Pierre-Yves Rougeyron, animateur du Comité de soutien à Eric Zemmour

Riposte Laïque : Eric Zemmour vient donc d’être condamné à 2000 euros d’amende avec sursis. Quelle est ta première réaction, en tant qu’animateur de son comité de soutien ?

Pierre-Yves Rougeyron : En quinze jours, la magistrature française nous a fait voir son véritable visage. Elle libère joyeusement des tueurs qui démembrent des gamines et tente de faire taire des hommes libres. Vous remarquerez que ce n’est pas sur l’accusation principale d’incitation à la haine raciale (loi Pleven) pour ses propos sur la couleur des vendeurs de drogue qu’il fut condamné. C’est sur une phrase tenue lors d’un débat sur la discrimination à l’embauche. Le tribunal a retenu que cela revenait à encourager ces « discriminations » et donc constituait une « provocation à la discrimination ». Avec des attendus de justice comme cela les délits relèveront bientôt de l’histoire de l’homme qui a vu l’homme et ainsi de suite jusqu’à un ours de plus en plus lointain. Une manière de donner à un os à ronger aux associations de pleureuses, os à ronger qui vaut sauf conduit d’attaques et d’exécutions médiatiques (cas Sevran) et sociales (cas Truchelut).

Riposte Laïque : Peux-tu nous parler de la manière dont tu as ressenti les trois jours de procès, et ta perception de l’audition de différents témoins ?

Pierre-Yves Rougeyron : Je suis juriste de formation et je dois dire que d’avoir quitté le droit fut une bonne décision avec ce que j’ai vu. La première journée du procès fut lourde. Pas moins de quatre incidents de séance ont ponctué la première heure grâce au premier prix de comédie catégorie clown triste qu’était l’avocat du MRAP.   Le moment le plus éprouvant fut l’interrogatoire d’Eric Zemmour. Il a tenu deux heures pour des propos qui cumulés font 40 secondes. Je ne cache pas l’admiration que je lui porte mais là toute personne honnête dans la salle l’aurait admiré autant que moi. Il nous a donné une leçon de « grandeur » dans l’adversité, qui a touché l’assistance.

L’avocat d’Eric Zemmour mérite tous les hommages et les éloges. Il est parvenu à retourner des témoins d’une agressivité maladive venus témoigner la bave aux lèvres et le goût du sang dans la bouche. L’exemple type fut la lettre de soutien de M. Chevènement à Eric Zemmour. Ils l’ont d’abord traité de faux avant de prévenir qu’ils « étudiaient la possibilité d’une action ». C’est l’envie de pénal dont parlait si bien notre regretté Philippe Muray.   Les témoins de la défense réussirent à transformer ce procès en ce la seule chose bien qui pouvait en résulter, un procès en règle de l’antiracisme institutionnel. Il faut avoir une pensée particulière pour M. Tillinac, Naulleau et pour le grand criminologue Xavier Raufer qui ont pointé les enjeux de ce procès et ont tenu face à l’agressivité du concert de pleurnicheries des avocats des associations stipendiées.

Enfin, un double coup de chapeau, à l’avocat du MRAP pour sa plaidoirie en trois points : Auschwitz, Le Pen, Zemmour qui provoqua un grand éclat de rire général et surtout à maître Pardo (l’avocat d’Eric Zemmour) pour une plaidoirie de haut vol qui sauva l’honneur de la profession.

Riposte Laïque : Et ce 18 février, jour du verdict ? On parle de tensions entre des militants de SOS Racisme et des membres du comité de soutien du journaliste. Peux-tu nous en dire davantage ?

Pierre-Yves Rougeyron : Pour le verdict, nous avions pensé venir de manière assez discrète. Mais l’un des groupes qui a soutenu Eric Zemmour a voulu faire nombre pour se faire voir. C’est l’une de leur sympathisante qui a eu une altercation physique avec M. Sopo. C’est lui qui a été violent. Comme quoi, il est des qui ne faillissent jamais à leur réputation.

Riposte Laïque : Comment les citoyens de ce pays vont-ils réagir, d’après toi, à ce verdict ?

Pierre-Yves Rougeyron : La société de défiance généralisée en face d’une élite qui a failli est aujourd’hui une réalité palpable. Cela va augmenter. Voyez les derniers sondages sur les institutions soutenues par les Français et celui sur les professions les plus détestées. Les magistrats ne sont pas loin des députés et des journalistes (les deux professions les plus détestées), très loin de la côte de sympathie de la police et de l’armée. Il ne l’ont pas volé.

Il y a une impunité de caste au sein de la magistrature française qui est historique. Ils ont fait tomber un régime (la monarchie) et pensent pouvoir en faire tomber un autre par aveuglement idéologique (multiculturalisme, héritage des juges rouges et défense sociale) et un suivisme européiste a collé une nausée somme toute peu sartrienne. Et cela continuera jusqu’au jour où ils joueront avec la sécurité publique à force de jouer avec nos libertés. Ce jour là il ne faudra pas venir pleurer, pas plus qu’en 2012 devant le score bien mérité de certaines personnes. Pour ce qui est d’un front festif « républicain » contre la vague populiste, cela se fera sans moi (Je parle à titre personnel et n’engage pas les adhérents de l’association des amis d’Eric Zemmour).

Riposte Laïque : Quelle solution politique vois-tu pour que cesse ce harcèlement judiciaire d’associations qui n’ont d’anti-racistes que le nom ?

Pierre-Yves Rougeyron : Il y a quatre voies d »accès à mon sens :

– De faciliter un harcèlement juridique analogue contre les personnalités que ces associations n’attaquent jamais comme la patronne d’Areva qui semble avoir un certain racisme anti-hétéro et anti-leucoderme et autres émetteurs d’insultes anti-souchiens. En parallèle de créer un fond de soutien aux persécutés.

– De faire liquider la base juridique de ces associations : leur droit de se porter partie civile alors que leur connaissance des dossiers est bien mince mais surtout les lois Pleven (base juridique de tout comme l’a magnifiquement démontré Anne-Marie le Pourhiet), Gayssot, Taubira, Lellouche et Perben. On me répondra que cela permettra aux révisionnistes de vivre. C’est vrai mais va-t-on interdire de parole 65 millions de personnes pour 10 personnes, surtout que la loi Gayssot est devenue leur agence de communication (rappelez-vous le Zénith de Faurisson).

– De s’attaquer à leur financement. Nous parlions de M. Sopo. Sos Racisme aux dires de la cour de comptes c’est 970.000 euros de budget. Environ 18.000 euros de budget militant (soit 2%), les grands donateurs comme M. Bergé (entre 100.000 et 200.000 euros) tout le reste est entre les mains du contribuable. Peut-être même soutenir les propositions de label associatif pour toute association recevant des fonds publics.

– Enfin d’éliminer politiquement leurs soutiens dans les partis politiques institutionnels. La liberté d’expression ou rien.

Propos recueillis par Pierre Cassen

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