1962 de sa parentèle politique, – la sinistre caricature-trahison de la théorie de la « révolution permanente » de Trotski-, par la politique de la théorie de la « transcroissance socialiste » de la révolution nationale ou coloniale en « révolution socialiste » sans que la classe ouvrière du pays concerné ne forme ses libres organisations et n’élise ses organes de souveraineté politique (conseils ouvriers).

Pour dire les choses avec moins de diplomatie, les « marxistes » de l’école des complices des bourreaux de la révolution hongroise, les « marxistes » estudiantins qui sautillaient sur place jusqu’à épuisement dans les manifestations, pour crier leur amour pour la dictature staliniste au Vietnam (dictature dont la crainte jettera sur des flots souvent mortels des centaines de milliers de prolétaires et de petites gens du sud-Vietnam), se sont découvert un nouvel amour, tout aussi délétère ennemi de la démocratie : l’islam.

L’islam remplace « l’oncle O ». Il remplace aussi Castro et Guevara. l’islam et la charia remplacent, pour ces écervelés diplômés, les siècles de transition bureaucratiques et l’ancien « camp de classe ».

Ils se sont aussi découvert un nouvel ennemi de leur nouveau « camp de classe » : c’est la Laïcité. Eh oui, elle serait un « opium du peuple de gauche »…

A-t-on déjà lu autant d’absurdités en si peu de mots ?

Pour Pierre Tévanian, il paraît que les mots c’est important. Et leur dénaturation aussi, manifestement, c’est important

La Laïcité résume la liberté d’opinion, en tant que système institutionnel fondant la légalité de la liberté de conscience. Elle est : liberté de croire ou de ne pas croire ; liberté de croire ou de ne plus croire ; liberté de changer de conviction ou de croyance, et liberté de le dire si on le désire, sans risquer d’être mis à l’indexe et encore moins d’être agressé ou assassiné .

Pour Tévanian et ce « marxisme » là, pour l’idéologie des orphelins de la bureaucratie totalitaire sensée édifier le socialisme par l’oppression pendant des siècles bureaucratiques de transition, pour ce « socialisme » qui -dans les caves de la Loubianka- vous envoyait vers un monde meilleur à l’aide d’une balle de mauser dans la nuque après un procès truqué ou sans procès si vous n’aviez pas été assez docile : la liberté de conscience, l’autonomie de l’individu, la souveraineté morale et politique de la personne, seraient  devenues l’aliénation et l’opium du peuple du 21ème siècle.

Le combat pour la non-aliénation de l’être, la lutte pour l’indépendance politique et morale de la personne, ce seraient, à l’inverse – pour ce curieux orphelin du « socialisme des siècles de transition bureaucratique »- : mariage des siècles de transition bureaucratique et de la bourka.

Alon Gilad

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