Pieter Brueghel était un vrai subversif, contrairement à nos artistes contemporains

Publié le 14 septembre 2020 - par - 6 commentaires - 817 vues
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Pieter Brueghel, dit Brueghel l’Ancien (1526-69), est un peintre flamand qui a choisi de peindre les réalités qui lui étaient familières et familières à ses compatriotes. Alors, la Flandre était opprimée par l’Espagne, la superpuissance de l’époque. L’armée espagnole, commandée par le duc d’Albe, réprimait férocement toute manifestation de souveraineté flamande. La soldatesque pillait, brûlait, violait, tuait, suivant son seul et bon plaisir. Terrifiées, les populations acceptaient de vivre en dhimmis. Aujourd’hui, la France est exactement ce qu’étaient il y a cinq siècles Anvers et Bruxelles. Certes, la soldatesque a changé d’apparence. Elle ne porte plus de heaume, ni d’armure, ni de lances ; elle est barbue, elle est armée de kalachnikovs ou de couteaux aiguisés ; elle a pour uniforme la capuche ; elle eniqabe ses femelles…

Par honte ou parce que l’humiliation est trop forte, les Français se cachent à eux-mêmes la réalité de leur pays. Couvrez ces faits que nous ne saurions voir. Ce n’est pas la voie qu’a choisie Brueghel. Bien au contraire. Il a tout montré dans les nombreux tableaux qui traitent d’histoire sainte : le massacre des innocents, le portement de croix et la passion, la fuite en Égypte, les rois mages, etc. Ces événements qui se sont produits au Proche-Orient il y a vingt siècles sont transposés dans la Flandre de son époque : le sable est devenu neige, les paysages orientaux, plaine fertile, les buissons, sapins, les rochers escarpés, étangs gelés ou champs labourés et surtout les soldats romains ont cédé la place à la soldatesque espagnole qui se reconnaît à ses uniformes, à ses armes, à ses oriflammes, à ses casques. C’est la Flandre occupée, outragée, humiliée, martyrisée du XVIe siècle que peint Brueghel ; il montre ce qu’il voit et ce dont ses compatriotes ont été les témoins : brûlement de maisons, assassinats gratuits, pillages…

C’est une grande leçon de peinture à donner aux artistes français ou autres. Artistes ? Oui, si l’on veut, puisque c’est ainsi qu’ils se désignent eux-mêmes ; Brueghel se contentait d’être membre d’une corporation professionnelle : la confrérie de Saint-Luc. L’art actuel est dit contemporain ; en fait, c’est du toc. Le but est de déconstruire l’art. Les installations, les performances, les concepts, c’est-à-dire le bavardage inepte, remplacent la peinture, le métier, le savoir-faire, l’humilité. À ce sujet, regardez ce film hilarant primé à Cannes, The Square, ou lisez le roman de Houellebecq La Carte et le Territoire. L’art contemporain est un mixte d’insignifiance, de dérisoire, de rien ; c’est une affaire juteuse, de pub, d’événementiel, de médias et surtout d’argent public à pomper. Est singé ce que faisait Duchamp il y a un siècle quand, par ironie ou provocation, il exposait dans des galeries d’art un urinoir ou un casier à bouteilles pour montrer que n’importe quoi peut devenir de l’art quand il est placé dans un lieu consacré à l’art.

Plutôt que de faire dans l’outre (outre-noir, outre-moderne, outre-tombe, outre-blanc, outre-néant, outres gonflées d’air, etc.), les artistes actuels pourraient renouer avec la peinture en suivant les leçons, non pas de Duchamp, Koons ou Kapoor, mais de Brueghel. Il suffirait de transposer les grands sujets de l’histoire sainte dans la France de 2020 : villes (indigènes) incendiées, biens (des autochtones) brûlés, autochtones massacrés, volés, violés, humiliés. La soldatesque romaine laisserait le rôle de bourreau à la soldatesque islamique aux visages connus, Merah, Kouachi, Abaoud, Abdeslam et tous les tueurs nommés Mohammed. Les paysages du Proche-Orient se transformeraient en paysages français, urbains ou ruraux. Paris a son Golgotha : c’est Montmartre, dont le nom signifie « mont des martyrs ».

Les victimes et les tueurs sont aisés à peindre. Il reste Ponce Pilate et Judas. De nombreux politiciens se lavent les mains des massacres des innocents. Feront de bons modèles de Ponce Pilate Mitterrand (avec lui ont commencé les crimes), Jospin (« que voulez-vous que ça me fasse que la France s’islamise »), Chirac (hors la tête de veau et la Corona, point de salut), Hollande, l’homme qui a réussi pour coucher (que lui importe la France pourvu qu’il tire son coup), Macron (il n’a pas d’enfant : après lui, le déluge) et les innommables Juppé, Ayrault, Lang, Gayssot… Quant aux félons et traîtres qui livrent les innocents aux tueurs contre une poignée de radis, ils sont encore plus nombreux. Toutes les tronches d’écolos, de gauchos, de cocos, de socialos feraient bella figura dans ces tableaux – surtout le dingo de Lyon qui invoque la laïcité pour déféquer sa haine sur les chrétiens et qui soutient islamistes et djihadistes au nom de ce qu’il nomme liberté de conscience et qui n’est rien d’autre que la latitude qu’il leur accorde à massacrer des innocents.

Les pompes à fric que sont les artistes d’aujourd’hui imaginent qu’ils sont insolents, subversifs, anticonformistes. Ils le deviendraient vraiment s’ils suivaient la leçon de Brueghel. Ils feraient œuvre révolutionnaire. Encore un effort, camarades, et c’en sera fini de la comédie.

Étienne Dolet

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Notifiez de
Hans

Merci pour cet article, c’est très bien vu.A quand ce futur artiste patriote bien de notre temps;vous lui avez déjà donné de la matière, il n’a plus qu’à exprimer son talent. Effetivement ce soit disant art contemporain n’est qu’une grosse fumisterie et pompe à fric public, un gros tas de m….., admiré par ces dégénérés de bobos décérébrés et autres tocards de la finance qui n’y voient que le pognon qu’ils peuvent se mettre dans les poches.Rien d’autre, le reste , du blabla pour une pseudo presse qui ne vaut pas mieux. On ne refera jamais ces Maîtres anciens au vrai talent et génie artistique, maintenant on a les Koons et compagnie, du vrai courage de gueule promu par les pontes de la finance (les Arnaud, Pinault etc…) quand on ne nous expose pas directement

Hans

2 des excréments joliment exposés ! Ca c’est soit disant de l’art, pauvre époque !Remarquez ça participe de la déliquescence et la régression générale de nos sociétés .Mais bientôt les muzz relèveront le niveau en remplaçant tout ça par leurs moucharabiers, l’architecture de leurs mosquées, leurs poteries et tapis de Bab el oued, et ils nous exposeront bien un couscous sous vitrine, ah la bonne blague! C,est vrai que pour trouver ce qu’ils ont créé en art, il faut chercher !

Le Réveil

Merci pour ce bel article criant de vérité, je peins et j’étais à court de sujets mais je sens que je vais m’y mettre. Merci de tout coeur !

patphil

l’histoire n’est qu’un éternel recommencement
si les peuples se font coloniser, c’est qu’ils le méritent disait L S Sengor

F. FERRANTE

BRAVO ! On ne peut pas mieux dire….

Mais alors TOTALEMENT d’accord avec votre article !

Theodore

“Pieter Brueghel était un vrai subversif” dixit
Faux !
Pas du tout de votre avis, il a jamais voulu bouleverser, détruire les institutions de son epoque ou les principes, bien au contraire…
Car il etait un grand imitateur ou admirateur de la science et de la fantaisie de Jérôme Bosch, ce qui lui a valu aussi le surnom de second Jérôme Bosch…. pour un “subversif” il etait drolement conservateur et copieur..

Ce qui n enleve en rien a son reel talent, mais sans en faire le portrait de rebelle que vous decrivez, car ce n est absolument pas vrai.. donc mauvaise comparaison avec nos “artistes” contemporains tout aussi conservateurs…

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